LE? SATIRES
Auvray et Angot deL'Éperonnière, il forme un groupe (le satiriques réalistes, qui a son importance dans riiistoire de notre province.
Peut-être anssi eût-il été juste d'indiquer , au moins sommairement , les vues généreuses dont Courval a fait preuve en plusieurs circonstances. Pamphlétaire irrespectueux et grossier, il a compris mieux que bien des esprits délicats le besoin d'une transformation générale ; il a compati à la misère des basses classes, et a combattu la rapacité des traitants , les ridicules des gentilshommes d'aventure et le luxe insolent des abbés coraraendataires (1). Après avoir décrit les raffinements du luxe et les bigarrures des costumes; après avoir pénétré avec une curiosité sensuelle dans les plus mauvais lieux; après avoir repu son imagination ties spectacles les moins édifiants, il a retrouvé tout à coup une honnêteté d'aspirations inattendue ; il a rêvé un royaume sans division, une organisation équitable des impôts, la suppression de la vénalité des charges, la justice respectée comme un sacerdoce, et la religion recouvrant l'auréole de sainteté et le prestige des anciens jours. Il ne s'en est pas même tenu là, et ce poète, sans vergogne , a tracé du prêtre , comme il le comprenait , un portrait idéal d'une élévation singulière. Il ne Ta pas appelé à cette vie facile et à cette tolérance insouciante que Rabelais, dans une pensée ironique, indiquait connue le type de la perfection. Plus sin-
(1) u Coll^^al était un hoinnie d'esprit, (lésons, plein de droi- « ture et lin ol.scrvoteiir. » ( \ioiiet-le-Duc, Histoire de la Satire fil France , p. à5. )
cère et plus croyant ;i la fois , il l'a convié , avec un accent de conviction émue , à l'exercice de la charité, aux contemplations sereines de la science, à l'éducation des intelligences et des âmes. Ces aperçus graves et sensés , ces projets hardis de réforme politique sont de nature cà fixer l'attention : ils attestent un esprit judicieux , une âme humaine autant que libérale , et ils sont , à notre sens , un des meilleurs titres de Sonnet à l'appréciation indulgente de notre époque.
Caen, typ de F. Le Blanc-Hauuf.l.
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