NOTICE SUR LOUIS PETIT V
Jusqu'ici de l'amour j'ai chanté les tendresses, Dans mille vers badins, à de jeunes maîtresses ; Mais ma muse aujourd'hui prend d'autres sentiments Qui s'accorderont mieux avec mes cheveux blancs.
Louis Petit ne survécut que peu d'années à Corneille; il mourut en 1695. Il avait eu la réputation d'un fort honnête homme^ comme on disait alors, et s'était fait apprécier des savants et des lettrés de son siècle. Ses descendants avaient pris, au temps de Pabbé Goujet, le nom de Petit de Captot ; ils occupaient des postes élevés dans la magistrature rouennaise.
Magnum provenîum poeîarum annus hic aîîuliî^y dit Pline le Jeune, au début d'une de ses lettres; on pourrait dire que le XVII^ siècle français n'a pas été moins riche en poètes satiriques que cette année dont parle Pline ne l'a été en poètes romains. La satire nationale, née des sirventes et des fabliaux, se développant dans les Omonymes de Du Verdier, dans le Courtisan retiré de Jean de La Taille, dans plusieurs pièces de Ronsard et de Vauquelin de La Fresnaye, faisant vibrer les cordes d'airain de la lyre des Tragiques, trouva son expression définitive dans les vers de Régnier, dont la première édition parut en 1608. L'école de Régnier s'indigne peu, moralise encore moins ;