NOTICE SUR LOUIS PETIT III
très bien accueilli à l'Hôtel de Rambouillet, dont il devint l'un des hôtes assidus ; il obtint l'estime et l'amitié des ducs de Montausier et de Saint - Aignan ' ; on peut douter que plusieurs pièces badines, imprimées sous son nom dans le Recueil de Sercy et dans le Recueil de quelques pièces nouvelles et galantes (1667), soient vraiment de lui, mais il y a les meilleures raisons de lui attribuer un madrigal, inséré dans le premier de ces recueils, sur la mort du fils unique de la marquise de Rambouillet, le jeune marquis de Pisani, tué à la bataille de Nordlingen (3 août 1645); voici ce madrigal , dont les habitués de l'hôtel durent trouver la chute admirable :
Pourquoi versez-vous tant de larmes ?
Pisani ne pouvait avoir un plus beau sort! Au lit d'honneur il a trouvé la mort,
Cherchant la gloire dans les armes.
Son corps est couvert de lauriers,
Parmi tant d'illustres guerriers
Dont le sang arrose la plaine ; Madame, recevez ce grand corps abattu,
I. D'après l'abbé Goujet, le duc de Saint- Aignan n'appelait jamais petit que son confrère en Apollon; Petit était aussi fort lié avec le père Commire, jésuite, célèbre poète latin. Dans une lettre inédite de M^'e de Scudéry à Huet (citée par MM. Rathery et Boutron, Mademoiselle de Scudéry, Paris, Techener, 1873) se trouvent des vers de Petit à la louange de Montausier.