‹ Les satires. Réimprimées conformément à l'édition de 1701, dite éd. favorite. Introd. et notesChapitre 19 sur 28 · I . Le Père Desmâres, fameux Prédicateur · texte numérisé non relu

I . Le Père Desmâres, fameux Prédicateur

Parlons sans hyperbole et sans plaisanterie.

Tu viens de mettre icy l'Hymen en son beau-jour.

Entens donc, et permets que je prêche à mon tour.

L'Epouse que tuprens, sans tache en sa conduite, Aux vertus, m'a-t-on dit, dans Port-Royal instruite, Aux loix de son devoir règle tous ses désirs. Mais qui peut f assurer qu'invincible aux plaisirs, Che:( toy, dans une vie ouverte à la licence, Elle conservera sa première innocence?

Par toy-mesme bien-tost conduite à l'Opéra, De quel air penses-tu que ta Sainte verra D'un spectacle enchanteur la pompe harmonieuse, Ces danses, ces Héros à voix luxurieuse ; Entendra ces discour:) sur l'amour seul roulans, Ces doucereux Renaiids, ces insensé:^ Rolands ; Sçaura d'eux qu'à l'Amour., comme au seul Dieu suprême , On doit immoler tout, jusqu'à la vertu même-, Qu'on ne sçauroit trop tost se laisser enflammer.. Qu'on n'a receu du Ciel un cœur que pour aimer-, Et tous ces Lieux communs de Morale lubrique Que Lully rechauffa des sons de sa musique? Mais de quels mouvemens dans son cœur excités Sentira-t-elle alors tous ses sens agités ? Je ne te répons pas qu'au retour, moins timide, Digne Ecoliere enfin d' Angélique et d'Armide, Elle n'aille à l'instant, pleine de ces doux sons. Avec quelque Médor pratiquer ces leçons.

Supposons toutefois qu'encor fidelle et pure,

Sa vertu de ce choc revienne sans blessure : Bien-tost dans ce grand Monde où tu vas l'entraîner, Au milieu des écueils qui vont l'environner, Crois-tu que, toujours ferme aux bords du précipice, Elle pourra marcher sans que le pié luy glisse ; Que, toujours insensible aux discours enchanteurs D'un idolâtre amas de jeunes Séducteurs, Sa sagesse jamais ne deviendra folie?

D'abord tu la verras, ainsi que dans CléliCy Recevant ses Amans sous le doux nom d'Amis, S'en tenir avec eux aux petits soins permis, Puis bien-tost en grande eau sur le fleuve de Tendre Naviger à souhait, tout dire et tout entendre. Et ne présume pas que Venus, ou Satan, Souffre qu'elle en demeure aux termes du Roman. Dans le crime il suffit qu'une fois on débute, Une chiite toujours attire une autre chute. L'honneur est comme une Isle escarpée et sans bords. On n'y peut plus rentrer dès qu'on en est dehors. Peut-estre avant deux ans, ardente à te déplaire. Eprise d'un cadet, yvre d'un Mousquetaire, Nous la verrons hanter les plus honteux brelans, Donner che^ la Cornu rende:{-vous aux Galans ,- De Phèdre dédaignant la pudeur enfantine, Suivre à front découvert Z... et Messaline; Conter pour grands exploits vingt Hommes ruinesf, Blesse:{, battus pour Elle, et quatre assassine:^; Trop heureux si, toujours Femme desordonnée,

Sans mesure et sans règle au vice abandonnée, Par cent traits d'impudence aisés à ramasser Elle t'acquiert au moins un droit pour la chasser ! Mais que deviendras-tu , si, folle en son caprice, N'aimant que le scandale et l'éclat dans le vice. Bien moins pour son plaisir que pour t' inquiéter, Au fond peu vicieuse, elle aime à coqueter? Entre nous, verras -tu d'un esprit bien tranquille Che^ ta femme aborder et la Cour et la Ville? Tout, hormis toy, che:{ toy rencontre un doux accueil L'un est payé d'un mot, et l'autre d'un coup d'œil. Ce n'est que pour toy seul qu'elle est jïere et chagrine Aux autres elle est douce, agréable, badine ; C'est pour eux qu'elle étale et l'or et le brocard^ Que che^ toy se prodigue et le rouge et le fard, Et qu'une main sçavante^ avec tant d'artifice, Bastit de ses cheveux le galant édifice. Dans sa chambre, croi-moy, n entre point tout le jour Si tu veux posséder ta Lucrèce à ton tour, Atten, discret Mari, que la Belle en cornette Le soir ait étalé son teint sur la toilete, Et dans quatre mouchoirs, de sa beauté salis, Envoyé au Blanchisseur ses roses et ses lys. Alors, tu peux entrer; mais, sage en sa présence, Ne va pas murmurer de sa folle dépense. D'abord l'argent en main paye et viste et comptant. Mais non, fay mine un peu d'en estre mécontent, Pour la voir aussi-tost, sur ses deux pies haussée.

Déplorer sa vertu si mal recompensée.

Un Mari ne veut pas fournir à ses besoins!

Jamais Femme après tout a-t-elle coûté moins?

A cinq cens loUis d'or, tout au plus^ chaque année

Sa dépense en habits n'est-elle pas bornée ?

Que répondre? Je voi qu'à de si justes cris

Toi-mesme convaincu déjà tu t'attendris,

Tout prest à la laisser, pourveu qu'elle s'appaise^

Dans ton coffre en plein sacs puiser tout à son aise.

A quojr bon en effet fallarmer de si peu? Hé! que seroit-ce donc 51, le Démon du jeu Versant dans son esprit sa ruineuse rage. Tous les jours, mis par elle à deux doigts du naufrage y Tu voyois tous tes biens, au sort abandonnés, Devenir le butin d'un pique ou d'un sonnés! Le doux charme pour toy de voir, chaque journée, De nobles Champions ta Femme environnée, Sur une table longue et façonnée exprés D'un Tournois de bassette ordonner les apprests ; Ou, si par un Arrest la grossière Police D'un jeu si nécessaire interdit l'exercice, Ouvrir sur cette table un champ au Lansquenet, Ou promener trois de^ chasse:^ dans son cornet ; Puis sur une autre table, avec un air plus sombre. S'en aller méditer une vole au jeu d'Ombre; S'écrier sur un as mal à propos jette, Se plaindre d'un gân» qu'on n'a point écouté , Ou, querellant tout bas le Ciel qu'elle regarde,

IIO SATIRE X.

A la Beste gémir d'un Roy venu sans garde! Che^ elle en ces emplois l'Aube du lendemain Souvent la trouve encor les cartes à la main. Alors, pour se coucher les quittant non sans peine. Elle plaint le malheur de la Nature humaine, Qui veut qu'en un sommeil ou tout s'ensevelit, Tant d'heures sans joiïer se consument au lit. Toutefois en partant la Troupe la console, Et d'un prochain retour chacun donne parole. C'est ainsi qu'une Femme en doux amusemens Sçait du temps qui s'envole employer les momens. C'est ainsi que souvent par une Forcenée Une triste famille à Vhospital traînée^ Voit ses biens en décret sur tous les murs écrits De sa déroute illustre effrayer tout Paris.

Mais que plûtost son jeu mille fois te ruine, Qiie si, la famélique et honteuse Lépne Venant mal à propos la saisir au collet, Elle te reduisoit à vivre sans valet, Comme ce Magistrat de hideuse mémoire Dont je veux bien ici te crayonner l'histoire.

Dans la Robbe on vantoit son illustre Maison ; Il estoit plein d'esprit, de sens et de raison ; Seulement pour l'argent un peu trop defoiblesse De ces vertus en luy ravaloit la noblesse. Sa table toutefois, sans superfluité, N'avoit rien que d'honneste en sa frugalité. Che!( luy deux bons chevaux de pareille encolure

Trouvaient dans l'écurie une pleine pâture^

Et du foin que leur bouche au râtelier laissait,

De surcroist une mule encor se nourrissait.

Mais cette soif de l'or qui le brûlait dans famé

Le fit enfin songera choisir une Femme;

Et l'honneur dans ce choix ne fut point regardé.

Vers son triste penchant son naturel guidé

Le fit dans une avare et sordide famille

Chercher un monstre affreux sous l'habit d'une fille,

Et, sans trop s^enquerir d'où la Laide venait.

Il sçût, ce fut asse^, l'argent qu'on luy donnait.

Rien ne le rebuta, ni sa veuë éraillée,

Ni sa masse de chair bizarrement taillée-.

Et trais cens mille francs avec elle obtenus

La firent à ses yeux plus belle que Venus.

Il l'épouse, et bien-tost son Hostesse nouvelle

Le prêchant^ luy fit voir qu'il estait au prix d'elle

Un vrai dissipateur, un parfait débauché.

Luy-même le sentit, reconnut son péché.

Se confessa prodigue, et, plein de repentance,

Offrit sur ses avis de régler sa dépense.

Aussi-tost de che^ eux tout rosti disparut ;

Le pain bis, renfermé, d'une moitié décrut ;

Les deux chevaux, la mule, au marché s'envolèrent;

Deux grands Laquais à jeun sur le soir s'en allèrent :

De ces Coquins déjà l'on se trouvait lassé.

Et pour n'en plus revoir le reste fut chassé.

Deux Servantes déjà, largement saufletées,

Avaient à coups de pie descendu les montées, Et se voyant enfin hors de ce triste lieu, Dans la rue en avaient rendu grâces à Dieu. Un vieux Valet restait, seul chéri de son Maistre, Que toujours il servit et qu'il avait veu naistre. Et qui de quelque somme amassée au bon temps Vivait encar chei^ eux partie à ses dépens. Sa veué embarrassait , il fallut s'en défaire : Il fut de la maison chassé comme un Corsaire. Voilà nos deux Epoux, sans valets, sans enfans, Tout seuls dans leur logis libres et triomphans. Alors on ne mit plus de borne à la lépne : On condamna la cave, an ferma la cuisine ; Pour ne s'en point servir aux plus rigoureux mois. Dans le fond d'un Grenier on séquestra le bois. L'un et l'autre deslors vécut à l'aventure Des présens qu'à l'abri de la Magistrature Le Mari quelquefois des Plaideurs extorquait., Ou de ce que la Femme aux Voisins excroquoit.

Mais, pour bien mettre ici leur crasse en tout son lustre, Il faut voir du logis sortir ce Couple illustre- Il faut voir le Mari tout poudreux, tout souillé, Couvert d'un vieux chappeau de cordon dépouillé, Et de sa robbe, envain de pièces rajeunie, A pié dans les ruisseaux tramant l'ignominie. Mais qui pourrait compter le nombre de haillons, De pièces, de lambeaux, de sales guenillons, De chiffons ramasse:^ dans la plus noire ordure,

SATIRE X. I l3

Dont la Femme aux bons jours composoit sa parure'/ Décrirai-je ses bas en trente endroits percés, Ses souliers grimassans vingt fois rappetasséSy Ses coëffes d*où pendoit au bout d'une ficelle Un vieux masque pelé presqu' aussi hideux qu'Elle? Peindrai-je sonjuppon bigarré de Latin, Qu'ensemble composaient trois Thèses de satin^ Présent qu'en un procès sur certain Privilège Firent à son Mari les Regens d'un Collège, Et qui sur cette juppe à maint Rieur encor Derrière Elle faisait dire Argumentabor?

Mais peut-estre f invente une fable frivole. Déments donc tout Paris ^ qui, prenant la parole, Sur ce sujet encor de bons témoins pourveû, Tout prest à le prouver, te dira : Je Vay veû. Vingt ansfay veû ce Couple, uni d'un même vice, A tous mes Habitans montrer que Vavarice Peut faire dans les biens trouver la pauvreté, Et nous réduire à pis que la mendicité. Des voleurs, qui che!{ eux pleins d'espérance entrèrent, De cette triste vie enfin les délivrèrent : Digne et funeste fruit du nœud le plus affreux Dont V Hymen ait jamais uni deux Malheureux !

Ce récit passe un peu V ordinaire mesure. Mais un exemple enfin si digne de censure Peut-il dans la Satire occuper moins de mots? Chacun sçait son métier. Suivons nostre propos. Nouveau Prédicateur, aujourd'hui, je l'avoué)

Ecolier ou plûtost singe de Bourdaloiie, Je me plais à remplir mes sermons de portraits. En voila déjà trois peints d'asse^ heureux traits : La Femme sans honneur, la Coquette^ et l'Avare. Il faut y joindre encor la revêche Bigarre ^ Qui sans cesse, d'un ton par la colère aigri, Gronde, choque, dément^ contredit un Mari. Il n'est point de repos ni de paix avec elle. Son mariage n'est qu'une longue querelle. Laisse-t-elle un moment respirer son Epoux, Ses valets sont d'abord l'objet de son couroux. Et sur le ton grondeur lors qu'elle les harangue, Il faut voir de quels mots elle enrichit la Langue. Ma plume ici, traçant ces mots par alphabet, Pourroit d'un nouveau tome augmenter Richelet. Tu crains peu d'essuyer cette étrange furie : En trop bon lieu, dis-tu, ton Epouse nourie Jamais de tels discours ne rendra martyr. Mais eust-elle sucé la raison dans saint Cyr, Crois-tu que d'une Fille humble, honneste, charmante, L'Hymen n'ait jamais fait de Femme extravagante? Combien na-t-on point veu de Belles aux doux yeux. Avant le mariage Anges si gracieux.

Tout à coup se changeant en Bourgeoises sauvages, Vrais Démons, apporter l'Enfer dans leurs ménages, Et découvrant l'orgueil de leurs rudes esprits. Sous leur fontange altiere asservir leurs Maris? Et puis, quelque douceur dont brille ton Epouse,

SATIRE X. Il5

Penses-tu, si jamais elle devient jalouse,

Que son ame^ livrée à ses tristes soupçons^

De la raison encore écoute les leçons?

A lors y Alcippe, alors, tu verras de ses œuvres.

Resou-toy, pauvre Epoux, à vivre de couleuvres :

A la voir tous les jours, dans ses fougueux acce:{,

A ton geste, à ton rire intenter un proce:{ ;

Souvent, de ta maison gardant les avenues,

Les cheveux hérisse^, f attendre au coin des rues;

Te trouver en des lieux de vingt portes fermés,

Et, par tout oîi tu vas, dans ses yeux enflammés

T'ojfrir non pas d'Isis la tranquille Eumenide ',

Mais la vraye Alecto peinte dans l'Enéide,

Un tison à la main, che:^ le Roy Latinus,

Soujlant sa rage au sein d'Amate et de Turnus.

Mais quoy ! je chausse icy le cothurne Tragique!

Reprenons au plûtost le brodequin Comique,

Et d'objets moins affreux songeons à te parler.

Dy-moy donc, laissant là cette Folle heurler-

T'accommodes-tu mieux de ces douces Ménades

Qui dans leurs vains chagrins sans mal toujours malades,

Se font des mois entiers sur un lit effronté

Traiter d'une visible et parfaite santé,

Et doutée fois par jour, dans leur molle indolence,

Aux yeux de leurs Maris tombent en défaillance?

I. Furie, dans l'Opéra d'Isis, qui demeure presque toujours à ne rien faire.

Quel sujet, dira l'un, peut donc si fréquemment

Mettre ainsi cette Belle aux bords du monument ?

La Parque, ravissant ou son fils ou sa fille,

A't-elle moissonné V espoir de sa famille?

Non : il est question de réduire un Mari

A chasser un Valet dans la maison chéri

Et qui, parce qu'il plaist, a trop sçeu luy déplaire ;

Ou de rompre un voyage utile et nécessaire.

Mais qui la priveroit huit jours de ses plaisirs.

Et qui, loin d'un Galant, objet de ses désirs...

O! que pour la punir de cette Comédie,

Ne luy voys-je une vraye et triste maladie!

Mais ne nous fâchons point. Peut-estre avant deux jours,

Courtois et Denyau^ wande:{ à son secours,

Digne ouvrage de l'Art dont Hippocrate traite,

Luy sçauront bien ôter cette santé d'Athlète.,

Pour consumer Vhumeur qui fait son embonpoint,

Luy donner sagement le mal qu'elle n'a point,

Et, fuyant de Fagon les maximes énormes,

Au tombeau mérité la mettre dans les formes.

Dieu veuille avoir son ame, et nous délivre d'eux.

Pour moy, grand ennemi de leur art hasardeux,

Je ne puis cette fois que je ne les excuse.

Mais à quels vains discours est-ce que je m'amuse?

II faut sur des sujets plus grands, plus curieux. Attacher de ce pas ton esprit et tes yeux.

Qui s'offrira d'abord ? Bon I c'est cette Scavante Qu'estime Roberval, et que Sauveur fréquente.

D'où vient qu'elle a l'œil trouble et le teint si terni?

C'est que sur le calcul, dit-on, de Cassini,

Un astrolabe en main, elle a dans sa goûtiere

A suivre Jupiter passé la nuit entière.

Gardons de la troubler. Sa science^ je croy,

Aura pour s'occuper ce jour plus d'un employ :

D'un nouveau microscope on doit, en sa présence,

Tantost che^i Dalancé faire l'expérience-,

Puis d'une femme morte avec son embryon,

Il faut che^ du Vernay voir la dissection.

Rien n'échappe aux regards de nostre Curieuse.

Mais qui vient sur ses pas ? C'est une Précieuse, Reste de ces Esprits jadis si renomme^ Que d'un coup de son art Molière a diffame^. De tous leurs sentimens cette noble héritière Maintient encore ici leur secte façonniere. C'est che:^ elle toujours que les fades Auteurs S'en vont se consoler du mépris des Lecteurs. Elle y reçoit leur plainte, et sa docte demeure Aux Perrins, aux Corras, est ouverte à toute heure. Là du faux bel esprit se tiennent les bureaux; Là tous les vers sont bons, pourveu qu'ils soient nouveaux. Au mauvais goust public la Belle y fait la guerre, Plaint Pradon opprimé des siflets du Parterre : Rit des vains amateurs du Grec et du Latin, Dans la balance met Aristote et Cotin ; Puis, d'une main encor plus fine et plus habile, Pé!(e sans passion Chappelain et Virgile -,

Remarque en ce dernier beaucoup de pauvreté^ , Mais pourtant confessant qu'il a quelques beauté:^; Ne trouve en Chappelain, quoy qu'ait dit la Satire, Autre défaut, sinon, qu'on ne le sçauroit lire ^ Et, pour faire goûter son Livre à l'Univers, Croit qu'il faudroit en prose y mettre tous les Vers.

A quoy bon m' étaler cette bicarré Ecole Du mauvais sens, dis-tu, prêché par une Folle? De livres et d'écrits bourgeois admirateur, Vai-je épouser icy quelque apprentie Auteur? Sçave:{-vous que l'Epouse avec qui je me lie Compte entre ses parens des Princes d'Italie, Sort d'Ayeux dont les noms... Je t'entens, et je voy D'où vient que tu t'es fait Secrétaire du Roy. Ilfalloit de ce titre appuyer ta naissance. Cependant, t'avoûrai-je icy mon insolence? Si quelque objet pareil che:^ moy, deçà les Monts, Pour m'épousér entroit avec tous ces grands noms, Le sourcil rehaussé d'orgueilleuses chimères; Je lui dirois bien-tost : Je connois tous vos Pères : Je sçay qu'ils ont brillé dans ce fameux combat^ OU sous l'un des Valois Enguien sauva l'Etat. D'Hoper n'en convient pas, mais, quoi qu'il en puisse estre, Je ne suis point si sot que d'épouser mon maistre. Ainsi donc, au plûtost délogeant de ces lieux, Alle^, Princesse, alle^ç^ avec tous vos Ayeux,

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