‹ Les satires. Réimprimées conformément à l'édition de 1701, dite éd. favorite. Introd. et notesChapitre 24 sur 28 · Livre qui traite des finances (B · texte numérisé non relu

Livre qui traite des finances (B

— — Colbert.

Colbert (iGig-iôSS), contrôleur général des finances, disait « qu'il fallait y regarder pour un repas de mille écus et jeter les millions lorsqu'il s'agissait de la gloire du roi. » Il apporta dans sa charge de sages et précieuses réformes.

Page 81. — Jamais surintendant ne trouva de cruelles.

Le surintendant Nicolas Fouquet ne trouva effectivement jamais de cruelles, grâce à son immense fortune ; mais M'^'' de la Vallière ne voulut pas grossir la liste de ses victimes, même après une offre de 200,000 livres qu'elle rejeta indignée. La hardiesse de Fouquet, qui osait lever ainsi les yeux sur la maîtresse de Louis XIV, fut peut-être la cause de sa disgrâce. Voltaire paraît le croire {Siècle de Louis XIV). On peut, sur les prouesses amoureuses du Surintendant, consulter avec fruit le deuxième volume des Causeries d'^un curieux, de M. Feuillet de Conches, et aussi un excellent ouvrage de M. Chéruel sur Fouquet.

Page 84. — Dhine gueule infernale.

Allusion certaine aux mugissements d'un avocat célèbre

alors, nommé Gaultier et surnommé Gaultier la Gueule. (Voir la satire IX.)

Page 85. — Satire IX.

M. Despréaux composa cette satire en 1667, dit Brossette. Selon Racine, Boileau l'ayant lue chez M. de Brancas devant M""®" Scarron et de la Sablière, n'obtint pas le succès qu'il attendait et ne termina même pas sa lecture. Quoi qu'il en soit, elle est pleine de beautés du premier ordre, et sous prétexte de se tancer vertement lui-même, Boileau trouve très-spirituellement le moyen de combler de ridicule et de mépris les rimailleurs de l'époque, qui n'avaient cessé de lancer contre lui force libelles diffamatoires depuis qu'ils étaient en butte à ses attaques.

— — A qui.

Cette faute de grammaire n'est pas rare dans les écrivains du XVII« et même du XVIII* siècle.

Page 86, — Voiture.

Voilure (1598-1648) l'égal d'Horace, la chose me paraît exagérée. On verra, dans la satire XII, Voiture remis à son vrai rang et redescendu un peu de ce brillant piédestal, La coterie de l'hôtel de Rambouillet, dont il devint le maître après en avoir été le disciple, lui avait fait une espèce d'auréole de gloire qui même en 1 667 n'était pas encore effacée, comme on peut le voir.

Page 87. — Racan.

C'est encore ici une erreur de la part de Boileau, reconnue plus tard par lui. Racan ([589-1670) avait le vers facile et un joli talent : ses odes, ses psaumes, ses bergeries, le prouvent assez, mais de là à devenir un poète épique, la distance était grande. Ailleurs (Art poétique, ch. I) noire satirique a dit avec raison :

Malherbe d'un héros peut vanter les exploits; Racan, chanter Philis, les bergers et les bois.

Page 87. — Saumaise.

Fameux commentateur (B.) (i588-i653).

Page 88. — Les rebords du Pont-Neuf.

Où l'on vend d'ordinaire les livres de rebut (B.).

— — Servir de second tome aux airs du Savoyard!

Ce Savoyard était un chanteur qui avait choisi le Pont- Neuf pour lieu de ses représentations. (Voy. Ed. Fournier, Hist. du Pont-Neuf i""^ partie.) Il avait nom Philippot, et ses chansons, dont la bibliothèque de l'Arsenal possède le recueil original, ont été réunies en un petit volume. M. Percheron a donné chez Gay (1862) une réimpression tirée seulement à cent exemplaires numérotés. Il résulte des recherches de M. Percheron que le Savoyard dut naître de 1690 à 1600, qu'il était vivant en i653, puisqu'il rencontra Dassoucy sur la Saône à cette époque, enfin qu'il dut mourir vers 1670.

Voir encore sur le Savoyard un article très-bien fait de M. E. Tricotel dans les Variétés bibliographiques (Paris, Gay, i863, in-8).

Page 91. — Alidor.

Sur la foi d'un passage des Mémoires de Louis Racine, ce nom d' Alidor a été, par la plupart des commentateurs, attribué au sieur Pinette, qui avait à ses frais bâti la maison de l'institution de l'Oratoire, rue d'Enfer. D'une note manuscrite de Boileau, il résulte qu'il s'agit en réalité d'un certain Dalibert, fameux maltotier qui avait été effectivement laquais.

Page 93. — Balzac.

Né en 1692 ou 1694, mort en 1G54. Balzac, membre de l'Académie, a rendu d'immenses services à la langue française. Admirateur de Chapelain, il partageait ce tort avec Sarasin, Ménage et d'autres encore. (Voir Voltaire, Siècle de Louis XIV.)

Page 93. — Le mieux rente.

Chapelain avait, de divers endroits, 8,000 livres de pension (B.).

M. A. Jal prouve qu'il prêta d'assez fortes sommes à la marquise douairière de Rambouillet, au marquis de Montausier, etc., et à d'autres grands seigneurs de l'époque. Le fait nous a paru assez curieux pour être rapporté. Un poète prêtant de l'argent à des grands seigneurs, c'est chose rare !

Page 94. — Bilaine.

Libraire du Palais, chez qui se vendait la Pucelle de Chapelain, dit Boileau, et il se trompe, car Chapelain céda son privilège à Augustin Courbé, le 9 décembre i655, La boutique de Courbé était «au Palais, en la gallerie des Merciers, à la Palme. »

— — Appas.

Ainsi écrit dans tous les textes donnés par Boileau. Aujourd'hui, il n'est pas besoin de dire qu'il faudrait Appdt.

Page 95. — Lucile.

Poète latin satirique (B.).

— — Lelie.

Consul romain (B.).

Page 96. — Les maux que f ai commis.

Cette leçon est la seule plausible. Brossette voyait là une faute qu'il corrigeait ainsi :

Les maux qu'ils ont commis.

« Cette variante, dit-il, je la tiens de Boileau lui-même. » Le fait est faux, puisque Brossette n'a pas vu une seule fois Boileau depuis 1701 jusqu'à sa mort.

— — Ablancourt.

Membre de l'Académie, Nicolas Perrot d'Ablancourt

l8o NOTLS

(1606-1664) a fait de nombreuses traductions, si enjolivées qu'on les appela de belles Infidèles.

Page 96. — Un crime d^tat.

«Cotin, dans un de ses écrits, m'accusait d'être criminel de lèse-majesté divine et humaine » (B.).

Page 99. — Satire X,

Terminée, selon Brossette, en lôgS, la satire X parut en 1694 dans trois formats, chez Thierry et Barbin :

1° ln-4" de 4 et 3o pages;

2° Petit in-8° de 6 et 2 3 pages;

3^ In-i2 de 3 et 36 pages.

— — Au lecteur.

L'édition des Œuvres diverses du sieur D***, qui contient pour la première fois cet avis au lecteur, ne parut que quelque temps après les éditions séparées de la satire X (1694).

Boileau n'est donc pas des plus exacts en disant ce qu'il dit ici.

Étant fort jeune, Boileau fut mordu un jour trèscruellement par un dindon dans ce qu'il avait de plus cher. Il en résulta une espèce d'impuissance et des douleurs très-vives qui lui inspirèrent, paraît-il, ce mépris du sexe féminin (Voir le Dictionnaire universel du XIX^ siècle, tome II, art. Boileau). Pradon fit sur ce triste détail une sanglante épigramme.

Page 106. — Angélique, Armide.

Voyez les opéras de Quinaut intitulés : Roland et Armide (B.).

Page 107. — Ainsi que dans Clelie.

Cette Clelie nommait ses amants des amis, et travestissait le mot amour en amitié (Roman de Clelie, 1^^ partie, livre i^""). On peut voir dans cette œuvre prétentieuse la

ET ÉCLAIRCISSEMENTS. l8l

carte du pays du Tendre. Petits-Soins en est l'un des villages. (Voir le volume intitulé : la Journée des Madrigaux, suivie de la Galette de Tendre. Cette petite plaquette, publiée chez Aubry en i856 par M. E. Colombey, contient une reproduction de la carte du Tendre.)

Page 107. — Vhonneur est comme une île, etc., etc., etc.

Qui ne connaît ces vers? On les a fort commentés. Quelques critiques ont voulu remplacer le mot de bords par celui de ports. Il y a évidemment dans ce vers grand manque d'attention de la part de Boileau.

— — La Cornu.

Une infâme (le mot est de Boileau) dont le nom était alors connu de tout le monde.

Page 108. — Coqueter.

Mot peu usité aujourd'hui, mais employé par Molière à diverses reprises.

Page 109. ■ — Pique.

Terme du jeu de piquet (B.), aujourd'hui Pic.

— — Sonnés.

Terme du jeu de trictrac (B.).

— — Gdno.

Terme du jeu d'ombre (B.).

Page 1 10. — Ce magistrat.

Il est ici question de Jacques Tardieu, lieutenant criminel, neveu de Jacques Gillot, l'un des auteurs de la fameuse satire Ménippée.

Page 112. — Excroquait.

Le mot s'écrivait alors ainsi. Aujourd'hui Vx est remplacé par un s.

— — Mais pour bien mettre ici leur crasse en tout son

lustre.

Ce vers et les dix-neuf suivants font défaut dans l'édition originale. Ils furent rétablis par Boileau dans l'édition de ses Œuvres diverses parue en 1698. (Voir là-dessus la lettre à Racine du 7 octobre 1692.)

Page 1 13. — Un vieux masque pelé.

La plupart des femmes portaient alors un masque de velours noir lorsqu'elles sortaient (B.;.

— — Enjîn les délivrèrent.

Du lundi 24»"^ (aoust i665), enterrement des corps des défunts M. Tardieu, lieutenant criminel, et de Marie Feurier, son épouse, assassinés en leur maison, isle du Palais. (Voy. Dict. de A. Jal.)

Page 114. — Richelet.

Auteur qui a donné un dictionnaire français (B.).

— — Fontange.

C'est un nœud Je ruban que les femmes mettent sur le devant de la tête pour attacher leur coiffure (B.).

La créatrice de cette mode fut la charmante duchesse de Fontange, un moment la maîtresse de Louis XIV. Sa folle prodigalité lui valut de M'"^ de Sévigné le surnom de Danaé.

Page 116. — Fagon.

Guy Crescent Fagon naquit le 11 mai i638. Successivement médecin de la reine Marie-Thérèse d'Autriche, puis des enfants de France, il fut appelé le 3 nov. 1693 à exercer la charge de premier médecin du roi, en remplacement d'Antoine d'Aquin. Fagon mourut le 1 1 mars 1718, surintendant du Jardin des Plantes.

— — Roberval, Sauveur.

Illustres mathématiciens (B.).

Page 120. — Comme Esther.

Il est ici question de M"'" de Maintenon (voir Racine à

^ ET ÉCLAIRCISSEMENTS. l83

Boileau, lettre du 3o mai 1693, et la table des Œuvres diverses du S. D***, édition de 1 694). Il paraît que cette mention déplut à Louis XIV.

Page ia5. — Canapée.

C'était l'un des sept chefs de l'armée qui mit le siège devant Thèbes. Les poètes ont dit que Jupiter le foudroya à cause de son impiété (B.).

Une Canapée me paraît un tour défectueux. (Voy. Perrault, Daunou, Saint-Surin, Planche, Le Brun, etc.)

— — Cabaretière.

11 y a des femmes qui donnent à souper aux joueurs, de peur de ne plus les revoir s'ils sortaient de leur maison (B.).

Page 126. — Un simple jeu (Pesprit,

Le 5 juillet 1706, Boileau écrivait à Brosselle entre autres choses ceci : « Il ne faut pas prendre les poètes à la lettre: aujourd'hui c'est chez eux la fête du célibat; demain c'est la fête du mariage, >» etc. N'était-ce pas là un souvenir?

Page 129. «— Satire XI.

Voir sur cette satire les détails donnés par Boileau dans la préface de 1 70 1 .

Page i33. — Caumartin.

Un arrêt du 10 avril 1699 reconnut les Boileau et leur postérité légitime nobles et écuyers, tant qu'ils ne feraient pas acte de dérogeance.

Cet arrêt fut rendu à huis clos par une commission composée de conseillers d'Etat et de maîtres des requêtes dont le rapporteur était ce Caumartin, grand ami de Boileau. Cet éloge est ici une marque de gratitude.

— — Bignon.

L'abbé Bignon était conseiller d'État.

Page 134. — Comblés de sacrements.

Cette expression si hardie ne se trouve pas dans l'édition in-4 de 1701, où on lit: avec les sacrements. Nous citons entre d'autres cette variante digne de remarque, et qui prouve à quel point Boileau recherchait le mot propre et le trait satirique.

Page i35. — t/n -^**.

Ces quatre étoiles furent enfin, pour la première fois, remplacées en 1735 par le mot que Boileau n'osa jamais mettre, celui de J(2«séw/sme. (Voir l'édition donnée en 1735 par l'abbé Souchay, 2 vol. in-12, Paris.)

Celte hardiesse fit saisir cette édition, souvent très-incorrecte, mais du moins célèbre par cette mésaventure.

Page iSq. — Satire XII.

Brossette possédait le texte autographe de ce Discours, jusqu'aux mots : « Voilà ce me semble, etc. » Il ne l'a pas toujours suivi, croyons-nous.

Page 145. — De quel genre te faire?

Ce mot est aujourd'hui définitivement féminin.

Page 167. — Dans

En 1718, Dumonteil, le premier, remplaça ces trois étoiles par le mot de Trévoux, Brossette n'osa le faire. L'abbé Souchay l'avait d'abord tenté en i735; il fut obligé en 1740 d'y renoncer, devenu plus réservé par suite de la saisie de son édition.

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