TOMBEAU 1)1 MARÉCHAL DE TAVANES. — ICONOGRAPHIE
M. Jules d'Arbaumont, dans son Essai historique sur la Sainte-Chapelle (Mémoires de la Commission des antiquités delà Côte-d'Or, t. VI), a décrit le tombeau de Tavanes, et en a donné un dessin, d'après un croquis conservé à la bibliothèque de Dijon.
A côté de ce tombeau, sur un tableau fixé à la muraille, étaient inscrits les vers suivants :
si par quelques vertus, ^i mesmes par l'effort
niiH's l'on ponvoil résistera ta mort; El ai pour estreen guerre invincible, Indomptable, L'on devoit eschapperce sort inévitable . Tavannesce grand chef ne senti! bods l'orgueil De ces m libres dorés . gisant dans l<- cercueil , El la France, que pieui •■! féal en u vie Il a sous trois grands rois fidellemenl servie, Vefvede son secours ores en son malheur Ne rogretteroit point >,i guerrière râleur. Aina de tant d'ennemis feroil par sa prouesse Encore aui fiers comb its redoubter b i i Ieillesse Hais ce destin fatal qui n'espargna j idia Les Cœsars belliqueux, les Scipions hardis Lu) monstra comme à eux qu'an monde il ne demeure si grand n»v si puissant <pi à la (m il ne meure. Passans qui contemplés l'ouvrage Industrieux De ce tombeau superbe*, <•! relerant les feux, Voyez ses gantelets, son ordre, el son espée, Son armet et sa lance eslevésen trophée, Lisez icj ses faits, et combien il estoil
e . heureux h raiUanl -pi. nul il en comb iltoil. Issu de b mg Illustre <•! enflé d'un coui Hautain el généreux dès l'avril de son N'ayant rien proposé que la mort on l'honneur, Kl depuis adjoignant la prudence an grand cœur, Ores aux fiers assauts de cent fortes murailles l tares au choc cruel de - tnglantes b il dlles .
Saccageoit, debelloit, et surmontait encor
La force cl Le conseil d'Achille el de Nestor;
Mais surtout à Henly, lorsque Henry deuxiesme
Et ce fier Empereur le grand Charles cinquiesine
Couvrant tout l'envirou de deux horribles camps,
Après un long doubler, l'un l'autre se choqnans,
Irrités, enflammés au sort d'une victoire ,
llazardèrenl leur sang, leurs forces et leur gloire,
Là au veu de son Roy, cestuy premièrement
Parla de batailler, et suivy seulement
De cinquante lanciers s'en alla de furie
Heurter des ennemis la grand gendarmerie :
Et premier devant tous de ses vaillants efforls
Rompit leurs bataillons, couvrit les champs de morts
Et donnant courageux d'une brave poursuitle
Jusques à leurs canons mit tout le camp en fuille :
Tant que ce vieux Cœsar qui dessous sa grandeur
Avoit fait belliqueux trembler cette rondeur
Lors quittant la bataille, estonné n'eust point honle
De sauver devant luy d'une vitesse prompte
Sa Majesté vainque. Adonc Henry vainqueur
Ayant veu foudroyant cet hardi belliqueur
Passer tant d'esctdrons , ce grand Tavannes faire
Tant d'armes, tant d'efforts sur un tel adversaire
Après tout achevé, seul l'appellant osta
Son bel ordre du col, et le luy présenta
En loyer de l'honneur de sa victoire acquise.
Et depuis quand Calais des Anglais fut reprise
Par le duc Guysien, ce redoublé seigneur
Eust pour son prisonnier le millord gouverneur
Comme mieux mérité, qui d'une fière audace
Des premiers par la bresche entra dedans la place.
Et Charles quand il fut de nouveau couronné
L'ayant son lieutenant de son ost ordonné
Lors du dessein d'Amboise, il lui remit Valence
Et tout le Dauphiné en son obéissance.
Et aux premiers exploits des troubles survenus
Reprint des ennemis les villes de Tournus
Villefranche, Mascon, Chalon, et Relleville.
Il fut à Moncontour, à Gernac et à mille
Et mil autres conflits où le victorieux,
Cest autre grand Henry, ce Mars venu des cieux,
Sçait assez de combien ses vertus généreuses
Luy servirent partout à ses palmes heureuses.
Or après ces beaux faits el tant d'autres passez ,
Le roy n'ayant de quoy le reconnaître assez,
TOMBEAU DU MARÉCHAL DE TAVANES. 3 il
Luj à qui nul second, Becond nedebvoil mesme Tenir après aucun quelque degré supresme Sur quatre mareschaux que la France entretint De tout temps sur la guerre, en érigea un quint Dont en Loi immortel «l une telle hautesse Première il honora >a prudente vieillesse. El .iiu>i ae trouyanl qui en tant de combats L'ouTrant d'une grand playe advançâl >«>n trespas, Mourut heureusement, el laissant de sa gloire Pour nt> mourir lamais l'éternelle mémoire. a la lin plein île iours, plein de vieillesse, <'t plus Encore de hauts faits, d'honneur et de vertus, De iustlce «'u la i' ii\. de proû ssse «mi la guerre , Hnulii son âme au ciel et ses os a la terre.
Sur le piédestal de la statue du maréchal était gravé ce qui suit :
D'hardiesse, d'assault, de conseil , <l«' vaillance, Je destits, je prins, j'aide, je regaigné Charles-Quint, unmillord, Henry, l«' Dauphiné, A Renty, à Calais, au v guerres, a Valence; Cinquiesme maréchal premier je fus en France; Admira] <l«i Levant aux mers j'aj commandé; J'.»> lieutenant de roj la Bourgongne gardé, J'a> pour lui-mesme été gouverneur de Provence. En soixante-trois ans «qu'au monde j'aj vescu Je n'ay rien fors la mort treuvéquiail vainecu M i puissance, mon bras, mon bonheur, ma prouesse, Dont mon corps, mon esprit <'t mon renom aussi Vieil, heureux, immortel, gist, revit, court uns cesse Au tombeau, dans les deux, par tout ce monde icy.
^Palliot, Le Parlement de Bourgogne, Dijon, 1649, p. 134-136.)
La statue qui surmontait le tombeau du maréchal a été détruite pendant la Terreur, comme celle d'un ■ monstre de l'humanité.»
Voiei les principaux portraits qui nous restent de lui, outre ceux signalés au chapitre [•' de cette histoire :
I* De trois quarts à gauche, en buste, la tète couverte d'un béret et par-dessus d'une toque ornée d'une médaille. On lit au bas : « M. de Tavanes. » Dessin in-folio aux trois crayons, au cabinet des Estampes de la Bibl. nat. côté N E 31 (réserve).
2° En buste de trois quarts à gauche, d'après un crayon de la Bibliothèque Méjanes, à Aix, reproduit dans le livre de M. Rouart, François Ier chez madame de Bois//, pi. VII. On lit au bas, en fac-similé, ces mots : « Tavannes, mareschal de France. » A. Angelin del. — Lith. F. Raybaud, Marseille, infolio. (Ce portrait me paraît être celui de Jean de Tavanes, oncle du maréchal).
3° En buste de profil à droite, dans une bordure ovale de feuille de laurier appuyée sur un socle où se lit l'inscription suivante : « Gaspard de Saulx, seigneur de Tavanes, mareschal de France, admirai des mers du Levant, gouverneur de Provence, conseiller du Roy, capitaine de cent hommes. » — De la Roussière delin. et sculp.
Gravure du dix-septième siècle. In-fol.
4° En buste, de profil à droite, dans un cadre ovale. On lit surle prédouche qui supporte le cadre : Le maréchal de Tavannes. Signé en bas à droite : De la Fosse fecit. — Costume de fantaisie du dix-huitième siècle. In-8°.
5° En buste, de trois quarts à gauche. Lettre : Gaspard de Saulx, seigneur de Tavannes, maréchal, chevalier de Tordre et gentilhomme de la chambre du roi, lieutenant de Bourgogne, gouverneur de Provence et amiral des mers du Levant, né en 1509, morfen 1573. — A Paris, chez Blin, imprimeur en taille douce, place Maubert, n° 17, vis-à-vis la rue des trois Portes A. P. D. R. —Sergent del. Ridé sculp., 1788.
Estampe en couleur in-4°.
6° En buste, de trois quarts à droite. Mauzaisse f. 1824. Lettre : « Tavanne. »
Lithographie in-folio.
Nous signalons pour mémoire le portrait appartenant au Musée de Dijon , qui orne un des salons de la préfecture.
Le Musée d'Artillerie possède une armure dite de Gaspard de Saulx, h. laquelle ressemble beaucoup une autre armure venant de Lux, et déposée au Musée de Dijon.
L'arrivée de Nicolas de Saulx à Chàlons fut l'occasion d'une querelle littéraire à laquelle, s'il faut en croire un manuscrit de la bibliothèque de cette ville , se rattache le nom d'un poëte illustre, d'un compatriote des Tavanes, deCrébillon.
Le jour où l'évêque vint prendre séance à la Société littéraire de Chàlons, celle-ci lui adressa une épitre toute a sa louange, où elle célébrait entre autres ses triomphes sur le jansénisme, et
....cet esprit pacifique Par qui vient d'expirer la querelle publique.
Cette pièce correcte et plate aurait eu le malheur de déplaire à Crébillon, qui, nonobstant IVesprit pacifique » de son protecteur, aurait allumé à son sujet la guerre. Il s'ensuivit entre la Société littéraire et le poëte un- échange d'épigrammes et de satires, une correspondance peu polie, conservée dans un volume manuscrit légué a la bibliothèque de Chàlons par M. Arnoux, juge au tribunal civil.
Disons d'abord que nous n'avons rien trouvé dans la vie assez peu connue de Crébillon qui nous permette de savoir comment il est intervenu dans celte querelle. Il venait de perdre à cette époque un petit emploi dont il était pourvu à la cour des aides. Recommençait-il à vivre de la vie de parasite, parmi les familiers de l'évêque? Aurait-il jugé alors à propos de s'égayer sur les poêles de Châlons, dans le style marotique remis a la mode par J. B. Rousseau? Ceci n'est qu'une conjecture, difficile même à soutenir, en face du vers laineux qu'ila écrit depuis :
Aucun fiel n'a jamais empoisonné DU plume.
En outre il y avait à Chàlons et aux environs plusieurs versi-
ficaleurs capables de se servir du nom de Crébillon. On se plaisait alors aux mystifications en matière littéraire, même aux supercheries criminelles ; c'était le temps des fameux couplets qui firent bannir Rousseau. Enfin les pièces que nous allons citer, quoiqu'elles soient intitulées sur le manuscrit Satires de M. Crébillon, ne sont que des copies assez mauvaises faites de diverses mains, et nulle garantie cerlaine de leur authenticité n'existe.
D'autre parties allusions très-claires et très-précises faites par les adversaires de Crébillon à ses échecs au théâtre, à ses habitudes de parasite, à ses voyages en Normandie et en Champagne, aux couplets de J.-B. Rousseau contre lui, n'auraient pu s'appliquer à d'autres qu'à lui. Si nous savons qu'il haïssait l'épigramme , nous savons également qu'il lui en échappait quelquefois, et qu'alors, dit son biographe, « elles étaient du ton de son esprit, c'est-à-dire fortes et nerveuses ». Or ce sont là les qualités des vers qui suivent, presque les seules.
Nous laissons maintenant la parole au compromettant ami de l'évéque de Châlons :
Le digne chantre de Mécène,
Ce Mécène si généreux
Qui, par malheur pour l'Hippocrène ,
N'eut imitateurs ni neveux,
Malgré la charité d'Auguste
A le fournir de descendants ;
(Précaution utile et juste
Dont usent encor bien des gens :
Il est bon de pourvoir de race
Ceux dont on ne doit voir la fin ;
Si c'est pécher contre la grâce .
C'est bien fait pour le genre humain....
Revenons au fameux Horace ;
C'est de lui dont je veux parler
El même un peu le quereller
Au grand scandale du Parnasse)
Il a prêché je ne sais où
Que par ci par là maître Homère
Radotait ainsi qu'un vieux fou ,
Ce que Dacier n'approuve guère.
Mais-cet Horace tant vanté ,
Des bons écrivains le modèle,
Dam tout ce qu'il noua a chanté N'est pas toujours saine cervelle :
Témoin ce qu'il «lit quelque part Que sans Apollon la bouteille Ferait un Homère d'Houdart ki de Pellegrin un Corneille.
Laissons au cfa mtre du Lutrin \ s'applaudir de cette antienne .
Qorace veul bien quant an \ in Qu'autre thèse .j<- lui soutienne.
Si le \ in vanl un Apollon, il est bien sûr que 1 1 Champagne Doil valoir la double montagne Et ne produire aucun Gacon.
L'objection esl sans réplique , J'en atteste tous les buveurs Qui, pleins d'un Pierrj frénétique, S'estiment i<>n> de grands rimeurs.
Us ont beau l<i dire <-i le croire , Leur verve reste an tond des pots; ( le qu'on gagne à force de boire, i est tout au plus quelques bons mots Il ('■>[ \ r ii que d'un L i Fontaine 1. 1 Champagne fui !<■ berce tu Qu'un espril si rare et si be m La rend plus célèbre qu'Athène -, Que Racine aui mêmes climats Fui élevé par afelpomène ;
M,ii> on iif B'] défi iil pas
D'un Brémont el d'un Préfontaine !
Quels diables de rimeurs aussi I
Quel vin leur forin i If -«nie!
Horace dirait a ceci
Qn ils n'ont bu que du vin de Brie .
Je i«' (mi- ri même a foison
Ainsi la nature inégale
An pré qui nourrit Bucéphale
Fait \ Inotei aussi grison.
Quand je N"i» ?os vertus, Tai aune,
En proie a ce couple rimeur,
Il me semble voir !»■ Bauveur
Triomphant, monté SUT un ftne.
Cette satire, ou plutôt cette longue épigramme souleva naturellement contre Crébillon la Société littéraire. Elle lui fit en vers une réponse officielle, lui rappela les sifllets qui avaient ac-
cueilli ses dernières tragédies, et lui affirma que la province n'était pas plus disposée à l'indulgence envers lui que le parterre de Paris. Le poëte répliqua :
Société qui no faites qu'éclore,
Si m'en croyez, vous vous séparerez :
Si des sifflets n'êtes vexée encore,
Bien vous réponds que point n'en manquerez.
J'en jurerais à certaine tournure
De certains vers frappés à votre nom ,
Où sur leur coin n'ai trouvé la figure
Du blond Phœbus, ains au revers Gacon.
Or ne se fait par œuvre de chimie,
Dame nature a seule ce secret.
Vers ne se font par art d'académie,
Le seul génie a ce don si parfait.
N'est bien aisé de bo;re à la fontaine ,
Pour maints buveurs elle n'est que glaçon .
Qui d'en goûter n'en connaît la façon
Au premier trait se trouve sans haleine !
N'est question de grimper sur le mont,
Faut y voler, ou gare culebute.
A tel propos, mon doux ami Brémont ,
Devez sentir qu'avez fait lourde chute.
La Société littéraire, irritée de cette persistance de Crébillon à attaquer une compagnie qu'il ne connaissait, pas, voulut avoir le dernier mot, mais à une nouvelle provocation de sa part répondit une nouvelle épître :
Mes confrères en Apollon , Que mes vers ne vous fassent peine.
Dieu ne m'a fait ni beau ni bon ; Il en est ainsi de ma veine.
11 lui prend certains verligauts; Au fond ma muse n'est pas preste, Elle fronde ouvrages nigauds, Sans attaquer jamais le reste.
Trop bien je crois que n'avez mis Votre honneur à la bagatelle; Le mettre en péril n'est permis, Et le vôtre en aurait dans l'aile.
Si c'est pour votre bon plaisir Qu'avez cousu cheville à rime , Le mien peut fort bien en souffrir,
Sans que ce s.< iï t pour \<>us un crime. On peut rimer impunément, Et le railleur à tort s'irrite; Dts qu'il ii sifflé largement , L'auteur H lui sont quitte I quitte.
Ainsi je vous pardonne a] tous Votre muse mal emplumée .
i;t roe rers à dormir debout, 1:1 rotre satire enfumée.
i aisons la paix en gens d'honneur, Nos querelles sont irop légères Pour ne pas mous traiter en irèns....
Hors les M'iv, pour lors, serviteur.
C'était clore le débat en gardant l'avantage. La Société littéraire le rouvrit en attaquant Crébillon , non plus seulement comme poète, mais comme homme, en le traitant de parasite, en supposant qu'il pavait en vers les dîners qu'il avait mendiés à la table de M. de Tavanes, et elle s'attira une nouvelle flagellation , où les coups étaient répartis avec une précision cruelle :
Société brillante et sage
Qu'Apollon elioi-.it pour »,i cour.
Heureux mille loi> le séjour
1 1 uioin d'un si bel assemblage !
Concours d'esprits doux el légers
D'art, de science el «le justesse ,
Vrai modèle (le politesse
Kl surtoul pour !<■•> étrangers!
Du nombre fameux de quarante .
Paris . cesse «le ic vanter;
Chalons ra sur toi l'emporter,
Kt Chàlons n'a pas demi-trente.
Sommevelle . Brémonl el Heu,
Pour mieux roua rendre mes bommag<
Que n'ai-je un peu de <»■ Iiciii feu
Qui pétille dans N"- oui r .
Phénomène pour moi nouveau !
Est-ce l'Etna qui s'éparpille ( »u Phœbus qui lui-même brille Au sépulcre A*- leur cerveau '
Qui ne dirait qu'en SommexelU»
l'on- >.■> rayons sonl confondus !
B1 cependant on dit qu'il gèle Sur ses pénates morfondus.
O sort dont la rigueur L'assomme,
Qui met en haillons sa vertu ,
Et peut réduire un si grand homme
A nous montrer bien lût le e.... !
Crébillon, vilain parasite
Que sa muse à bon droit poursuit,
Puisses-tu te trouver réduit
Aux flancs poudreux de sa marmite !
Société qui possédez
Ce niais de nouvelle espèce ,
Ne le troquez, ne le cédez Pour les sept sages de la Grèce.
Gardez-vous de le renvoyer
Comme vous prétendiez le faire :
Songez plutôt à le choyer,
Deu vous sera moins nécessaire :
Deu, dont vous faisiez peu de cas,
Devient pourtant votre parure.
Si ses livres ne brillent pas,
C'est qu'on a la tête trop dure.
Adieu, mes illustres amis,
Le temps me presse et me harcelle ;
Ce soir, si ce soin m'est permis,
Yous aurez louange nouvelle.
Un nouvel adversaire, mis en cause par Crébillon, vint ouvertement se mêler au débat; c'était Gacon, poëte aujourd'hui fort oublié, qui fut pour Rousseau et Lamotte ce qu'avait été l'abbé Gotin pour Boileau. Gacon, sans doute un des inspirateurs de la première épître à Tavanes, décocha coup sur coup à Crébillon, pour le compte de la Société littéraire, ses plus lourdes et ses plus grossières épigrammes. 11 lui disait entre autres, faisant allusion aux couplets de J.-B. Rousseau contre l'auteur de Rhadamiste :
Lorsque je trace ton portrait, Je conviens que cette peinture N'est point faite d'après nature, Et qu'il y manque maint beau trait.
Mais ce n'est point par ignorance, Et j 'aime mieux que mon pinceau Pèche un peu dans la ressemblance Que de te peindre à la Rousseau.
Crébillon riposta par des bouts-rimés :
Gacon, quand lu fis mon portrait , ( )ii pris-tu, dis-moi, la peinture !
L'art j languit, et 1 1 d iture Ne b') rencontre en aucun Irait, il me semble voir l'ignorance Conduire seule t<>n pinceau, Tani j'j troure de ressemblant e Arecque Ion Anti-Rousseau.
Ainsi, pour un bon mot que la rime avec Tavanes semblait avoir amené, il y eut un long échange de traits plus ou moins acérés entre Crébillon et ses confrères de province, les uns i i les autres honorant également le nouvel évoque, et se disputant seulement le privilège exclusif de le louer. L'esprit a disparu, il n'y a plus que l'injure dans les derniers vers du poète bourguignon. Encore faut-il se rapj eleren les lisant qu'il avait été traité par ses adversaires de bourreau de la scène tragique et de chien hargneux :
Bourreaui du sens et de la rime , < usons bridés il»* l'Hélicon , \\ ec votre vengeur Gacon Digne en effet <lr votre estim •.
Que je \"n^ méprise et roua pi uns , Paui res benêts dont l'Arcadie A vu naître l'Académie Pour le sen ice <!•'>. moulins :
Société d'esprit malade , si l'on peut appeler esprit Genre aussi grossier que m iuss tde En manières comme en écrit.
Prose sans style et sans Ifinen e, Vers sans sel et sans Apollon , Opprobre du sacré vallon ,
i pour Chalons qu'on \<>u-> résen t ' Ours mal léché, froid Vaugency , Sommevelle p<'> ml ••( fade , L'un ennuyeux, l'autre transi .
Triste m us parfaite accolade , Souffirei que d »n-> ces demi* rs rers Que je duK à rotre mérite!
Mon cœur reconnaissant s'acquitte De vos réponses de trivers , Surtout envers ce bon chanoine Qui me provoque sur le pré ; Joli champion à mon gré Qu'un épagneul de saint Antoine !
Adieu vous dis par ces couplets, Auteurs forgés pour la prisée , Associés par les sifflets Et pour me servir de risée.
Cette diatribe termina une querelle qui n'eût 'pas mérité ]de nous arrêter, si Crébillon ne passait , à tort ou à raison, pour en avoir été le héros.
11 peut être intéressant, pour connaître l'état de l'opinion à Paris et en province, relativement au rapt de M1,e de Brun, de lire la correspondance échangée à ce sujet entre le célèbre président au parlement de Dijon, Bouhier, et Mathieu Marais, avocat au parlement de Paris. Les lettres de ce dernier ont été publiées à la suite de ses Mémoires par M. de Lescure (Didot, 4vol.,1863-l8G8) ; celles de Bouhier sont inédites et extraites de la Bibliothèque Nationale, fonds français, manuscrit 255 \1.
BOUIIIKIt A M. MARAIS. [ (Dijon, 31 mai I"
(( La grande nouvelle d'ici est l'enlèvement que fit, il y a
huit jours, le marquis de Mirebel-Tavanes d'une très-riche héritière de Franche-Comté, qui étoit sa cousine issue de germaine. C'est Mllc de Brun, qui étoit venue avec la marquise de Brun, sa mère, voir le marquis de Tavanes, père du ravisseur, en son château de La Marche, près d'Auxonne. La I)1|,:, qui étoit d'accord avec le cavalier, est descendue la nuit d'une tour, où étoit sa chambre, et s'en est allée avec lui en Lorraine, à ce qu'on dit. D'autres croyent que l'échelle de cordes qu'on a trouvé attachée à la fenestre de sa chambre n'étoit qu'une feinte pour faire croire que Madame sa mère n'étoit pas du complot, quoique bien des gens la soupçonnent d'en estre. Le père de la DUc est de ce nombre, qui est, dit-on, en fureur de ce rapt et qui a fort maltraité Madame sa Femme à ce sujet On dit qu'il est allé se jeter aux pieds du Roy. 11 alloit marier M11, fille avec M. le marquis de Mirepoix, Elle est unique et aura un
jour plus de soixante mille livres de rente. La mère est sœur du marquis de Montai et cousine germaine du cavalier. Ce qu'il y a de fâcheux pour ce dernier, c'est que M. le Duc, dont il ctoit capitaine des gardes, et à qui il avoit écrit son dessein deux jours avant l'exécution, a écrit ici des lettres fulminantes contre lui, et a déclaré qu'il l'abandonneroit dans cette occasion.
M. MARAIS A BOUIIIER.
(Paris, 4 juin 1732.)
ce Vous m'avez fait bien du plaisir, Monsieur, en m'envoyant le détail de l'enlèvement de Mlle Brun ; je suis fort attaché à M. de Tavanes et je connois fort des personnes qui le sont à la famille de la ravie. Voilà une affaire véritablement tragique, et la fin, quelle qu'elle puisse être, ne peut être que triste. Bussy disoit : Il n'est rien de tel que d'enlever, car premièrement on a la fille; les parents font les diables, mais à la fin on les apaise, et quand ils meurent, on a encore leur bien. Je crois qu'ici on n'a que la fille, que le père fera le diable, qu'on ne l'apaisera jamais et qu'il tuera tout avant que de mourir. Je crois la mère et la fille en fort grand embarras et le ravisseur encore plus. Nos ordonnances font peur. Gela n'est-il pas de votre ressort, où l'on n'entend pas raillerie en matière criminelle?
BOUHIER A M. MARAIS
(Dijon, 7 juin 1732.)
a Bussy, Monsieur, devoit bien sçavoir la matière des enlèvemens ; car vous sçavez que dans sa jeunesse il avoit enlevé Mme de Miramion. Mais il ne put rien gagner sur la vertu de la dame. Il n'y a pas d'apparence qu'il en soit de même de nostre ravie, qui aimoit depuis longtems son cousin, et qui lui écrivoil
des lettres fort tendres, lesquelles ont été montrées à M. Le Duc depuis cette affaire, pour lui prouver que le rapt a été volontaire. Mais on dit que ce prince après les avoir lues nVn a que plus piqué contre le ravisseur, parce qu'il y a connu qu'il avoit flatté sa cousine de la protection du prince, lequel croit qu'il est de son honneur de montrer le contraire au public, en otant au jeune homme la place de capitaine de ses gardes. Il faut espérer qu'on le calmera. A l'égard du père de la D11'', on dit qu'il n'a point encore commencé de procédure, qu'il mène à Dole sa vie ordinaire, et que quand on lui parle de M11'' sa tille, il répond qu'elle avoit envie de se mettre dans un couvent en Lorraine, et que pour s'y rendre plus seurement, elle avoit pris son cousin pour escorte. Pour la mère, elle est allée, dit-on, à Villacerf, d'où elle doit se rendre à Taris, je ne sçais pourquoi. Peut-estre va-t-elle aussi dans un couvent, mais sans escorte. Le rapt s'est fait dans nostre ressort, à deux lieues d'Auxonne.
M. MARAIS A BOUHIER
(Paris, 10 juin 17;r>.)
o Les circonstances du rapt m'ont fait plaisir, et je vous prie de continuer à me les apprendre. J'avois déjà ouï parler des lettres montrées à Chantilly. Cependant je sais et on dit d'ailleurs qu'elle ne l'aimoit point et qu'elle craignoit toujours ces voyages de La Marche où sa mère l'exposoit. Je vois tous les jours une dame de Bourgogne à qui elle l'a dit elle-même; mais il y a bien du secret dans les cœurs féminins, et on dit aussi que le père est furieux contre sa tille.
Mais si L'un ml qui l'a conquise
S. lit bien la 1086 Cultiver, Elle cliantc en faee d'églue
Qu'il n'est rien tel que d'enlerei
BOUIIIER A M. MARAIS.
(Dijon, 14 juin 1732.)
« Quelle apparence que M1,c de Brun n'aimât point son cousin ! Seurement pour faire ce qu'elle a fait, il faut qu'elle se soit bien aidée. D'ailleurs nous avons sçu depuis qu'en partant elle avoit écrit à son père une lettre pour lui marquer les raisons qu'elle avoit eues de consentir à l'enlèvement, et qui ne peuvent estre austres que son inclination pour lui. Mais elle avoit peut estre ses raisons pour dissimuler avec la dame dont vous me parlez. On ne sçait point encore précisément le lieu de leur retraite, et ce qui surprend tout le monde, c'est que le ravisseur n'a rien écrit sur cela à M. le comte de Tavanes, chef de sa maison. Du reste la rose qu'il a transplantée clans son jardin ne mérite pas trop d'estre cultivée pour sa beauté, et j'ai bien peur que les empressemens du jeune homme ne finissent encore plus tost que sa bourse, qui n'étoit, dit-on, que très-médiocrement garnie. Cependant, comme dit l'admirable La Fontaine,
On ne vit ni d'air, ni d'amour.
Les amans ont beau dire et faire, Il faut en revenir toujours au nécessaire.
Jen'entens pas dire encore que M. le Duc ait nommé quelqu'un en la place de capitaine de ses gardes. Mais il est seur qu'il l'a déclarée vacante, et que même il a cassé ici trois gardes, que M. de Mirebel venoit de choisir. Voilà une déclaration bien marquée de son indignation.
M. MARAIS A BOUHIER
(Paris, 16juin 1732.)
(( Je vous remercie des nouvelles de Mlle de Brun. Mme de Brun est à Paris et la famille est bien dispersée. Le père dit que sa
fille n'a point été enlevée, la mère qu'elle l'a été sans son consentement, et cependant tertius gaudet. Je savois déjà que la dame n'est pas si ravissante.
UOUIIIEU A M. MARAIS.
(Dijon, 19 juin 1732.)
« M. de Brun a été ici vingt-quatre heures. M. le comte de Tavanes l'a élé voir. Cette visite s'est passée avec beaucoup de politesse, mais sans rien obtenir de M. de Brun, qui paroll résolu à poursuivie \i\ement l'affaire. 11 auroit voulu que cela se fût fait sous le nom de M. le Procureur général ou de ses substituts. Mais il n'a pu l'obtenir. On croit qu'il veut éviter le lieutenant criminel d'Auxonne, juge naturel, prétendant qu'il est en trop grande liaison avec le père du ravisseur. Il est reparti pour Dole. On ne sçait encore le parti qu'il prendra. On dit que les jeunes gens ont passé de Lorraine en Allemagne, et qu'ils sont à Darmstadt. C'est tout ce que j'en sçais.
BOUHIER A M. MARAIS
(Dijon, 24 juin 1732.)
« Comme vous m'avez paru, Monsieur, désirer d'estre instruil
de la suite de l'affaire de M"° de Brun, je vous dirai que M. son père a présenti'' sa requête à informer au bailliage d'Auxonne, et qu'il parolt déterminé à pousser l'affaire au plu- loin. J'entens dire qu'il n'est pas homme à se laisser fléchir, et cela étant, je ne vois plus de ressource à M. le marquis de Mirebel que de se jeter dans le service de l'empereur. On prétend que c'est son dessein, en cas qu'il perde toute espérance d'accommodement.
B0U1IIER A M. MARAIS.
(Dijon, 28 juin 1732.)
<( Je crois vous avoir mandé que M. le marquis de Brun avoit commencé à faire informer pour le rapt de sa fille. D'autre part nous avons appris comment les jeunes gens se sont mariez. La manière en est singulière. Au premier village qu'ils atteignirent en Lorraine, ils furent trouver le curé du lieu pour le prier de les marier, et sur le refus qu'il en fit, comme le lendemain étoit jour de feste , ils furent à l'église pendant la messe paroissiale, et dirent tout haut devant tout le monde que le curé ne voulant point les marier, ils déclaroient publiquement qu'ils se prenoient mutuellement pour mari et femme , et promettoient ce
qu'on a coutume de promettre en cas pareil Vous sça-
vez le reste. Voilà qui ressemble assez au siècle d'or si joliment peint par l'ami La Fontaine...
M. MARAIS A BOUHIER
(Paris, 30 juin 1732.)
« Je vous remercie des nouvelles de Mlle de Brun. On a bien attendu à faire la plainte ; la mère est venue ici , qui , pour préliminaire, a demandé sa fille et a dit qu'elle la voulait mettre à la Salpêtrière; elle s'en retourne sans avoir rien fait, et je ne sais pas si la procédure criminelle avancera beaucoup cette affaire. On dit qu'ils sont mariés à Saarbruck en Lorraine, non par un curé, mais en présence du curé , qui n'a pas voulu les marier, et du peuple, au milieu d'une messe. Il y a bien de la folie à tout cela. La mère est toujours tenue pour suspecte. Gela va éjre en procédure et n'aura plus rien de curieux que le jugement. Je n'y crois pas d'enlèvement, mais une suborna-
tion qui n'est peut-être pas la première, de la manière dont on parle ici, et si le fait est vrai, le rapt ne serait plus rapt.
M. MARAIS A BOUHIER
(Paris, 2 juillet 1782.)
« La mère s'en retourne et va se joindre à la procédure pour justifier qu'elle, n'est point du procès; je crois qu'elle auia de la peine. J'ai trouvé M. du Montai son frère aux Tuileries ; abus en avons parlé ensemble. M. le Duc lui a dit que la mère éloil
très-suspecte, mais il prétend bien justifier sa sœur, et il ne m'a point du tout paru approuver la procédure criminelle , qui ne mènera qu'au déshonneur des deux familles. On charge mi premier président d'avoir donné ce conseil violent. Nous en verrons les suites; ils disent que le père a son bien en pays de droit écrit et qu'il en disposera aisément.
BOUHIBB A M. MARAIS.
(Dijon, 12 juillet 1732.)
« Je ne sçais si par ma dernière je vous ai mandé que le Mirebel avoit il y a quelques jours passé à Dùle un beau matin, et qu'étant entré chez le M. de Brun, il lui avoit dit en l'abordant qu'ayant appris qu'il en vouloit à sa teste il venoil la lui apporter, ajoutant tout ce qu'il avoit cru de plus propre poui l'attendrir. Le premier mouvement du M. de Brun fut deportei la main a la garde de son épée. Ensuite, voyant la posture humble du jeune homme, il se contenta de lui faire des reproches très-vifs, et de le prier de sortir de chus lui. L'autre contesta assez longtems, et fut enfin obligé de le quitter, sans pouvoir rien obtenir. De là il e^t venu ici incognito, et y esl resté vingt-quatre heures. 11 a été aussi quelques jours chez M. son père, et enfin est allé rejoindre sa prove. Il avoit envie
d'aller aussi se jeter aux pieds de M. le Duc; mais sa famille l'en a empoché, sçachant les dispositions de ce prince. On dit que la teste de ce pauvre garçon paroît un peu troublée. Ce sera bien pis , quand il sera à sa dernière pièce ; car je le crois assez court d'argent.
M. MARAIS A BOUIIIER.
(Paris, 18 juillet 1732.)
(( La place de capitaine des gardes de M. le Duc est donnée à M. d'Anlezi, qui vient d'épouser Mlle de Gassion; le ravissement a fait là un beau coup d'épée; il y a deux mariages; l'on dit la demoiselle à Metz.
BOUHIER A M. MARAIS
(Dijon, 22 juillet 1732.)
« Je ne sçavois pas que M. le Duc eut disposé de la place de capitaine de ses gardes. J'en suis fâché pour le pauvre Mirebel, qui est perdu sans ressource, s'il ne fléchit le beau-père, à quoi je vois peu d'apparence. Il y a décret de prise de corps contre le ravisseur, qui pour surcroit de chagrin n'aura plus retrouvé sa belle à Nancy. A la prière du Roy, Mme de Lorraine l'a fait conduire à Metz, où elle a été enfermée dans un couvent jusqu'à nouvel ordre, ou jusqu'à ce que le jeune homme tente un nouvel enlèvement. Mais je crois qu'il ne se trouve pas assez bien du premier pour recommencer.
M. MARAIS A BOUHIER
(Paris 24 juillet 1732.)
« Je ne le (Mirebel) croyois pas décrété de prise de corps. On
dit qu'il n'y a rien dans les informations, mais il y a une preuve littérale dans une lettre qu'il a écrite a son beau-père. La belle esta Metz; elle y a nue tante qui est abbesse. M. d'Audiffrel aura fait la dernière action de son caractère en demandant qu'on lui livre cette brebis égarée.
M. MARAIS A BOUHIER
(Paris, 11 août 1782.)
« Mme de Brun est toujours ici; Mu* sa fille est en lieu triste et n'est plus en la possession de M. de Tavanes. 11 y aura apparemment quelque appel à votre Parlement de la procédure extraordinaire. Je trouve que cette dépossession fait beaucoup, et
d'autant plus qu'elle s'est faite en l'absence. M ' de Brun devroit bien s'apaiser.
M. MARAIS A BOUHIEB.
(Paris, fin octobre 1733.)
«...On dit Ml,e de Brun retournée chez elle, et que M. de Tavanes est revenu dans les terres de France par l'occupation de la Lorraine.
BOUHIEB A M. MARAIS.
(Dijon, S novembre 1733.)
«M. de Mirebel n'a point encore quitté la Lorraine, ou il est en seureté par la protection de la duchesse douairière. Pour Mm<' sa mère , elle avoit voulu en effet revenir a DÔIe chez M. son mari, pendant qu'il e^t à l'armée d'Alsace. Mail n'y ayant trouvé que les quatre murailles, elle a été obligéede revenirà
Venarey, terre que lui a laissée Mmc de Druys sa mère, qui est morle pendant mon absence. Voilà un mécontentement bien marqué de la part du mari. A l'égard de sa fille, je ne sçais si vous sçavez qu'elle est à La Flèche, dans une espèce de couvent de Magdelonneltes, où elle ne voit personne. On dit qu'on a été obligé de l'y transférer, parce que dans la maison où elle étoit à Paris, elle avoit trouvé le secret d'écrire et de recevoir des lettres , et de s'intriguer pour se faire enlever de nouveau. Je crois vous avoir mandé que le marquis de Tavanes père de Mirebel étoit mort depuis peu. Gomme avant sa mort, il avoit fait une donation de tous ses biens à M. le comte de Tavanes, ce derniers'est emparé de tout, dans !e dessein de les conserver au fils, s'il peut parvenir à se tirer de cette malheureuse affaire.