‹ Les savants modernes: leur vie et leur travaux, d'après les documentsChapitre 101 sur 144 · TOURNEFORT · texte numérisé non relu

TOURNEFORT

chimiques que TAcadémieen avait faites, et leurs vertus les mieux prouvées. Ce livre seul répondrait suffisamment aux reproches que Ton fait quelquefois aux médecins de n'aimer pas les remèdes tirés des simples, parce qu'ils sont trop faciles et d'un effet trop prompt.

La botanique n'est pas une science sédentaire et paresseuse, qui se puisse acquérir dans le repos et dans l'ombre d'un cabinet, comme la géométrie et l'histoire, ou qui tout au plus, comme la chimie, Tanatomie et l'astronomie, ne demande que des opérations d'assez peu de mouvement. Elle veut que l'on coure les montagnes et les forêts, que l'on gravisse contre des rochers escarpés, que l'on s'expose au bord des précipices. Les seuls livres qui puissent nous instruire à fond de cette matière, ont été jetés au hasard sur toute la surface de la terre, et il faut se résoudre à la fatigue et au péril de les chercher et de les ramasser. De là vient aussi qu'il est si rare d'exceller dans cette science : le degré de passion qui suffit pour faire un savant d'une autre espèce, ne suffit pas pour faire un grand botaniste ; et, avec cette passion même, il faut une santé qui puisse la suivre, et une force de corps pour y répondre. Tournefort était d'un tempérament vif, laborieux, robuste ; un grand fond de gaieté naturelle le soutenait dans le travail et son corps, aussi bien que son esprit, avaient été faits pour la botanique.

FONTENELLE

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