RÉAUMUR 33S
rAUemagne avait alors seule le secret, et, dans ses recherches sur la porcelaine, il fournit les indications nécessaires...; il imagina aussi le moyen de rendre le verre opaque et blanchâtre.. .; enfin, dans ses recherches métallurgiques il entrevit quelques-unes des lois de la cristallographie.
Il lut à l'Académie, sur l'entomologie, une série de mémoires' qu'il recueillit en volumes, et qui ont donné naissance à ses Mémoires pour servir à r histoire des insectesy magnifique monument élevé à l'honneur de la Compagnie dont il était une des lumières. Réaumur ne se contentait pas d'étudier avec un soin curieux les habitudes des insectes, les métamorphoses de ces petits êtres que nous rencontrons partout, sur la terre, dans les bois, sous les feuilles, à la surface des eaux ; il appelait les observations de naturalistes plus exercés que lui|i comme il avait appelé dans ses recherches de philosophie naturelle, celle des physiciens.
Maury. [Histoire de r Ancienne Académie des sciences.)
Il fit paraître en 1722, un livre, sous le titre de VArt de convertir le fer en acier, et d'adoucir le fer fondu.
Personne n'ignore les usages infinis du fer sous les trois formes de fer fondu ou fonte de fer, de fer forgé ou en barres et enfin d'acier. Dans le premier état, le fer est susceptible de fusion ; mais il est aigre et dur et refuse également de se laisser étendre sous le marteau, et de se laisser entamer par le ciseau ; dans le second, il est malléable et se peut limer et couper, mais il a perdu la propriété d'être fusible sans addition ;
enfin, dans le troisième, il acquiert une propriété bien plus singulière, celle de durcir et de devenir cassant, si, après l'avoir chauffé jusqu'à rougir, on le trempe dans Teau froide, et c'est ce qu'on nomme « trempe de Tacier ». L'aigreur de la fonte de fer ne permet pas d'en faire des ouvrages qui aient besoin de souplesse, moins encore de ceux qui doivent être ciselés, percés, en un mot travaillés au sortir de la fonte ; aucun outil ne pourrait les entamer, et l'on risquerait beaucoup de les casser.
D'un autre côté, la manière de convertir le fer forgé en acier, était un secret absolument ignoré en France et possédé par les étrangers, qui tiraient de nous de très grosses sommes pour cette marchandise.
Le travail que M. de Réaumur avait fait sur les arts, lui avait souvent donné occasion d'étudier le fer dans ses différents états ; il avait reconnu que l'acier ne différait du fer forgé qu'en ce qu'il avait plus de soufres et plus de sels* : c'en fut assez pour l'engager à rechercher les moyens de donner au fer ce qui lui manquait pour être acier; et, après un nombre infini de tentatives dont les mauvais succès ne le rebutèrent point, il parvint au but qu'il s'était proposé, à convertir le fer forgé en acier de telle qualité qu'il le voulait. Ce travail, après plusieurs établissements que divers accidents ont renversés, a cependant transporté chez nous un art duquel nos voisins étaient si jaloux, et attiré presqu'entièrement en France un important commerce.
Les ouvrages de M. de Réaumur que nous avons indiqués, font assez connaître l'étendue et la force de