‹ Les savants modernes: leur vie et leur travaux, d'après les documentsChapitre 104 sur 144 · Lisez « plus de carbone · texte numérisé non relu

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son esprit; mais il faudrait une autre plume pour peindre son cœur. Ami vrai, toujours prêt à saisir Toccasion de donner les marques de son attachement, il ne négligeait rien de ce qui pouvait le témoigner ; son crédit, ses connaissances, qui lui avaient tant coûté à acquérir, n'étaient chez lui que comme en dépôt pour le besoin de ses amis ; il était si exact à venir s'informer de -leur état, lorsqu'ils étaient malades, que quelques-uns, qui ne le voyaient pas assez à leur gré, disaient qu'ils souhaitaient avoir la fièvre pour jouir plus souvent de sa présence. Les revers de fortune, arrivés à ses amis, ne faisaient que resserrer les nœuds qui l'attachaient à eux; avec de tels sentiments, il était bien digne d'en avoir de la plus haute distinction ; ce sera presque en faire la liste que de dire qu'elle comprenait tout ce qu'il y avait de distingué en Europe, soit par la naissance, soit par les talents; les plus grands hommes se faisaient honneur de son amitié : s'il a eu quelques ennemis (car quel grand homme a pu en être exempt ?) il n'a jamais commis les premières hostilités, et ne leur a guère opposé que l'éclat de sa gloire et le flegme de sa philosophie. La douceur de son caractère le rendait très aimable dans la société ; il ne faisait jamais sentir la supériorité de son génie, et on sortait instruit d'avec lui, sans qu'il eût pensé à instruire, et presque sans qu'on s'en fût aperçu. Ses mœurs n'étaient pas moins pures que ses lumières, et, fidèle aux devoirs qu'impose la religion, il s'en est toujours acquitté de la manière la plus exacte et la moins équivoque.

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