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phiques forment les trois premiers volumes de ses Œuvres complètes.
« Personne, dit Jamin, n'avait mieux gagné le titre de secrétaire perpétuel, et personne n'était plus apte à en remplir les délicates fonctions. Arrivé de bonne heure à TAcadémie chaque lundi, sans aucune exception il recevait les savants étrangers, lisait les correspondances et, quand c'était son jour de fonction, commençait la séance par l'analyse des travaux présentés: analyse si claire et si ambitionnée que souvent les mémoires envoyés portaient la mention « pour le jour de M. Arago » ; c'était celui où la salle était pleine, le public attentif, et où les membres eux-mêmes écoutaient. Non seulement il analysait les travaux, mais il faisait l'histoire des questions traitées et la critique des solutions proposées, sans que jamais personne contestât son autorité. Bientôt cet auditoire, tout illustre qu'il était, lui parut trop restreint: il voulut l'étendre. Il avait trouvé une Académie fermée, travaillant sans témoins, portes closes, à peine entre-bâillées pour quelques privilégiés ; il les fit ouvrir toutes grandes et à tout le monde; et pour que la science se répandît plus vite et plus loin, il invita les journalistes à assister aux séances dans une tribune spéciale, si toutefois on peut appeler tribune le banc qui leur est réservé, et il les autorisa à prendre connaissance des mémoires présentés. Il obtint, en outre, en 183S, que l'Académie publiât elle-même ses séances sous la surveillance des secrétaires perpétuels ; et ce fut l'origine de ces Comptes rendus célèbres qui ont acquis, depuis, une si grande influence sur la vie scientifique du pays. »
Sainte-Beuve se montre assez sévère pour Arago,
qui n'était pas son confrère à TAcadémie française. « Ce n'est qu'une sorte de mémoire scientifique, disaitil, qu'il se propose de faire, « et dans lequel, à l'occa- « sion des travaux de son confrère, il va examiner les « progrès que plusieurs dos branches les plus impor- « tantes de Toptique ont faits de nos jours. » Négligeant Tartdes transitions, il divise en chapitres et avec des titres distincts, la suite des matières qu'il se propose de parcourir, la biographie d'abord, puis les mémoires et travaux. Dans l'exposé qu'il en fait, on assiste à une espèce de leçon dans laquelle, pour plusde clarté, il serait bon quelquefois qu'il y eût un tableau et des figures. Ainsi dans la biographie de James Watt, l'immortel perfectionneur^ et Tapplicateur véritable de la machine à vapeur, celui qui, le premier, lui a donné l'organisation et la vie^ on aurait besoin de figures pour tout comprendre. Lorsqu'une digression, une discussion plus ou moins naturelle se présente, au lieu de l'amener avec adresse, de la fondre dans le sujet, M. Arago Tinlroduit carrément et la pousse à bout sans réserve... Il a la clarté, la force, la droiture du développement scientifique, il n'a pas le goût littéraire proprement dit... On sent l'homme compétent et supérieur quand il parle du fond des sujets ; on s'efforce de le comprendre et de le suivre, et on y parvient avec quelque application. On apprécie, grâce à lui, la portée de l'homme dont il vous entretient. 11 vous fait mesurer avec poids la force de sa trempe ; il le classe en général à son vrai rang (si ce n'est qu'un savant, non un politique) ; il discute ses titres avec une passion sérieuse et une impartialité définitive (toujours si ce n'est qu'un savant). »
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Nous citons pour mémoire Dulong qui, ayant remplacé Cuvier, en 1832, pour les Sciences physiques, a donné sa démission dès Tannée suivante, pour cause de maladie.
A été Secrétaire pour les Sciences physiques de 1833 à 1868 et son long secrétariat a été des mieux remplis. Flourens était plus calme, moins ardent que son confrère Arago, mais il était laborieux et tenace.
Son historien, Vulpian, dit : « Ses éloges ont été très goiltés et ils méritaient de Tôtre. Exactitude et clarté dans Tanalyse des travaux scientifiques, justesse et sincérité des appréciations, esprit du meilleur aloi, sous tous ces rapports ces éloges sont irréprochables. Le style y est net et précis ; il s*élève lorsqu'il le faut et devient aussi, à propos, vif et coloré.
Si j'ajoute que Flourens lisait d'une façon remarquable, on comprendra le succès que ses éloges historiques ont obtenu dans nos séances publiques. Ce qui montre bien que ce succès était, d'ailleurs, dû surtout à leur mérite intrinsèque, c'est qu'ils l'ont retrouvé tout entier lorsqu'ils ont été publiés...
Au moment où Flourens entra à l'Académie française, il y avait déjà sept ans qu'il était Secrétaire