Voir aux Naturalistes
perpétuel de rAcadémie des Sciences. II avait été nommé, en 1833, en remplacement de Dulong, démissionnaire. Il a donc occupé cette situation pendant trente-quatre ans, et durant tout ce temps, il s'est acquitté des devoirs qu'elle lui imposait avec un zèle qui ne s'est jamais refroidi. Parmi ces devoirs, il en est un dont Flourens comprenait bien toute l'importance et qui est presque un privilège, tant il est doux à remplir. Le Secrétaire perpétuel doit servir d'intermédiaire entre l'Académie et les savants qui désirent lui communiquer les résultats de leurs recherches ou qui aspirent aux récompenses dont elle dispose. D'une extrême affabilité pour les travailleurs qui venaient le trouver, Flourens félicitait les uns, encourageait les autres et s'efforçait ainsi d'entretenir le feu sacré de la science.
Nul n'a connu mieux que lui les œuvres de Buffon : il les avait lues, relues et méditées. L'exposé qu'il en a fait dans son livre intitulé : Histoire des travaux et des idées de Buffon est un vrai modèle d'analyse philosophique. La renommée littéraire de Buffon avait un peu nui à sa gloire scientifique. Flourens nous montre, dans tout leur éclat, les lumières nouvelles que ce beau génie a jetées sur l'histoire naturelle.
Et Cuvier, quel grand naturaliste aussi ! Flourens Ta connu, l'a vu dans l'intimité ; il a reçu plus d'une fois ses confidences scientifiques et il a pu mieux que personne prendre la mesure de son génie. Rénovateur de l'anatomie comparée, l'un des créateurs de la méthode naturelle, le vrai fondateur de la paléontologie, Cuvier a été étudié, à tous Iqs points de vue, par Flourens,
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dans un ouvrage intitulé : Histoire des travaux de G. Cuvier, Quand on a lu cet ouvrage, on partage Tadmiration de Flourens pour Cuvier, cet homme d'un si vaste esprit, qui a déployé, dans toutes les situations qu'il a occupées, des aptitudes supérieures et dont les grandes conceptions ont toujours élé tenues en bride par le plus ferme bon sens. Cette qualité maîtresse ne s'est peut-être jamais si nettement manifestée que dans le débat fameux qui s'éleva devant l'Académie entre Etienne (ieofTroy Saint-Hilaire et Cuvier, au sujet de VUnité de composition^ débat dont Flourens s'est constitué l'historien dans un de ses ouvrages. »
A l'Académie française, Mignet disait à Flourens : Vous vous êtes distingué « en vous montrant exact dans vos vues, simple dans vos formes, ferme dans vos jugements, précis dans votre langage, plus sobre de détails qui plaisent que de vérités qui instruisent; en n'admettant que les idées sorties du fond même de vos sujets; en rapprochant avec habileté les méthodes des découvertes, et en ne séparant jamais Thistoire des savants de la marche de la Science. »