LAMARCK (JEAN-BAPTISTE DE
Bazantin (Somme), 1744 ; Paris, 1829. — Naturaliste. D'abord officier. Protégé par BufTon. Parcourt la Hollande et TAIlemagne. Proloss<»ur de Zoologie au Muséum. Meurt aveugle.
l'n des précurseurs de Darwin, pour la théorie de révolution. Méthode dichotomique pour la classification des plantes.
Flore française. — Philosophie zoologique (2 vol.). — Histoire naturelle dex animaux sans vertèbres (11 vol.). — Connaissance positive de riioraine.
V Illustration des genres est peut-être le livre le plus commode pour acquérir des notions un peu complètes de Botanique. La précision des descriptions et des définitions y est appuyée de figures propres à donner un corps à ces abstractions et à les faire saisir à Toeil en môme temps qu'à l'esprit.
... M. de Lamarck, plus nouveau venu, obligé de se contenter du lot que les autres n'avaient pas choisi, fut nommé à la chaire relative aux deux dernières classes du règne animal tel que Linné l'avait divisé, à ce qu'on appelait alors les insectes et les vers.
Il avait alors tout près de cinquante ans, et la seule préparation qu'il eût sur cette vaste partie de la zoologie se réduisait à quelque connaissance des coquilles.
On lui doit le nom môme à' animaux sans vertèbres,.. C'est lui qui l'a employé le premier au lieu de celui d'animaux à sang blanc.
C'est principalement d'après lui que ceux qui ont écrit sur la môme matière ont nommé et distribué leurs espèces; et, encore à présent, sur les éponges, par
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exemple, sur les algues et plusieurs genres de coraux, ce serait vainement qu'on chercherait ailleurs une instruction plus complète que dans son Histoire des animaux sans vertèbres.
Une branche à laquelle surtout il a donné une vive impulsion, est celle des coquilles fossiles. A peine la comparaison de ces coquilles à celles qui vivent aujourd'hui dans les différentes mers avait-elle été essayée sur un petit nombre. Lamarck procéda à cet examen avec la profonde connaissance qu'il avait acquise des coquilles vivantes et le poursuivit avec ardeur.
Lamarck vécut longtemps pauvre, aveugle et délaissé, non de moi, je Taimai et le vénérai toujours. Sa fille, nouvelle Antigone, vouée aux soins les plus généreux de la tendresse filiale, soutenait son courage et consolait sa misère par ces seuls mots : La postérité vous honorera^ vous vengera!
E. Geoffroy Saint-Hilaire. [Fragments biographiques.)
Sa vie retirée, suite des habitudes de sa jeunesse, sa persistance dans des idées peu d'accord avec les idées qui dominaient dans les Sciences, n^avaient pas dû lui concilier les faveurs des dépositaires des grâces; et lorsque les infirmités sans nombre, amenées par la vieillesse, eurent accru ses besoins, toute son existence se trouva à peu près réduite au modeste traitement de sa chaire. Les amis des Sciences, attirés par la haute réputation que lui avaient value ses ouvrages de botanique et de zoologie, voyaient ce délaissement avec surprise... leur estime redoublait à la vue du courage avec lequel ce savant illustre supportait les atteintes de
la fortune et celles de la nature ; ils admiraient surtout le dévouement qu'il avait su inspirer à ses deux
filles.
Cl viER .
Cuvier croyait à la fixité des espèces. Lamarck, comme Geoffroy, affirmait leur variabilité.
Cuvier croyait à l'existence des quatre plans d'après lesquels tous les animaux avaient été modelés ; Lamarck met en relief le perfectionnement graduel des formes animales et proclame qu'il existe entre elles une absolue continuité. Cuvier croyait à la disparition des formes fossiles par destruction ; Lamarck croit à leur transformation, il déclare que les formes actuelles ne sont que des modifications de celles qui ont vécu aux âges antérieurs do la terre.
Cuvier établit sa classification sur un principe métaphysique, \e principe des causes finales, duquel il déduit le principe de la corrélation des formes et le principe de la subordination des caractères. Lamarck ne connaît d'autre classification naturelle que celle qui représenterait Tarbre généalogique du règne animal.
Et l'opposition entre les deux doctrines dépasse de beaucoup les limites de la spéculation zoologique. Amené par une singulière prudence à décrire les effets sans vouloir remonter au delà de leur cause la plus immédiate, Cuvier conclut du désordre apparent des masses rocheuses dans les pays de montagnes à d'effroyables et subits cataclysmes qui auraient jadis amené ces désordres... Où Cuvier ne voit que caprices et soubresauts, Lamarck, au contraire, voit un lent et régulier enchaînement de causes et d^effets... C'est là la doctrine