‹ Les savants modernes: leur vie et leur travaux, d'après les documentsChapitre 116 sur 144 · répète ainsi le mot bien connu d'Archimède · texte numérisé non relu

répète ainsi le mot bien connu d'Archimède

dans le spath Ûuor, c est un octaèdre; dans la pyrite, c'est un cube...; toujours les cristaux se brisent en lames parallèles aux faces du noyau ; les faces extérieures se laissent toujours concevoir comme résultant du décroissement des lames superposées, décroissement plus ou moins rapide et qui se fait tantôt par les angles tantôt par les bords. Les faces nouvelles ne sont que de petits escaliers ou que de petites séries de pointes produites par le retrait de ces lames, mais qui paraissent planes à Tœil à cause de leur ténuité. Aucun des cristaux qu'il examine ne lui offre d^exception à sa loi. Il s'écrie une seconde fois, et avec plus d'assurance : Tout est trouvé !

Fort peu au courant dans sa vie solitaire de ce qui se passe autour de lui, il voit un jour avec surprise des hommes grossiers entrer violemment dans son modeste réduit. On commence par lui demander s'il n'a point d'armes à feu. Je n'en ai d'autre que celle-ci, dit-il, en tirant une étincelle de sa machine électrique, et ce trait désarme un instant ces horribles personnages ; mais il ne les désarme que pour un instant ; on se saisit de ses papiers où il n'y avait que des formules d'algèbre ; on culbute cette collection qui était sa seule propriété ; enfin on le confine avec tous les prêtres et les régents de cette partie de Paris dans le séminaire de Saint-Firmin, qui était contigu au Cardinal Lemoine, et dont on venait de faire une prison.

Cellule pour cellule, il n'y trouvait pas trop de différence ; tranquillisé surtout en se voyant au milieu de beaucoup de ses amis, il ne prend pas d'autre soin que

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de se faire apporter ses tiroirs, et de tâcher de remettre ses cristaux en ordre.

Heureusement il lui restait au dehors des amis mieux informés de ce que Ton préparait.

Un de ses élèves, devenu depuis son collègue, M. Geoffroy de Saint-Hilaire, membre de cette Académie, logeait au Cardinal Lemoine. A peine instruit de ce qui vient d'arriver à son maître, il court implorer pour lui tous ceux qu'il croit pouvoir le servir. Des membres de l'Académie, des fonctionnaires du Jardin du Roi, n'hésitent point à aller se jeter aux pieds des hommes féroces qui conduisent cette affreuse tragédie. On obtint un ordre de délivrance, et M. Geoffroy Saint- Hilaire court le porter à Saint-Firmin ; mais il arriva un peu tard, et M. Haiiy était si tranquille, il se trouvait si bien que rien ne put le déterminer à sortir ce jour-là ; le lendemain matin, il fallut presque l'entraîner de force. On frémit encore en songeant que le surlendemain fut le 2 septembre !

Jamais il n'avait changé les heures de ses repas, de soulever et de son coucher; chaque jour il faisait à peu près le même service, se promenait dans les mêmes lieux, et il savait encore en se promenant exercer sa bienveillance; il conduisait les étrangers qu'il voyait embarrassés, il leur donnait des billets d'entrée dans les collections ; et beaucoup de gens lui ont dû ces petits agréments, qui ne se sont point doutés de quelle main ils les tenaient. Son vêtement antique, son air simple, son langage toujours d'une modestie excessive, n'étaient pas de nature à le faire reconnaître. Lorsqu'il allait passer quelques jours dans le bourg où il avait pris

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naissance, aucun de ses anciens voisins n aurait pu soupçonner à ses manières qu'il fût devenu à Paris un personnage considérable. Un jour dans une promenade sur le boulevard, il rencontre deux anciens soldats qui allaient se battre. Il s'informe du sujet de leur querelle, il les raccommode et pour bien s'assurer qu'elle ne renaîtra point, il va avec eux sceller la paix à la manière des soldats, au cabaret.

Cl'vier.

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