‹ Les savants modernes: leur vie et leur travaux, d'après les documentsChapitre 122 sur 144 · BICHAT · texte numérisé non relu

BICHAT

la structure intime de chaque organe, jusqu'à la condition matérielle de chaque tissu? L'auteur de TAnatomie générale ne se borne pas à constater leurs caractères extérieurs. Il emprunte à la chimie ses plus puissants réactifs, pour signaler leur identité ou leur différence ; et s'il ne peut dévoiler leur nature intime, s'il ne pénètre point le dernier secret de Torganisme, c'est qu'il n'est pas donné à l'esprit humain de tout pénétrer ; et Bichat sait toujours s'arrêter là où l'observation l'abandonne.

A. MiQUEL. (Eloge de Xavier Bichat.)

L'expression de sa physionomie annonçait la franchise ; ceux auxquels il témoignait de l'affectfon pouvaient compter sur son attachement sincère ; il avait avec les personnes qu'il ne connaissait pas, cette réserve qui plaît généralement.

Ce fut à l'instant où il allait triompher de tous les obstacles et où il se proposait d'enseigner en même temps les cinq branches fondamentales de l'art de guérir, qu'il fit une chute sur l'escalier de l'Hôtel-Dieu ; cette chute devint la cause déterminante d'une fièvre ataxique dont il avait pris le germe dans les amphithéâtres où il surveillait continuellement, môme l'été, les pièces (ïanatomie pathologique soumises à la macération.

Malgré les soins assidus de MM. Corvisart et Lépreux, médecins en chef de l'Hôtel-Dieu, il succomba à la gravité des accidents, le 22 juillet 1802, quatorzième jour de sa maladie. Il serait difficile de peindre la douleur profonde où furent plongés tous ceux qui avaient connu Bichat ; sa mort a laissé les plus vifs regrets, sa

perte a élô vivement sentie par Técole de médecine et par tous les savants. Le gouvernement, pour reconnaître les services que Desault et Bichat avaient rendus à rhumanité, et pour consacrer le sentiment qui unissait ces deux grands hommes, ordonna qu'il fût élevé à THôtel-Dieu un double monument à leur mémoire. « Bichat, écrivait le docteur Corvisart, en en « faisant la demande au premier consul, Bichat vient de « mourir sur un champ de bataille qui compte aussi plus « d'une victime ; personne en si peu de temps, n'a fait « tant de choses et aussi bien. »

Maingault. (Notice historique sur Bichat.)

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