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GEOFFROY SAINT-HILAIRE (ETIENNE

Etampes, i772 ; Paris, i84i. — Naturaliste. Professeur de zoologie au Muséum et à la Sorbonne. A pris part à l'expédition d'Egypte, membre de T Institut du Caire.

A soutenu contre Cuvier le principe de l'unité organique des diverses espèces d'animaux. Il a attiré l'attention sur le dévelop^ pement embryogénique et les organes rudimentaires.

Description de l'Egypte (en participation). — Mammifères du Muséum. — Histoire naturelle des mammifères. — Unité de composition organique. — Philosophie zoologique. — Etudes progressives d'un naluraliste .

Isidore Geoffroy Saint-Hilaire (Paris, 18)5-1861), naturaliste, fils du précédent, inspecteur général des études, fondateur de la Société d'acclimatation, a étudié les anomalies de l'organisation.

Ce qui distingue M. Geoffroy comme zoologiste, c'est la perception aussi juste que prompte des analogies des êtres; c'est ce que lui-môme appelait si bien le sentiment des rapports.

Ce sentiment si vif lui découvre une loi supérieure de la méthode.

A côté du principe de la subordination des organes, il pose le principe des subordinations mobiles : le même organe, qui domine dans un groupe, peut n'être qu'un caractère subordonné dans un autre.

Il voit la méthode sous un nouvel aspect.

La classification générale n'a d'autre mérite, à ses yeux, que le mérite négatif de ne pas rompre le rapprochement naturel, le rapprochement direct des espèces.

Et ceci posé, tout change.

La méthode n'est plus une suite de divisions, de coupes^ de ruptures. C'est un enchaînement de rapports qui s'appellent, qui s'adaptent, qui s'identifient.

Au Temps de Linné, les naturalistes cherchaient les différences tranchées, les grands intervalles. C'est qu'on ne connaissait encore qu'un petit nombre d'espèces.

A mesure, en effet, que le nombre des espèces connues s'accroît (et il s'accroît sans cesse), les différences tranchées s'effacent, se fondent les unes dans les autres par des nuances intermédiaires, les grands intervalles se comblent. L'unité du règne se montre. On comprend le mot profond de Buffon, que « les nuances sont le grand œuvre de la nature. »

En zoologie, la vue dominante de M. Geoffroy est V unité de règne. En anatomie comparée, son objet constant est de prouver Y imité de règne par V unité de composition.

Toutes ses recherches A'anatomie sont des recherches à'analogie.

Il les avait commencées par l'étude comparée des membres. Des membres il passe au crâne. Le crâne du crocodile, celui du poisson se composent de vingt-cinq ou vingt-six os, et celui de l'oiseau, celui du quadrupède n'en ont que huit ou dix. Comment identifier à Tunité une composition en apparence si différente? L'inspiration soudaine d'un pénétrant génie le porte à examiner le crâne d'un fœtus d'oiseau et de quadrupède. Là, tous les os primitifs, qui se réuniront plus tard en quelques os complexes, sont encore séparés, et le problème est résolu : le nombre des os est partout retrouvé le même.

Ce bel ordre (de la classification de Cuvier)... semblait chaque jour plus menacé par le progrès, chaque jour

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croissant, des idées de M. Geoffroy, qui ne voulait qu'un seul plan y qu'un seul ti/pe.

Le débat fut porté devant F Académie. Jamais controverse plus vive ne divisa deux adversaires plus résolus, plus fermes, munis de plus de ressources pour un combat depuis longtemps prévu, et, si je puis ainsi dire, plus savamment préparés à ne pas s'entendre.

Entre ces deux hommes, tout, d'ailleurs était opposé : dans Tun, la capacité la plus vaste, guidée par une raison lumineuse et froide; dans l'autre, l'enthousiasme le plus bouillant avec des éclairs de génie.

De l'Académie, de la France, l'émotion s'étendit dans tous les pays où l'on pense sur de tels sujets. Nous eussions pu nous croire revenus à ces temps antiques où les sectes philosophiques, en s'agitant, remuaient le monde. Le monde se partagea. Les penseurs austères et réguliers, ceux qui plus touchés de la marche sévère et précise des Sciences que de leurs élans rapides, prirent parti pour M. Cuvier. Les esprits hardis se rangèrent du côté de M. Geoffroy. Du fond de l'Allemagne, le vieux Gœthe applaudissait à ses arguments.

Il accrut rapidement nos collections. Sa bouillante activité doublait ses succès. La ménagerie, demandée par Bernardin de Saint-Pierre , n'arrivait pas assez vite au gré de son impatience. Il en improvisa une.

Un matin, on vient lui annoncer qu'il a à sa porte un léopard, un ours blanc, plusieurs mandrilles, une panthère, etc. L'exhibition de ces animaux venait d'être défendue par la police.

Le Muséum n'avait encore, pour une ménagerie, ni

fonds, ni local. Qu'importe? Geoffroy accepte tout; place, tant bien que mal, sous ses fenêtres, ses chers et terribles hôtes, et court faire part de sa bonne fortune à ses confrères, qui, un peu surpris, et presque alarmés, consentent bien vite à pourvoir aux moyens d'enfermer solidement ces formidables richesses.

Le 19 juin 18i4, M. Geoffroy s'éteignit doucement; et cet esprit perçant qui avait porté sur la nature un regard si hardi, cet homme qui avait tout osé pour en sonder, pour en pénétrer les mystères, recevant les adieux de son enfant chéri, lui dit avec calme :

« Sois-en sûre, 6 ma fille, nous nous reverrons! »

Flol'hens.

La recherche des différences est infiniment plus facile que celle des analogies; elle devait donc précéder celleci. C'est, comparativement, une étude élémentaire, et cela à plusieurs tilres : elle se borne à une méthode unique; elle place son but presque au point de départ de la Science. Cette méthode, c'est essentiellement, et presque exclusivement l'observation; ces résultats, les faits, seuls éléments que puisse fournir directement l'observation; ce but, l'enregistrement exact et régulier des faits et de toutes leurs circonstances ; leur classement, dans un ordre qui réponde, aussi fidèlement que possible, à leur degré de différenciation. A ce point de vue, le progrès consiste donc, d'une part, dans la multiplicité indéfiniment croissante des observations et de l'autre, corrélativement, dans le perfectionnement graduel de la classification, qui, les résumant toutes, et en étant l'unique lien, devient idéalement, comme

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