CLAIRAUT (ALEXIS
Paris, 4 7i 3-1 765. — Très précoce; admis à dix-huit ans à rAcadémie des sciences; alla avec Maupertuis en Laponie mesurer un degré du méridien ; eut d'Alembert pour émule et Bailly pour élève.
A fait les premiers travaux sur le problème des trois corps (qui s'attirent mutuellement). — Figure de la terre. — Calcul de la comète de Halley. — Théorie de la lune.
Recherches sur les courbes à double courbure. — Éléments de Géométrie (remarquables par leur simplicité). — Théorie de la figure de la terre. — Théorie de la lune. — Théorie des comètes.
Glairaut, ainsi que Pascal, s'était annoncé comme géomètre dès son plus jeune âge ; il avait appris les lettres de l'alphabet sur les figures des Éléments d'Euclide^ et à dix-huit ans il était à l'Académie des sciences. Aucune branche des mathématiques ne lui resta étrangère. Il présenta la géométrie élémentaire sous une forme nouvelle ; il scruta les propriétés des courbes, qu'il sut rendre par des formules plus élégantes. Abordant des questions plus hautes, il formula les lois générales de l'équilibre des fluides, dont toutes les particules sont animées par des forces quelconques ; le premier il expliqua le phénomène des tubes capillaires, sans avoir recours à la pression des colonnes collatérales, ne demandant avec raison les causes de la capillarité qu'à la cohésion des particules du liquide ou à leur inertie, et à l'attraction exercée par la surface du vase. . .
Glairaut entreprit d'assigner par le calcul l'influence des actions planétaires et de rendre ainsi possible la détermination précise du jour où l'astre (la comète de
Halley) serait le plus voisin du soleil. Il trouva que le retour de la comète devait être retardé de cinq cent dixhuit jours par l'attraction de Jupiter, et de cent par celle de Saturne. C^était donc vers le mois d'avril 1739 que, d'après les supputations de Clairaut, la comète devait se montrer à son périhélie. Elle devança de quelques jours seulement la prédiction du géomètre français . . .
Les comètes ne furent pas les seuls astres dont Clairaut voulut faire connaître avec plus de rigueur la direction et la vitesse. Près d'un tiers de siècle s^était écoulé sans que l'analyse mathématique fût devenue assez puissante pour embrasser dans son ensemble le problème des trois corps, dont le système formé par le Soleil, la Terre et la Lune, est un cas particulier. Clairaut en même temps que d'Alembert, qui entrait dans cette voie où il devait bientôt l'atteindre, envisagea cette question surtout au point de vue de la lune ; il fit découler de sa théorie Texplication des inégalités de notre satellite, déjà justifiées par Newton à l'aide de l'attraction et celle d'autres phénomènes que ce beau génie n'avait pas réussi à en faire dériver, particulièrement l'évection et les mouvements de Tapogée. Ces recherches permirent à Clairaut de construire des tables de la lune entièrement fondées sur la loi de la gravitation. . .
Enfin, poursuivant le progrès de l'astronomie dans le perfectionnement des lunettes, aussi bien que dans celui des méthodes, il chercha à donner aux lunettes d'approche, par le moyen d'objectifs composés, plus de précision et de puissance. Sa Théorie de la figure de la Terre est un monument magnifique.
A. Maury [V Ancienne Académie des sciences.)