LAPLACE
Saint-Pierre, à organiser cette belle institution. Sa nomination Talla chercher à Melun, et le 20 janvier 1795, le premier il inaugurait ces cours célèbres, par une leçon couverte d'applaudissements enthousiastes .
Ce n'était pas seulement envers les sciences qu'il acquittait sa dette ; rien de ce qui élèveJ'esprit humain et concourt au perfectionnement social et à la civilisation ne lui était indifférent. Il aimait les lettres auxquelles il avait payé un si beau tribut dans son Exposition ; Racine était son poète favori, et il se plaisait souvent à citer de mémoire de longs passages de ses vers ; l'image du grand tragique était dans son cabinet à côté de celle de Newton. Sans cultiver lui-même les beauxarts, il savait les apprécier : il avait une prédilection particulière pour la musique italienne, et les compositions de Raphaël ornaient ses appartements, en compagnie des portraits de Descartes, de François Viète, de Galilée et d'Euler. Tel était Laplace, tel il fut pendant les trente dernières années de sa longue carrière, comblé d'honneurs et placé aux premiers rangs dans l'État, mais plus grand par la science que par les dignités : entouré des hommages de tout ce qu'il y avait d'illustre par le talent et le savoir, il semblait présider en quelque sorte, à la marche de l'esprit humain. Y eut-il jamais vie plus active, plus largement et plus noblement occupée, plus glorieuse ? Fontenelle avait dit de Newton qu'il eut le rare bonheur de jouir de sa renommée pendant sa vie : Laplace eut encore ce trait de ressemblance avec son immortel prédécesseur.