‹ Les savants modernes: leur vie et leur travaux, d'après les documentsChapitre 46 sur 144 · FOURIER (JOSEPH · texte numérisé non relu

FOURIER (JOSEPH

Auxerre, i768; Paris, 1830. -— Géomètre et physicien. Fils d'un tailleur d'habits. Professeur aux Écoles normale et polytechnique. Secrétaire de Tlnstitut d'Egypte. Membre de l'Académie française. Préfet de l'Isère. — Statue a Auxerre.

A donné une théorie mathématique de la chaleur, une résolution des équations numériques et quelques travaux littéraires et historiques.

Discours préliminaire de la description de l'Egypte. — Théorie ana^ ly tique de la ckalcur. — Mémoire sur la résolution des équations numériques. — Œuvres complètes, publiées par l'Académie des sciences, 2 vol., chezGauthier-Villars.

A la fin de 1789, Fourier se rendit à Paris, et lut devant l'Académie des sciences un mémoire concernant la résolution des équations numériques de tous les degrés... La question d'analyse algébrique dont il vient d'être fait mention, et que Fourier a étudiée avec une si remarquable persévérance..., se présente dans un grand nombre d'applications de calcul au mouvement des astres ou à la physique des corps terrestres, et, en général, dans les problèmes qui conduisent à des équations d'un degré élevé. Dès qu'on veut sortir du domaine des abstractions, le calculateur a besoin des racines de ces équations ; ainsi, l'art de les découvrir à l'aide d'une méthode uniforme, soit exactement, soit approximativement, a dû de bonne heure exciter la sollicitude des géomètres... Fourier a découvert une méthode pour déterminer en quel nombre les racines positives de toute équation peuvent se trouver entre deux quantités données ^

1. Budnn avait le premier publié le principe auquel Fourier était arrivé de son côté. Depuis, Sturm a établi, par un théorème qui porte

A côté de la question en quelque sorte élémentaire, de la propagation longitudinale de la chaleur^ venait se placer le problème plus général, mais aussi beaucoup plus difficile, de cette môme propagation dans un corps à trois dimensions terminé par une surface quelconque. Ce problème exigeait le secours de la plus haute analyse. C'est Fourier qui, le premier, la mis en équation ; c'est à Fourier, aussi, que sont dûs certains théorèmes à l'aide desquels on peut remonter des équations différentielles aux intégrales^ et pousser les solutions, dans la plupart des cas, jusqu'aux dernières applications numériques.

Causer^ était devenu la moitié de sa vie. Ceux qui ont cru trouver là le texte d'un juste reproche, avaient sans doute oublié que de constantes méditations ne sont pas moins impérieusement interdites à l'homme, que l'abus des forces physiques. Le repos, en toute chose, remonte notre frêle machine... La santé fort délabrée de Fourier lui commandait de grands ménagements. Après bien des essais, il n'avait trouvé qu'un moyen de s'arracher aux contentions d'esprit qui l'épuisaient : c'était de parler à haute voix sur les événements de -sa vie ; sur ses travaux scientifiques, en projet ou déjà terminés ; sur les injustices dont il avait eu à se plaindre.

Fourier était doué d'une constitution qui lui pro-

son nom, une règle donnant le nombre exact des racines d'une équation qui sont comprises entre deux nombres donnés.

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mettait de longs jours ; mais que peuvent les dons naturels contre les habitudes antihygiéniques que les hommes se créent à plaisir ! Pour se dérober à de légères atteintes rhumatismales, notre confrère se vêtait, dans la saison la plus chaude de Tannée, comme ne le sont même pas les voyageurs condamnés à hiverner au milieu des glaces polaires... Il avait déjà

eu en Egypte et à Grenoble quelques atteintes d'un anévrysme au cœur. A Paris, on ne pouvait guère se méprendre sur la cause première des fréquentes suffocations qu'il éprouvait. Une chute faite le 4 mai 1830 en descendant un escalier, donna, toutefois, à la maladie une marche beaucoup plus rapide.

Arago.

Kléber était mort assassiné au comble de la gloire.

« Tous les Français vainqueurs, et délaissés par sa mort, conduisirent au lieu funèbre les restes du héros. A leur suite s'avançaient les chrétiens d'Egypte et de Syrie, les évêques, les prêtres, et la légion grecque pleurant un libérateur : les musulmans même honoraient en lui cette clémence inconnue en Orient. Alors du haut d'un bastion, naguère enlevé par nos armes, ayant près de vous la ville du Caire à demi sauvée des flammes, et sous vos yeux cette héroïque armée qui serrait autour de vous ses rangs trop peu nombreux^ votre voix célébra dignement le vainqueur de Maëstricht et d' Héliopolis. Puissant panégyrique ! grande et noble éloquence, qui redoublait au cœur des Français le courage de vaincre, et sur cette terre lointaine et barbare leur faisait sentir encore la patrie !

« Quand votre bouche, en attestant les regrets des

soldats, fit entendre ces mots : « Je vous prends à témoin, « intrépide cavalerie, qui accourûtes, pour le sauver, sur les hauteurs de Coraïm », Tarmée entière se troubla, en agitant ses étendards, et vous demeurâtes longtemps interrompu par le bruit des armes et le frémissement de tant de soldats en pleurs. »

ViLLEMAiN. [Réponse aie discours de réception de Fourier à F Académie française.)

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