WURTZ
De mémorables découvertes ont marqué les étapes de sa carrière.
Celle des ammoniaques composées lavait placé dès Tabord au premier rang et avait contribué, autant que le travail de M. Williamson sur les éthers mixtes, à la naissance de la théorie des types de son compatriote et contemporain Gerhardt.
Peu après, il découvrit les radicaux alcooliques, mixtes...
La découverte des glycols et de l'oxyde d'éthylène, en précisant et fixant la notion d'alcools polyatomiques, étendit la théorie des types et prépara révolution qui a transformé celle-ci, en en montrant la raison d'être dans la propriété des atomes qu'on appelle \euv atomicité ou leur valence.
Elle fut suivie, entre autres conséquences, de la synthèse de bases oxygénées...
La féconde controverse soutenue contre M. Kolbe, à la fois sur le terrain de la théorie et sur celui de l'expérience, au sujet de la constitution de Tacide lactique, jeta la lumière sur les conceptions jusque-là confondues d'atomicité et de basicité et fit voir qu'un même corps peut être à la fois acide et alcool.
L'étude de la combinaison de l'acide iodhydrique avec l'amylène le conduisit à la découverte de Thydrate d'amylène, isomère de Talcool amylique et type d'une classe nouvelle de corps, le premier de cetix qui ont reçu plus tard le nom d'alcools tertiaires, et l'on sait quelle importance a eu, pour l'établissement de la théorie atomique, la comparaison des composés isomériques.
Friedel. [Discoiir s prononcé aux funérailles de WiertZ'.)
Dès le début de ses recherches, on sent Wurtz possédé d'une préoccupation qui va dominer toute sa vie : la constitution intime de la molécule matérielle, et le rapport qui existe entre ses propriétés et Tarrangement de ses atomes.
Ces découvertes incessantes, ces conceptions si nettes, si originales, si profondes, et jusqu'aux opinions adverses qu'il combattait [[^ou discutait dans ses mémoires, dans ses livres, dans ses conférences du Collège de France ou de la Société chimique, avec une passion convaincue, tout chez lui devait contribuer à lui attirer de nombreux élèves, j'allais dire de nombreux partisans. Dès le début, Wurtz était devenu chef d'école... Il avait tout ce qu'il faut pour attirer et unir les hommes, la clarté, la fécondité de la pensée, la chaleur des convictions, l'exubérance des idées qu'il allait semant à profusion autour de lui. 11 avait aussi cette bonté visible, cette bonhomie affable, cette gaieté communicative qui tranchent souvent bien des difficultés. Il avait enfin une santé qui se maintint longtemps puissante et une surprenante vigueur d'esprit, restée intacte jusqu'à la fin malgré tant d'efforts. Accessible à tous, entouré de ses élèves, bienveillant même aux plus simples, oublieux de sa propre valeur, il vivait dans son laboratoire, causant, chantant, pensant pour ainsi dire à haute voix. Elèves, collaborateurs, amis, il ne distinguait bientôt plus parmi ceux au milieu desquels il travaillait à découvert et qu'il recevait si paternellement dans son hospitalière maison.
(Lorsqu'il professait), Wurtz gagnait d'emblée son
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auditoire par le charme de son discours, la clarté de sa parole, la couleur de ses images, Télégance de ses démonstrations, mais surtout par la conviction qui se dégageait de toute sa personne. C'était, chez cet Alsacien, une éloquence méridionale et chaude, une verve entraînante, persuasive, une vibration de tout Tôtre qui tenait l'auditoire en suspens sans le lasser.
A. Gautier. [Charles-Adolphe Wurtz, ses travaux, son enseignement, son école.)