‹ Les savants modernes: leur vie it leurs travaux d'après les documents académiques choisis et abrégésChapitre 115 sur 139 · DE SAUSSURE (HORACE-BENEDICT · texte numérisé non relu

DE SAUSSURE (HORACE-BENEDICT

Genève, 1740-1799. — - Géologue et physicien suisse. Professeur à Genève. Parcourt la France, l'Allemagne, l'Italie ; gravit le Mont-Blanc.

Un des créateurs de la géologie. A perfectionné la météorologie. A inventé ou amélioré beaucoup d'instruments : thermomètre, hygromètre, électromètre, anémomètre, etc.

Voyages dans les Alpes. — Voyage à la cime du Mont-Blanc. — Observations sur récorce des feuilles. ~ Des principales causes de nos erreurs. — De rélectricité. — De Teau.

Théodore de Saussure (1707-1845), fils du précédent, s'est occupé de physiologie végétale. On lui doit le livre : Recherches chimiques sur la végétation.

Au milieu de ses voyages dans les Alpes, sur les cimes les plus escarpées, parmi ses méditations profondes qui embrassaient tout ce que la nature nous présente de plus imposant sur le globe, il recueillait avec soin la moindre fleur et la notait dans son livre avec complaisance. Il semblait trouver quelque douceur à la vue de ces derniers êtres vivants, dans le voisinage des immenses ruines de la nature. C'est par la botanique qu'il a terminé ses écrits, comme il les avait commencés...

Des expériences de Saussure, on vit sortir une science presque nouvelle et la météorologie commença à entrevoir des principes raisonnables.

C'est à lui qu'il était réservé de porter un œil vraiment observateur sur ces ceintures hérissées qui entourent le globe, et où les substances qui composent le noyau de notre planète se montrent au physicien ; de

faire connaître avec détail la nature de ces substances^ leur ordre, ou plutôt le désordre qu*y ont mis les catastrophes qui les ont ainsi entassés; de jeter enfin quelque lumière sur les événements qui ont précédé Tétat actuel du monde, et sur lequel on n'avait presque avant lui que les idées les plus vagues ou les systèmes les plus hasardés... Pour mieux saisir l'importance de ce qu'a fait Saussure en ce genre, il faut se rappeler l'état où se trouvait la théorie de la terre. On peut dire qu'avant lui on se doutait à peine qu'il y eût quelque constance dans la disposition mutuelle des substances minérales, et que l'on n'avait sur les causes de leur arrangement que des hypothèses gratuites. BulTon même, dans ses premiers volumes (les seuls qui eussent paru alors), confondait encore les différents ordres de montagnes et semblait croire toutes leurs couches horizontales. Deluc, Pallas et quelques minéralogistes suédois et allemands ne faisaient que commencer des observations plus suivies et n'avaient jusque là tiré aucun résultat général de ce qu'ils avaient vu... La connaissance des pierres ou la Lithologie était encore confuse et fausse ; Saussure entreprit de lui donner de la rigueur, et il le fit avec un succès que Romé-Delille et Werner ont eu de la peine à surpasser. On lui doit la connaissance de plus de quinze espèces de minéraux... Il a constaté que le granit est la roche primitive par excellence, celle qui sert de base à toutes les autres : il a démontré qu'elle s'est formée par couches, par cristallisations dans un liquide, et que si ces couches sont aujourd'hui presque toutes redressées, c'est à une révolution postérieure qu'elles doivent leur position. Il a montré que les couches de montagnes latérales sont

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toujours inclinées vers la chaîne centrale, vers la chaîne de granit ; qu'elles lui présentent leurs escarpements comme si leurs couches se fussent brisées sur elle... Il a fait voir qu'entre les montagnes de différents ordres, il y a toujours des fragments de pierres roulées, et tous les indices de mouvements violents. Enfin, il a développé Tordre admirable qui entretient et renouvelle dans les glaces des hautes montagnes les réservoirs nécessaires à la production des grands fleuves. S'il eût donné un peu plus d'attention aux pétrifications et à leurs gisements, on peut dire qu'on lui devrait presque toutes les bases qu'a obtenues jusqu'ici la géologie... Il faut avoir bien du courage pour résister à la tentation de faire un système : de Saussure eut ce courage, et nous en ferons le dernier trait et le trait principal de son éloge

CCVIER.

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