‹ Les savants modernes: leur vie it leurs travaux d'après les documents académiques choisis et abrégésChapitre 12 sur 139 · DELAMBRE · texte numérisé non relu

DELAMBRE

Il fut secrétaire perpétuel pour les sciences mathématiques de 1803 à 1822. Ses Eloges n'ont pas été imprimés à part, on les trouve, comme tous ceux des autres Secrétaires, dans les Mémoires de TAcadémie.

Biot, qui aurait voulu succéder à Delambre, juge trop sévèrement ses éloges :

« La célébrité de Delambre, comme astronome, était européenne et méritée par toute une vie de travaux... Il avait d'ailleurs une éducation classique, et pouvait lire couramment dans leur langue les auteurs grecs ; ce qui l'avait mis en état d'étudier à fond les ouvrages qui nous restent d'eux sur les mathématiques et l'astronomie. Malheureusement il manquait tout à fait de critique... Et, ce qu'il y a de singulier, ce manque de justesse, car certainement je ne veux pas dire de justice, résultait en partie de sa modération et de sa tranquillité d'âme, qui lui faisait prendre une sorte de moyenne arithmétique entre les esprits, comme il était habitué à la prendre entre les observations qu'il employait. Aussi n'éprouvait-il aucun embarras dans ses jugements et il en trouvait le travail très facile. »

FOURIER (Joseph) ^

Secrétaire pour les mathématiques de 1822 à 1833, Fourîer n'a donné que cinq éloges, aux Mémoires de l'Académie.

La critique de Biot s'exerce encore sur Fourier. 11

n'aimait pas non plus Arago, sur lequel il n'a rien écrit.

« Delambre fut remplacé au secrétariat par Fourier. Autant le premier avait de bonhomie et de simplicité, autant le second de finesse et d'agrément. La douceur de son commerce, Télégance de sa conversation, la variété des événements et des hommes qu'il avait vus, tout cela ornait si bien son talent de géomètre qu'il n'est pas encore aujourd'hui facile, ou prudent, de définir sa spécialité, sous ce rapport, après les brillants éloges littéraires qui ont été inspirés par la séduction de son souvenir.

Lorsque Fourier arriva au secrétariat de TAcadémie des sciences, sa santé qui n'avait jamais été bien forte, était devenue si chancelante, qu^elle exigeait les derniers ménagements. On ne pouvait s'attendre, et personne n'aurait voulu, qu'il en sacrifiât les restes à la partie pour ainsi dire matérielle de ses fonctions. Aussi obtint-il facilement de ne pas dépouiller par luimême les travaux annuels.

Ce manque d'identification avec les travaux spéciaux des hommes de son temps, résultant de n'avoir pas assez vécu avec eux, se fait sentir dans les éloges historiques écrits par Fourier, surtout lorsqu'ils s'appliquent à des savants d'un ordre supérieur. »

Aucun secrétariat académique n'a été plus populaire que celui d'Arago de 1822 à 18o3. Ses notices biogra-

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