BICHAT (XAVIER
Thoircttc en Bresse, 1771; Paris, 1802. — Anatomiste et physiologiste. Elève du chirurgien Dussault auquel il succède à THôtel- Dieu. Meurt trop jeune pour être entré à TAcadémie des Sciences. — Hue parisienne. Hôpital Bichat. Statues à THôtel-Dieu et à l'Ecole de médecine.
A créé l'histologie, c'est-à-dire l'étude profonde des tissus vivants ; il a, par suite, créé aussi la biologie.
Traité des membranes. — Recherches physiologiques sur lu vie et sur la mort. — Anatomie générale.
Tous ceux qui, avant lui, ont étudié l'homme physique, se sont bornés à des descriptions générales. Ils ont vu des organes et ils n'ont pas poussé plus loin leurs recherches. Bichat va creuser plus profondément ; il va pénétrer dans la constitution intime de ces organes, séparer les divers tissus qui les composent, et montrer comment de leur réunion résultent des actions générales très compliquées. C'est une grande et belle idée que celle d'analyser les instruments de la vie dans les matériaux de leur construction, de les réduire à leurs derniers éléments, jusqu'à ce qu'on puisse dire comme le chimiste, après la décomposition des corps mixtes : il n'y a rien au delà. Cette idée mère, enfantée par Bordeu, a été fécondée et singulièrement étendue par Bichat ; il Ta saisie avec enthousiasme, et en a tiré VAnafomie générale^ production immortelle, dont le plan était beau sans doute, mais dont l'exécution était bien plus étonnante. Là se trouvent placés à leur véritable rang tous les phénomènes de l'économie vivante; là, se trouvent jugées
les longues disputes qui agitaient auparavant les <?coles ; là, se montre, à chaque page, Tœuvre du génie.
Un nombre déterminé de tissus ou systèmes élémentaires compose le corps humain. Chacun d'eux présente des formes diverses suivant sa destination ; chacun possède différents degrés de vitalité, et se développe d'une manière particulière. Les uns entrent dans la composition de tous les organes, et établissent des rapports entre les parties les plus éloignées. Les autres, isolés dans la position qu'ils occupent, sont circonscrits dans des limites bien plus étroites ; mais, malgré leur isolement, ils participent aux impressions générales et forment les points d'appui essentiels à la conservation du tout et à l'harmonie de l'ensemble. En vain voudrait-on ne voir, dans cette division, que des différences artificielles ; ce n'est pas l'art, c'est la nature elle-même qui a établi, dans les éléments organisés, les caractères qui les distinguent. C'est elle qui a donné à chacune une forme, une organisation, des propriétés différentes. Ici, la matière organisée s'allonge en fibres déliées qui s'assemblent en faisceaux ; là, elle s'aplatit en membranes. Plus loin, vous voyez des cylindres et des conduits ; ailleurs ce sont des fils presque imperceptibles. Certains organes vous présenteront une matière dure et compacte ; d'autres, une substance molle et pulpeuse. Vous verrez des fibres dans les muscles, des lames dans les membranes, des granulations dans les glandes. Chaque élément anatomique isolé diffère essentiellement de ceux qui ne sont pas destinés aux mêmes usages ; et ce n'est là cependant qu'une difl"érence accessoire ; elle ne tient qu'à la superficie des objets. Que serait-ce si nous pouvions descendre jusqu^à
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