MILNE EDWARDS
c'est qu'il le met constamment en saillie et s'en sert pour éclairer les autres points de la question. C'est par là qu'il a mérité d'être reconnu pour un chef d'école et qu'il s'est assuré une place à côté de ses plus illustres prédécesseurs.
Associé d'abord avec Victor Audouin, on le voit, dès 1826, commencer sur les côtes de France ces campagnes zoologiques qui devaient ôtre si fécondes en résultats. Les deux amis, accompagnés de leurs jeunes femmes qui les suivaient dans toutes leurs courses et les aidaient dans leurs travaux, s'étaient installés dans le petit archipel de Chausey... Ils en revinrent les mains pleines, et Tun de leurs mémoires, les Recherches anaiomiques et physiologiques sur la circulation dans les Crustacés^ obtint en 1828 le prix de physiologie décerné par TAcadémie des sciences...
Ainsi la zoologie et la physiologie, si longtemps regardées comme deux sciences distinctes, cherchent mutuellement à se rapprocher. La zoologie physiologique, qui leur sert de lien, a grandi rapidement à la faveur de cette double tendance, et Milne Edwards en est resté le chef universellement reconnu.
De Qcatrefages. [Discours aitx obsèques
de H, Milne Edwards.)
Le jour où il dut renoncer aux investigations délicates, il entreprenait une œuvre immense, colossale : Les leçons sur la Physiologie et fAnatomie comparée de f homme et des animaux. Traçant avec un talent consommé, avec une supériorité magistrale le tableau de la science, tel qu'il pouvait ôtre présenté d'après Ten-
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semblé des notions acquises, il a pris soin de mettre en relief, sur chaque sujet, la valeur des différentes opinions et de n'omettre en aucun cas de citer toutes les sources... M. Milne Edwards a eu la satisfaction d'achever ce gigantesque travail ; — il avait plus de quatrevingts ans ; — alors ses confrères, ses élèves, ses admirateurs de tous les pays saluèrent l'accomplissement de son vaste Ouvrage.
D'une complexion délicate, M. Milne Edwards, pendant des années, sans cesse en lutte avec la maladie, plusieurs fois paraissant sur le point de succomber, se relevait tout à coup comme si la pensée de l'étude l'eût ranimé. Il semblait que rien ne pût Tabattre ; à sa faiblesse physique s'opposait une incomparable énergie, et cette énergie accroissait dans des proportions singulières, les forces que la nature lui avait si parcimonieusement accordées. Tous ceux qui l'ont connu en restent frappés : M. Milne Edwards meurt à Tâge de près de quatre-vingt-cinq ans.
E. Blanchard. {Discours aux obsèques de H. Mi/ne Edwards,]