AGASSIZ
AQAS8IZ (LOUIS)
Motiers (Fribourg), 1807 ; Cambridge (Boston), 1873. — Naturaliste, philosophe et professeur suisse. Â étudié à Lausanne, Zurich, Heidelberg et Munich. Professeur de zoologie à Neufchatcl puis aux Etats-Unis k Cambridge. A exploré le Brésil. A refusé une chaire à Paris.
Célèbre par ses travaux sur les glaciers. 11 admet plusieurs créations successives ; suivant lui, la classification est un édifice immuable, la recherche de la méthode naturelle est le but do la science.
Recherches sur les poissons fossiles. — Histoires des poissons d'eau douce de l'Europe centrale. — Etudes critiques sur les mollusques fossiles. — Etudes sur les glaciers* — Principes de zoologie. — Voyage au Brésil. — De l'espèce et de la classification en zoologie.
Les travaux de M. Âgassiz sur les glaciers auraient suffi à rillustrer : ils ne sont pourtant qu'un de ses litres à la célébrité. Tandis que la vie entière d'un homme suffit à peine aujourd'hui pour approfondir quelques points particuliers des sciences zoologiques, il n'est dans cet ordre d'étude aucun grand problème que les investigations de M. Agassiz n'aient touché. Il ne s'est pas contenté d'étudier les animaux aujourd'hui vivants; il a écrit sur les animaux fossiles des ouvrages considérables, qui sont de véritables monuments scientifiques. De la comparaison entre la faune vivante et les faunes éteintes, il a su tirer des conclusions aussi neuves que profondes relativement à la succession des formes organiques sur la terre. Son activité intellectuelle a tout embrassé : il s'est associé avec ardeur au mouvement de la zoologie moderne, qui poursuit la solution de problèmes tout nouveaux dans l'étude si longtemps négligée des animaux inférieurs et
de Tembryogénie comparée. Il n'a abordé aucune question sans Téclairer d'une vive lumière ; ses travaux innombrables ont été publiés et traduits en Suisse, en Allemagne, en France, en Angleterre, en Amérique, répandus dans une foule de livres, de recueils, dans de nombreuses et actives correspondances.
A. Lalgel. (Revue des deux mondes.^^
L*hiver de 1840 fut employé à préparer la publication des « Etudes sur les glaciers » qui parurent avant la fin de Tannée, accompagnées d'un atlas de trente-deux planches. Le texte contient d'abord un résumé historique de tout ce qui avait été fait jusque là dans ce domaine, puis un exposé des observations d'Agassiz et de ses compagnons sur les glaciers des Alpes. Leur structure, leur aspect extérieur, leurs aiguilles, leurs tables, leurs blocs, leurs cônes graveleux, leurs fissures et leurs crevasses, ainsi que leurs mouvements, leur mode déformation et leur température intérieure^ tous ces sujets y sont successivement traités. Mais les chapitres les plus caractéristiques du point de vue de l'auteur et les plus nouveaux pour les lecteurs étaient les derniers, traitant de l'ancienne extension des glaciers de la Suisse et décrivant ces temps passés où une nappe de glace immense et non interrompue couvrait tout l'hémisphère nord. Personne jusqu'alors n'avait tiré d'aussi vastes conclusions des phénomènes locaux, observés dans les vallées des Alpes.
Sur sa tombe, simple monument, s'élève un bloc de granit du glacier de l'Aar, choisi au lieu même où se trouvait sa cabane, et ombragé par de hauts sapins