‹ Les savants modernes: leur vie it leurs travaux d'après les documents académiques choisis et abrégésChapitre 138 sur 139 · QUATREFAGES · texte numérisé non relu

QUATREFAGES

sey, Saint- Vast-la-IIougue, Tîle de Bréhat, les côtes de la Sicile, la Rochelle, furent successivement visités par lui ; ce sont ces voyages qui lui fournirent les matériaux de ses Souvenirs d'un nationaliste.

Dans ses travaux de zoologie les plus spéciaux en apparence, le philosophe est toujours à côté du naturaliste; au moment oïl l'anthropologiste va naître, le philosophe se dégage un instant, embrasse d'un regard la carrière du zoologiste, se recueille, comme un général, à la veille d'une bataille, fait le dénombrement de ses forces, et c'est seulement après avoirextrait du bagage du naturaliste tout ce qui pouvait être utile à Tanthropologiste, après lui avoir même tracé sa route, qu'il s'embarque avec lui pour de nouvelles conquêtes.

E. Perrier. [M, de QuaXrefages,)

Il lui est démontré par des considérations uniquement scientifiques, qu'il n'existe qu'une seule espèce d'Homme et que les divers groupes humains, quelque différents qu'ils se montrent, ne sont que des variétés héréditaires, des races de cette espèce.

L'enseignement de M. de Quatrefages est donc dès le premier jour mo/îo^em^^e. Le professeur se fait d'ailleurs une loi absolue de ne jamais toucher aux considérations dogmatiques ou philosophiques, trop souvent mêlées aux questions de science pure...

L'étude des questions générales soulève des problèmes particulièrement difficiles, origine et ancienneté de l'espèce, cantonnement primitif, peuplement du globe par migrations terrestres ou marines, acclimatement,

etc. Pour les résoudre, le professeur invoque les faits relatifs aux autres êtres organisés, aux plantes comme aux animaux et n'accepte comme vraies que les solutions qui font rentrer THomme dans les lois communes à toute la création.

Nous le reverrons longtemps dans son grand cabinet plein de livres tout gonflés de signets que surchargeaient de petites notes, assis à sa table de travail, serré dans une robe de chambre brune et la tête coiffée d'un bonnet de velours. Son front largement étalé, ses yeux clairs regardant bien en face, ses lèvres finement découpées disaient son intelligence, sa franchise, sa bonté, et Tépais collier de barbe blanche qui encadrait Tovale du visage ajoutait à la physionomie quelque chose de patriarcal.

Hamy. (Vie et travaux de Af. de Quatre f âges.)

(Dans son cours d'anthropologie au Muséum) M. de Quatrefages, prenant pour seuls guides l'expérience et l'observation, appliqua à son enseignement la méthode des naturalistes et fit de ses leçons un admirable résumé do ce que l'on savait sur l'histoire naturelle de l'homme. Il a défendu, là, comme dans ses livres, la théorie de l'unité de Tespèce humaine en s'appuyant sur les raisons les plus hautes. Il était spiritualiste convaincu et c'est dans toute la sincérité de son esprit qu'il cherchait la vérité.

Non seulement il imprima une impulsion nouvelle à la science qu'il professait, mais encore on peut dire qu'il créa les belles collections d'anthropologie que le Muséum possède aujourd'hui.

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Je ne puis vous énumérer tous les travaux qui ont rendu célèbre notre illustre confrère, la liste en serait trop longue. Depuis son premier ouvrage sur les types inférieurs de rembranchement des jannelés jusqu'à sa dernière publication sur les races humaines, il a embrassé un nombre considérable d'études différentes, portant dans chacune- une méthode sûre et consciencieuse, la même vivacité d'intelligence ; il ne s'était pas cantonné dans une région étroite et toutes les sciences Tintéressaient... Aussi a-t-il été mêlé à toutes les grandes discussions scientifiques de son temps; partout et toujours il a mis en pratique cette belle pensée qui était la sienne : « Que la science doit élargir les intelligences et rapprocher les esprits et les cœurs. » Sa bonne foi parfaite, son aménité, sa déférence pour les opinions qu'il ne partageait pas, tout en le laissant un adversaire redoutable par sa grande science, faisaient de lui un polémiste dont Darwin a pu dire : « qu'il aimait mieux êtrecritiqué par M. de Quatrefages que loué par tout autre. »

M. de Quatrefages écrivait avec beaucoup d'élégance et de charme ; ses Souvenirs dun naturaliste, oh il raconte les longs séjours qu'il faisait au bord de TOcéan et de la Méditerranée pour y étudier les animaux inférieurs, ont été dans toutes les mains et les beaux travaux qu'il a publiés sur la nature et Torigine de l'homme montrent, dans le meilleur des langages, toute l'élévation et toute Tampleur de son esprit.

A. MiLNE Edwards. (Discours prononcé aux obsèques de M. de Quatrefages).

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