Voir plus loin Texposé de M. Jamin, à propos d'Arago
2 . Courbe célèbre, la même que décrit un clou de la roue d'une voiture.
UUYGUE^S 55
Un pendule inflexible, suspendu à un point fixe et mû dans un plan, ne peut décrire qu'un arc de cercle vertical ; mais si Ton suppose que la partie supérieure du pendule soit un fil flexible, et que dans ses vibrations le fil s'enveloppe sur une courbe convexe, ce ne sera plus un cercle que décrira Textrémité du pendule mais une autre courbe. Ainsi le problème se réduit à chercher la courbe, sur laquelle il faut que le fil s'applique et se développe alternativement pour que le pendule décrive une courbe donnée.
Huyghens trouva que cette courbe cherchée devait passer par tous les points de concours de deux perpendiculaires élevés sur deux points infiniment proches de la courbe décrite par le pendule; et il donna la méthode de trouver ce point de concours. Dans le problème particulier qu'il envisage, la courbe décrite est une cycloïde, et la développée est aussi une cycloïde égale ; de manière que si le fil s'enveloppe et se développe sur la convexité d'un arc dont l'origine est à la base de la cycloïde, la partie inférieure du pendule décrira un arc dont le point le plus bas est le sommet d'une cycloïde égale
Quelques difficultés de pratique ont fait abandonner les oscillations dans les arcs cycloïdaux : on y a substitué de petits arcs de cercle, et on l'a pu faire sans nuire à l'exactitude. En efl'et, il suit de la théorie d'Huyghens que l'arc cycloïdal, pris vers le point le plus bas, s'écarte très peu d'un arc de cercle ayant pour rayon celui de la développée ; ainsi c'est toujours à Huyghens que l'on doit l'uniformité du mouvement dans les horloges à pendules.
L'isochronisme du pendule ne pouvait servir pour
les horloges, deslinc^os comme les montres, à souffrir toutes sortes de situations. Huyghens remédia à cet inconvénient, en substituant au pendule un ressort spiral dont il prouva que les vibrations seraient également isochrones.
On voit combien Tart de Thorlogerie, pour ^tre porté à un certain degré d'exactitude, demandait de découvertes dans la géométrie et dans la mécanique. Le génie d'Iluyghens suffit à tout ; et cet exemple frappant doit fermer la bouche à ceux qui, ne connaissant ni les sciences ni leur histoire, se plaisent à répéter que les grandes découvertes dans les arts utiles sont dues au hasard. Condokcet.
Aimable, spirituel, de figure agréable, adroit à tous les exercices du corps, aussi curieux de l'étude qu'ardent au plaisir et salué du nom de jeune Archimède, Huyghens vint a Paris dans tout l'éclat d'une jeunesse déjà illustre, sans autre ambition que de polir son esprit et d'étendre ses idées par la société des honnêtes gens et le commerce des plus habiles.
Huyghens... trouva en France une seconde patrie. Inscrit le premier sur la liste de l'Académie des Sciences, il en fit rornemenl et la gloire jusqu'à la révocalion do l'Kdit de Nantes. Résistant alors à toutes les in>tanoos et refusant la tolérance exceptionnelle qu'un lui eût volontiei*s acconlée. il retourna en Hollande où il mourut dix ansapriV. épui>é de forces et engourdi i\ Vùgo de soi\ante->ix an>, par la vieillesse prématurée de ro>prit et du corps.
l\»ulc> lc> leux re> dllux i;ben> font paraître la lueur et
HCYGHENS 57
souvent rëclatde son génie; aucune n'est de médiocre importance. En mécanique, en géométrie, en physique, il a des égaux ; il ne peut avoir de supérieurs. Deux de ses écrits surtout, le Traité sur le pendule et la Théorie de la lumière, vivront éternellement parmi les cbefs-d 'œuvre de Tesprit humain.
Placé par sa date entre les dialogues de Galilée sur le mouvement et le livre des Principes de Newton, VHorologium oscillatorium d'Huyghens s'appuie sur les premiers et a servi évidemment avec ses théorèmes sur la force centrifuge à la préparation du second. C'est dans ces trois chefs-d'œuvre que Ton peut trouver sans chercher ailleurs, la base ferme et solide de la science du mouvement...
L'expérience avait appris à Galilée Tisochronisme des petites oscillations du pendule, c'est-à-dire l'égale durée des oscillations plus ou moins amples d'un pendule de longueur donnée. Mais cette égalité n'est qu'approchée et les petites oscillations, l'expérience l'a démontré, s'accomplissent plus rapidement que les plus amples. Huyghens, préoccupé des applications à l'horlogerie, chercha d'abord à former un pendule rigoureusement isochrone. Dans la solution de ce beau problème, où les principes physiques étaient à créer aussi bien que les méthodes géométriques, Huyghens, comme en passant et en guise de lemme, révèle la théorie des développées, exemple et modèle entièrement nouveau de l'étude générale des courbes.
Si Y Horologium oscillatorium est la plus accomplie des œuvres d'Huyghens, le Traité sur la lumière montre peut-être un plus étonnant génie. La voie ouverte
par Galilée devait être suivie, et si Huyghens avait été refusé à la science, les progr&s de la dynamique retardés pour un temps n'auraient pas manqué, cela parait certain, de se produire assez rapidement sous une forme (équivalente... Le Traité sur la lumière tt^i% au contraire enti6renieDt original. Pendant un siècle et demi, les principes aujourd'hui indubitables en sont rejetés comme obscurs et sans fondement. Plusieurs générations successives, en reléguant ce petit chef-d'œuvre parmi les chimères d'un grand esprit, ne lui accordent pusd'autre attention qu'aux conjectures sur la cause de la pesanteur. C'est là pourtant peut-être sa plus admirable conception. Huygliens s'y montre non seulement le pn^cui-scur, mais le seul guide et le maître de Thomas Yung, ot la théorie triomphante de Fresnel devait lui omprunicr. avec ses premiers principes, quelques-uns de ses plus clairs rayons.
Ci'sl avtn: une lunette fabriquée par lui-même qu'il H diVouvert l'anneau el l'un dos satellites de Saturne. J, Bkhvranp L'Académie dfs Sciences.. .)