‹ Les savants modernes: leur vie it leurs travaux d'après les documents académiques choisis et abrégésChapitre 35 sur 139 · HERSCHEL (WILLIAM · texte numérisé non relu

HERSCHEL (WILLIAM

Hanovre, 1738; Slough (près Windsor), 1822. — Aslronome allemand, naturalisé anglais. Fut d'abord organiste dans sa seconde patrie, fabricant d'instruments d'optique, puis astronome, membre de la Société royale, directeur d'observatoire.

A découvert avec son grand télescope la planète Uranus, ses satellites et ceux de Saturne ; a créé l'astronomie stellaire, etc.

Mémoires nombreux dans les Transactions philosophiques de la Société royale de Londres.

William Hcrschel a été aidé par sa sœur Caroline, qui a découvert personnellement plusieurs comètes. — Il a eu un fils John, célèbre astronome aussi. Ce second Herschel a observé au Cap de Bonne-Espérance, étudié les étoiles doubles et l'action chimique des rayons du spectre solaire ; il s'est aussi occupé de philosophie scientifique. Il a laissé un Traité d'Astronomie, plusieurs lois traduit, un Discours sur la philosophie naturelle et un Manuel de la recherche scientifique.

On ignorait encore, avant la fin du siècle dernier, qu'il existe une planète immense au-delà deTorbitede Saturne ; cette découverte devait être le fruit des travaux d'Herschel. Il poursuivait avec constance l'entreprise qu'il avait formée d'examiner successivement les diverses régions du ciel, et d'y signaler tous les phénomènes remarquables. Le 13 mars 1781, il observait à Bath, avec un de ses meilleurs télescopes, lorsqu'il remarqua dans la constellation des Gémeaux un astre dont la lumière lui parut très différente de celle des étoiles voisines, et comparable à celle de Saturne, mais beaucoup plus faible. La perfection de l'instrument lui permit de voir un disque bien terminé. Ayant continué ses observations, il reconnut que cet astre avait changé de place, quoique son mouvement par rapport aux étoiles fût alors très lent ; car il avait été

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stationnaire douze jours auparavant... Bientôt on ne douta plus que Tastre d'Herschel ne fût une nouvelle planète, et toutes les observations ultérieures ont vérifié cette conséquence inattendue. On eut alors un témoignage frappant de la perfection des théories modernes : car on put déterminer les lois du mouvement de cet astre avant qu'il n'eût achevé la dixième partie de son cours, et ce mouvement ne fut pas connu avec moins de précision que celui des autres planètes observées depuis tant de siècles.

Il voit des astres nouveaux aux extrémités du monde planétaire, dont il a pour nous doublé Tétendue.

Il contemple d'innombrables phénomènes dans les régions où l'œil de l'homme n'avait point encore pénétré; il étudie la nature du soleil, divise ses rayons, en mesure la clarté, sépare la lumière de la chaleur ; il voit les effets de la gravitation dans toutes les profondeurs de l'espace. Il n'a été donné à aucun homme de faire connaître aux autres un aussi grand nombre d'astres nouveaux. Tout ce que l'univers a d'immense et d'impérissable, est l'objet habituel de ses pensées.

FOURIER

... Quel autre eût aperçu les deux satellites intérieurs de Saturne, et les eût distingués de cet anneau lumineux, dont ils s'écartent si rarement et si peu?... M. Herschel apercevait sur cet anneau des protubérances, dont le mouvement ne peut s'expliquer que par une rotation de dix heures trente-deux minutes ; il fixait le temps que Saturne lui-même emploie à tourner sur son axe ; il découvrait à Uranus six satellites,

il calculait la position de leurs orbites ; et pour que tout fût nouveau dans cette découverte, déjà si remarquable, ces orbites font un angle presque droit avec Técliptique ; phénomène auquel nul autre ne ressemble dans notre système solaire, où toutes les révolutions annuelles s'accomplissent dans des plans peu différents de celui de Técliptique. Ses divers télescopes, promenés dans toute l'étendue du ciel, lui montraient des spectacles aussi nouveaux qu'intéressants; des étoiles de diverses couleurs, doubles, triples ou quadruples, réunies en groupe, en amas, en grappe. Les nébuleuses se résolvaient pour lui en étoiles entassées les unes près des autres par milliers ; il les distinguait des nébuleuses proprement dites, où il ne démêlait aucune éloile, ou seulement une étoile assez brillante qui en occupe le centre, tandis que le reste ne paraît que comme un nuage léger, qui n'a de consistance que ce qu'il en faut pour renvoyer une lumière imperceptible pour tout autre que pour lui.

Del AMBRE. {Rapport historique sur tes progrès des sciences mathématiques,)

William Herschel mourut sans douleur le 23 août 1822» à^'^é de quatre-vingt-trois ans. La fortune, la ffloire n'altérèrent jamais chez lui le fond de candeur onfanlîne dont la nature Tavait doté. Il conserva jusqu'aux derniers moments, toute sa lucidité d'esprit, toute sa vigueur d'intelligence.

1 ^, 1*^ janvier 1840, sir John Herschel fils, sa femme, leurs enfants au nombre de sept, et quelques anciens <orviteursde la famille, se réunirent àSlough. A midi

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précis, l'assemblée fit plusieurs fois processionnellement le tour du monument ; ensuite elle s'introduisit dans le tube du télescope, se plaça sur des banquettes préparées d'avance pour la recevoir, et entonna un Requiem en vers anglais, composé par sir John Herschel lui-même. Après sa sortie, l'illustre famille se rangea en cercle autour du tuyau, et l'ouverture fut scellée hermétiquement. La journée se termina par une fête intime.

ÂRAGO. {Biographie des principaux astronomes,)

il8 LES MATHÉMATICIENS ET LES ASTRONOMES

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