PONCELET (VICTOR
Metz, 1788 ; Paris, 1867. — Géomètre. D'abord élève aux Écoles polytechnique et de Metz, reste trois ans prisonnier en Russie. Professeur à l'École polytechnique, à la Sorbonne, au Collège de France. Général. Député. Président de la Commission de l'Exposition de Londfes. Rude polémiste.
Travaux de géométrie pure dite moderne ou supérieure et de mécanique pratique. Art de l'ingénieur. Enseignement aux ouvriers.
Traité des propriétés projectives des figures. — Applications d*anaiyse et de géométrie- — Coui*s de mécanique appliquée aux machines. — Traité de mécanique industrielle. — Mémoires sur les centres des moyennes harmoniques et sur les polaires réciproques.
A Krasnoë, Poncelet fut fait prisonnier avec une division trahie par la fortune. Presque entièrement dépouillé de ses vêtements, au milieu d'un hiver qui faisait encore plus de victimes que les combats, il fut transféré et laissé comme captif à Saratov, sur les bords du Volga, à neuf cents lieues de sa patrie.
Seul, sans amis pour le consoler, sans livres pour le distraire, au lieu de s'abandonner au découragement, il se rappela ses premières études polytechniques. Le souvenir des belles théories de Monge sourit à son imagination ; il revint aux conceptions de la géométrie supérieure. De nouveaux sentiers s'offrirent à lui ; il s'y lança et, cessant d'être élève, il se sentit maître. Dès ce moment, la France acquit, chose rare en tout temps, un géomètre de plus.
Il découvrit ces ingénieuses propriétés projectives des figures continues et celles que lui présentèrent les centres des moyennes harmoniques...
Il développa ses moyens ingénieux d'appliquer le calcul des forces vives à l'évaluation du travail des machines, et pour les travaux publics et pour l'industrie en général...
Afin d'appliquer sa théorie, M. Poncelet prit pour exemple un difficile problème, celui des roues verticales employées à transmettre la force de leau dans une foule d'usines, recevant cette eau dans leurs aubes
encaissées qui la descendent par son poids jusqu'au moment de la libre sortie. Auparavant, cette sortie s'accomplissait sans que la force accumulée fût en entier transmise à la roue, et c'était une perte énorme. M. Poncelet découvrit et démontra quelle forme il fallait donner au contour des aubes pour que rien ne fût perdu ; cela doubla presque l'économie de la puissance hydraulique. La France, l'Allemagne, l'Italie, l'Angleterre même s'empressèrent d'adopter l'ingénieux perfectionnement qui prit le nom populaire de Roues à la Poncelet,
Ch. Du PIN. {Discours atix obsèques du général Poncelet.)
Les analystes, comme les nommait Poncelet, continuaient à préconiser leurs sublimes et fécondes méthodes, dernier mot pour eux de l'esprit mathématique ; la géométrie des anciens était de moins en moins connue et goûtée. Dans cette mine épuisée et ouverte de toutes parts, on ne voyait plus rien à chercher ni à trouver et, digne encore peut-être de la curiosité des géomètres, elle ne Tétait plus de leurs
efforts.
Le flambeau dont Poncelet venait ranimer l'éclat