‹ Les savants modernes: leur vie it leurs travaux d'après les documents académiques choisis et abrégésChapitre 59 sur 139 · COULOMB (AUGUSTIN DE · texte numérisé non relu

COULOMB (AUGUSTIN DE

AngoiilOme, 1736; Paris, 1800. — Physicien. Entré dans Parme du Génie, il resta neuf ans à la Martinique où il étudia la mécanique des constructions. Ensuite, intendant des eaux et fontaines de France, conservateur des plans et reliefs, il démissionna a la Révolution et se retira à Blois avec Borda. Fit partie de l'Institut, à sa création.

A fait connaître les lois du frottement. A introduit le calcul elles mesures dans l'étude de réloctrité : sa balance électrique. — On a appelé un coulomb la quantité d'électricité que débite en une seconde un r*ourant d'un ampère d'intensité.

Mémoire sur la statique des voûtes. — Théorie des machines simples. — Recherches sur la fabrication des aiguilles aimantées. — Recherches sur les moyens d'exécuter sous l'eau toute espèce de travaux. — Mémoires sur Vélectricité et le magnétisme^ réédités par la Société de physique, 1 vol., 1889.

Une occasion délicate fit éclater la pureté de son caractère et son inaltérable probité. Un projet de canaux de navigation fut présenté aux Etats de Bretagne ; il fallut en discuter la possibilité et les avantages. Le ministre de la marine nomma Coulomb commissaire du roi près des Etats pour procéder à cette vérification. Coulomb, transporté sur les lieux, ne tarda pas à reconnaître que les avantages présumés du projet seraient bien loin de compenser les frais énormes qu'entraînerait l'exécution. Il le combattit avec force, et, malgré Tinfluence d*un parti puissant, son opinion prévalut. Ce service important lui valut d'être desservi près du ministre de la guerre, et la récompense fut la détention à l'Abbaye, sous le frivole prétexte qu'en acceptant cette commission honorable, il n'avait pas demandé l'agrément de son supérieur immédiat, le ministre

de la guerre. Coulomb, blessé de cette injustice, donna sa démission quW ne voulut pas accepter. Il eut ordre de retourner en Bretagne pour le même objet ; il y porta la même fermeté, la même intégrité ; enfin, les Etats, éclairés sur leurs véritables intérêts, reconnurent leur erreur, firent à Coulomb des offres brillantes qu'il refusa, et obtinrent seulement de lui qu'il acceptât un bijou aux armes de la province. C'était une excellente montre à secondes dont il se servit dans ]a suite, pour toutes ses expériences. Jamais présent ne fut mieux choisi, ni plus employé.

BiOT. [Mélanges scientifiques et littéraires.)

Les expériences de Coulomb sur le frottement sont importantes.

« On le voit d'abord attentif à interroger la nature, à saisir et bien constater quelque fait important, chercher ensuite dans la mécanique rationnelle les formules les plus propres à lier les faits isolés; consulter de nouveau Texpérience et la varier de toutes les manières propres à faire ressortir et à déterminer les constantes et les quantités qui peuvent varier suivant la nature des substances qu'il soumettait à l'expérience. »

Coulomb a découvert les lois de Tattraction électrique.

« Dès les premiers pas, Coulomb sentit le besoin d'un instrument nouveau. Les attractions, soit électriques, soit magnétiques, si vives près du contact, languissent ou cessent entièrement à des distances médiocres. Pour en avoir la mesure exacte, il fallait leur opposer une force connue dont elles pussent aisément triompher, un corps léger auquel le moindre effort fût

Page 1