‹ Les savants modernes: leur vie it leurs travaux d'après les documents académiques choisis et abrégésChapitre 62 sur 139 · LAVOISIER · texte numérisé non relu

LAVOISIER

nature. La combustion des corps, la respiration des animaux, la fermentation des matières organiques, c'est lui qui nous en a révélé les lois et dévoilé les mystères.

Les hommes ne lui ont élevé aucun monument de bronze ou de marbre, mais il s'en est érigé lui-même un moins périssable : c'est la Chimie tout entière. Comme il domine, comme il maîtrise encore cette science ! Ne voyez-vous pas son ombre planer sur elle ? Ne la voyez-vous pas grandir, s'élever sans cesse, comme si chacun de nos efforts, chacune de nos découvertes continuant son œuvre, devait tourner au profit de sa gloire ?

J.-B. Dumas. [Philosophie chimique.)

« Si le progrès insensible du temps finit par tout éclaircir, il n'en est pas moins certain qu'un homme, tel que Newton ou Lavoisier, peut le devancer et épargner à l'humanité le travail indécis et sans guide de plusieurs générations : les conceptions qui ont fondé la chimie moderne sont dues à un seul homme, Lavoisier.

Lavoisier a formé dans les méditations solitaires de son laboratoire le projet d'une entreprise, dont il apercevait dès l'origine le caractère et Tétendue, — nous pouvons citer à cet égard des pages datées et écrites de sa main en 1772, dans ses registres d'expérience, — et il a réalisé son entreprise avec une persévérance, un enchaînement, une méthode, une logique invincibles, en utilisant à mesure dans la poursuite de son plan général les faits déjà connus et les découvertes particulières, qui faisaient chaque

jour un ensemble d'hommes de génie, ses contemporains, aussi habiles expérimentateurs que lui et plus originaux peut-être dans le détail, mais dont Tesprit était moins puissant. Aucun, en effet, n'avait osé se soustraire aux préjugés des doctrines régnantes alors et que Lavoisier a renversées ; aucun ne s'était élevé aux vues d'ensemble, qui ont fait la grandeur de son œuvre et amené dans la philosophie naturelle un progrès aussi capital. Le caractère de l'œuvre de Lavoisier, à cet égard, rappelle celle de Newton, qui, sans être lui-môme un grand observateur en astronomie, a su tirer un parti admirable des mesures accumulées par ses prédécesseurs et ses contemporains, pour en conclure les lois générales du système du monde. »

La décomposition de Tair et de Teau sont les découvertes capitales de Lavoisier.

a A la Saint-Martin, le H novembre 1774, il expose ses nouvelles recherches et ses conclusions dans un Mémoire lu à l'Académie.

Reprenant les mêmes faits, avec plus de détail et de précision, il en tire cette conclusion nette, hardie, et que personne n'avait osé jusque-là mettre en avant: « L'air est un mélange de deux gaz différents : l'air « vital qu'il nomma plus tard oxygène, et la moffette u ou azote aiom qui semble dû à Guyton de Morveau) : u mai^ le phlogistique n'a rien à voir dans sa composite tion. » Ce sont ces affirmations qui constituent sa découverte.

I^oiu d\Mre accueillie avec empressement, elle excita tout d al^ord un toile général. L'indignation fut telle

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