‹ Les savants modernes: leur vie it leurs travaux d'après les documents académiques choisis et abrégésChapitre 63 sur 139 · LAV018IER · texte numérisé non relu

LAV018IER

parmi les partisans du phlogistique que Lavoisier fut, dit-on, brûlé en effigie à Berlin par dérision, comme un hérétique de la science.

Mais les faits étaient patents et la doctrine de la composition de Tair ne larda pas à être acceptée par tout le monde, sauf à lâcher de la concilier avec la théorie du phlogistique, que ses partisans n'abandonnaient point.

Cependant Lavoisier multipliait les preuves.

Non, seulement il fait la synthèse de l'air ordinaire en mélangeant à la moffelle Tair vital absorbé dans la calcination du mercure, puis régénéré ; mais il montre que le gaz produit par l'oxyde du mercure et le charbon est de l'air fixé, qui prend dès lors le nom d acide carbonique, air identique au gaz des autres réductions métalliques, et il établit par là un autre fait fondamental, à savoir la composition même de cet air fixé. Enfin il assigne les rapports de poids suivant lesquels l'oxygène et le charbon s'unissent ; rapports presque identiques à ceux que nous admettons aujourd'hui.

Ces expériences étaient décisives par le jour qu'elles jetaient sur la combustion, ainsi que sur la constitution des combustibles et des matières végétales.

Le 2i juin 1783, il répéta la combustion de l'hydrogène par Toxygène pur: il obtint à son tour une notable quantité d'eau pure, sans aucun autre produit, et il conclut des conditions où il avait opéré que le poids de l'eau formée ne pouvait pas ne pas être égal à celui des deux gaz qui l'avaient formée. L'expérience fut faite devant plusieurs savants, parmi lesquels Blagden, membre de la Société royale de Londres, qui rappela,

à cette occasion, les observations de Cavendish. Le 2S juin, Lavoisier publia ces résultats, qui sont consignés à cette date dans les registres des séances de l'Académie des Sciences...

C'est, je crois, la première date certaine de publication, c'est-à-dire constatée par des documents authentiques, dans l'histoire de la découverte de Teau : découverte qui a suscité en raison de son importance les discussions les plus vives.

En môme temps qu'il répétait ces expériences, Lavoisier en conclut, ce que personne n'osait dire officiellement, que Teau n'est pas un élément ; mais qu'elle est composée d'air vital et d'air inflammable^ c'est-àdire d'oxygène et d'hydrogène. Il ne donna pas dès le début la démonstration expérimentale complète, celle de la permanence du poids des deux composants dans le composé.

C'est à Monge qu'est due cette démonstration, communiquée en son nom quelques jours après par Vandermonde à TAcadémie...

Cependant, suivant son usage, Lavoisier accumule les preuves de la vérité nouvelle et il en tire en même temps des conséquences qui donnent à sa doctrine une extension plus grande. Les ordres de phénomènes qu'il, aborda aussitôt pour les expliquer sont la formation de l'eau dans la réduction des oxydes métalliques par rhydrogone, ainsi que dans la combustion des matières organiques. Si l'on ajoute que dans cette combustion, il se forme de l'acide carbonique, on comprendra comment l'analyse élémentaire des matières organiques fut ainsi démontrée pour la première fois et la nature de la fermentation alcoolique éclaircie. Lavoisier d'au-

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tre part, complétant la synthèse par l'analyse, démontra la décomposition de l'eau par les métaux, soit seuls,

soit avec le concours des acides. »

Berthelot.

En plaçant un moineau vivant dans une quantité limitée d'air dont il connaissait exactement la composition et en analysant ensuite ce fluide, Lavoisier constata que, par les ejffets de la respiration, Toxygène y diminue peu à peu, que l'animal tombe asphyxié lorsque la proportion de cet élément descend au-dessous d'une limite constante et qu'en rendant alors à cet air, devenu incapable d'entretenir la vie, une certaine quantité d'oxygène provenant d'une source quelconque, on peut y faire revivre l'animal mort en apparence.

C'est donc, disait Lavoisier, Toxygt^ne qui, dans l'acte de la respiration, entretient la vie dos animaux... La respiration était donc une sorte de combustion lente et obscure, analogue à la combustion brillante du charbon qui brûle rapidement dans un foyer ou à ceflle de la cire qui alimente la flamme d'une bougie. Le combustible employé dans le travail respiratoire devait être fourni par l'organisme et c'était de l'oxydation de cette matière que provenait l'acide crayeux (U expiré.

Toute combustion vive, comme chacun le sait, donne lieu à un dégagement considérable de chaleur. Or les animaux sur lesquels Lavoisier avait expérimenté ont une température très élevée... en hiver aussi bien qu'en été. Ces êtres sont donc des producteurs de cha-

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