‹ Les savants modernes: leur vie it leurs travaux d'après les documents académiques choisis et abrégésChapitre 65 sur 139 · II. Milne-Edwaros · texte numérisé non relu

II. Milne-Edwaros

{Notice sur les travaux physiologiques de Lavoisier.)

Pour satisfaire à toutes les exigences de ses fonctions diverses, et pouvoir se consacrer aux recherches de laboratoire, Lavoisier avait apporté dans l'emploi de son temps, sa méthode habituelle. Il avait décidé de donner six heures par jour aux sciences, le matin de 6 heures à 9 heures, et le soir, après le dîner, de 7 heures à iO heures. Le reste de la journée était employé aux affaires de la ferme générale, de la régie des poudrés, aux séances de T Académie, aux commissions dont il faisait partie ; un jour de la semaine était enti^rement consacré aux expériences...

LAVOISIER 2tl

Le laboratoire de TArsenal était toujours un objet d'intérêt pour les savants qui le fréquentaient et y assistaient à des expériences inédites. Ils pouvaient y voir des appareils nouveaux, construits à grands frais par les ouvriers les plus habiles de Paris...

Il était animé d'un profond ^mour de Thumanité, d'un généreux élan de pitié pour les faibles : nous le verrons, dans toutes les circonstances, agiter les questions économiques dont la solution tend à assurer le bien-être du peuple...

Sa bonté était grande, bonté intelligente et non

bienveillance banale. Il était toujours prêt à servir de

sa bourse et de son influence ceux qui lui paraissaient

dignes d'intérêt...

E. Grimault. [Lavoisier.)

Lavoisier fut trésorier de l'Académie, après Buffon, et il fut utile non seulement à l'Académie, mais aux académiciens par son activité et par son crédit. Il mit un nouvel ordre dans les comptes, dans l'inventaire des cabinets. Il fit tourner au profit des sciences, des fonds morts que l'Académie avait, sans le savoir.

Enfin, l'on trouvait Lavoisier partout, et partout il était celui que l'on croyait le plus nécessaire, et qui agissait le plus ; il suffisait à tout par sa facilité et par son zèle, qui étaient également admirables.

Un homme aussi rare, aussi extraordinaire, devait être respecté, ce semble, par les hommes les moins instruits et les plus méchants. 11 fallait que le pouvoir fût tombé entre les mains d'une bête féroce qui ne respectait rien, et dont l'ambition aveugle et cruelle sacrifiait tout à l'espoir de plaire au peuple...

Lavoisier me disait peu de jours auparavant, qu'il prévoyait qu'on les dépouillerait de tous leurs biens, mais qu'il travaillerait pour vivre ; et il me semblait que l'état de pharmacien était celui qu'il eût préféré, comme plus analogue à ses connaissances et à la réputation dont il jouissait.

Il avait fait, pour sa justification et celle de ses collègues, des mémoires si concluants qu'il était impossible de prévoir que le crime pût aller au delà de l'envahissement des fortunes...

Lavoisier était grand, d'une physionomie gracieuse et spirituelle, d'un caractère doux, sociable, obligeant, d'une activité qui s'étendait à tout. Son crédit, sa réputation, sa fortune et sa place à la trésorerie, lui donnèrent une prépondérance dont il ne se servait que pour faire le bien, mais qui n'a pas laissé que de lui faire des jaloux.

J'aime à croire qu'ils n'ont pas contribué à sa perte.

Il suffit bien, pour expliquer leur inaction, de considérer la terreur universelle qui paralysait toute la France, et qui étouffait le génie, comme elle émoussait le sentiment.

J. Lalande. [Notice sur la vie et les ouvrages de Lavoisier,)

... Tne vie si belle et si utile fut terminée par un des crimes qui ont déshonoré cette époque. Au fond de sa prison, lorsqu'il n'ignorait pas que Ton préméditait son assassinat, Lavoisier s'occupait avec calme et sérénité do suivre l'impression d'un livre qui devait avoir huit volumes. On a retrouvé pi-esque tout le premier, le second en entier et quelques feuilles du troi-

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