MALUS
octaèdre régulier ni un cube, chaque rayon lumineux simple qui pénètre le cristal, se divise en deux rayons réfractés, dont Fun suit la loi ordinaire de réfraction assignée par Descartes, et est appelé pour cette raison le rayon ordinaire ; et l'autre, que Ton nomme rayon extraordinaire^ suit une loi, beaucoup plus composée, que Huyghens avait déterminée pour la chaux carbonatée rhomboïdale, vulgairement nommée spath d'Islande ; et qui Ta été depuis généralement pour tous les autres cristaux. En outre, ces phénomènes offrent cela de très singulier, que le rayon qui a été réfracté ordinairement ou extraordinairement par un cristal, a contracté, dans cet acte même, certaines modifications relatives à ses pans, modifications qu'il emporte avec lui, et qu'il montre lorsqu'on lui fait traverser un second cristal de même ou de différente nature que le premier : car il y subit la réfraction ordinaire seule, ou l'extraordinaire, ou partiellement l'une et Vautre, selon le sens dans lequel on lui présente les faces de ce second cristal. Cette propriété avait été reconnue par Newton, dans les rayons auxquels on fait successivement traverser deux ou plusieurs rhomboïdes de spath d'Islande : mais quelque remarquable qu'elle fût en elle-même, elle était restée jusqu'alors comme un fait isolé, dont l'importance avait été peu sentie.
Continuellement occupé de la double réfraction, Malus, alors à Paris, et demeurant dans la rue d'Enfer, regardait un soir, à travers un de ses prismes de cristal, le palais du Luxembourg, sur les fenêtres duquel les rayons du soleil couchant se réfléchissaient avec une grande vivacité. En tournant, sans y penser.
son prisme entre ses doigts, comme il était accoutumé à le faire sans cesse pour ses observations, il s'aperçut que, pendant les diverses phases de ce mouvement, une des deux images transmises éprouvait des variations dans son intensité ; ce qui ne serait certainement point arrivé s'il eût regardé ainsi une lumière directe, celle d'une bougie par exemple... Le lendemain, en voyant de nouveau le môme phénomène, il reconnut qu'il n'avait lieu complètement que sous une certaine inclinaison du rayon, par rapport aux surfaces réfléchissantes : c'était donc l'inclinaison du ravon sur la
surface qui le produisait. Il calcula cette inclinaison, d'après la position où le soleil avait dû se trouver à l'heure où il avait fait sa découverte ; et il arriva à réaliser le même phénomène avec toute sorte de lumière, et sur des substances diaphanes quelconques. Cette disposition de la lumière à subir une seule réfraction, quand elle traverse dans certains sens les corps qui exercent sur la lumière directe la réfraction double, constitue la propriété que Malus appela depuis « la polarisation de la lumière ».
BiOT. [Mélanges scientifiques et littéraires.)
M. Lepère, ingénieur des ponts et chaussées, qui dirigeait une partie de ces constructions, ayant remarqué dos dispositions particulières et non prévues dans la manière dont les soldats exécutaient les déblais et les remblais, voulut en connaître l'origine. On lui désigna alors celui qui les avait indiquées comme devant conduire au but avec le moins de fatigue possible. Quelques moments de conversation montrèrent à ringénieur qu'il venait de découvrir dans l'humble