‹ Les savants modernes: leur vie it leurs travaux d'après les documents académiques choisis et abrégésChapitre 85 sur 139 · DULONG · texte numérisé non relu

DULONG

par tous les joints et la vapeur s'en échappait à travers les fissures, avec un* sifflement de mauvais augure. Cependant les observateurs conscients du danger, silencieux et résignés, terminèrent sans accidents les mesures qu'ils avaient commencées. On sait qu'Arago aimait à mêler des récits plaisants aux circonstances les plus graves. Un jour, pendant une visite, la dernière que je lui fis, car déjà Ton désespérait de sa vie, il me raconta la scène que je viens d'écrire, pour ainsi dire, sous sa dictée. « Un seul être, disait-il, qui nous tenait compagnie, avait conservé sa sécurité et dormait tranquille, c'était le chien de Dulong : on le nommait

Omicron. »

Jâmin. [Eloge (TAragoÀ

11 commença à exercer la médecine dans un des quartiers les plus pauvres du douzième arrondissement. La clientèle s'augmentait à vued'œil, mais la fortune diminuait avec la même rapidité, car Dulong ne vit jamais un malheureux sans le secourir ; il s'était même cru obligé d'avoir un compte ouvert chez le pharmacien au profit des malades qui, sans cela, n'auraient pas pu faire usage de ses prescriptions. Les sciences parurent une carrière moins ruineuse, et Dulong quitta la médecine pour les cultiver. Il n'avait pas songé que là aussi surgiraient de continuelles occasions de dépense. Nous savions tous combien notre confrère était désintéressé ; combien d'appareils et de machines délicates il faisait construire. Nous n'ignorions pas que dans la recherche d'une vérité utile^ il se laissait aussi peu arrêter par les difficultés d'argent, que par les dangers d'explosion, et cela même après qu'il eut perdu un œil

et deux doigts de la main droite au service de la science ; mais nous étions loin de soupçonner toute retendue du ravage que tant d'admirables expériences avaient fait dans le patrimoine de Dulong.

Abago, {Discours aux obsèques de Dulong.)

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