‹ Les Scandinaves en Amérique [microforme]Chapitre 11 sur 11 · ABANDON DE L'AMÉRIQUE · texte numérisé non relu

ABANDON DE L'AMÉRIQUE

Pour terminer, il convient d'indiquer ici sommairement les causes qui ont amené l'abandon de l'Amérique par ces peuples, et jeté un voile d’oubli sur ce passé.

La pauvreté des colons et le manque de ressources que l’état alors peu développé de l’industrie mettait à leur disposition furent sans doute des obstacles sérieux qui empéchèrent ces colonies scandinaves de prospérer. Peu secondées par la mère patrie, elles ne purent jamais devenir assez fortes pour résister aux incessantes attaques des indigènes, qui contribuèrent beaucoup à leur décadence.

D'ailleurs, vers cette époque, les peuples du Nord tournèrent vers d'autres contrées leur activité remuante. L'empire d'Orient s'écroulait et les empereurs bysantins payaient fort cher les services des étrangers, et surtout des Northmans ou Scandinaves, qui étaient aussi bons soldats que hardis navigateurs.

Mais la plus grande cause de ruine de toutes les colonies scandinaves d'outre-mer est due à l'administration même de la Norvège. Marguerite de Valdemar, r ‘1 de Norvège, vers le milieu du XIVe siècle, crut bien faire en réservant à la Couronne ie monopole du commerce, et en défendant à tout navire d'aborder sans permission à ses possesions ultraocéaniques. On ne comprenait pas alors qu'il était de l'intérêt des colonies, aussi bien que des métropoles, de laisser le commerce libre. En gênant ainsi la nature elle-même, on paralysait le bon vouloir et l'esprit d'entreprise de la nation et des colonies. Les résultats de cette mesure furent funestes à la marine scandinave, qui se vit bientôt supplantée par celle des villes hanséatiques, dans ces mers dont elle avait été maîtresse, du IXe au XVe siècles.

Dans les premiers temps de la colonie française au Canada, on a vu les effets que produisait ce monopole du commerce ; nous avons eu aussi ces sociétés privilégiées qui enrichissaient quelques particuliers, mais causaient un tort considérable au commerce de la nation. ‘“ Une compagnie, dit M. Cantu dans sa célèbre Histoire Universelle, a des intérêts diamétralement opposés à ceux de la colonie, et comme elle peut lui dicter des lois et lui imposer des conditions, il en résulte qu'elle cherche à la ruiner à son bénéfice ; c’est ce quise manifesta F rrtout où le commerce fut le privilège d’une société.” Aussi, cette restriction du comm ce imposée par la reine Marguerite fut le coup mortel qui ruina ces colonies ; et, quand survint la grande peste noire, qui fit tant de ravages de 1347 à 1351, et qui s’étendit jusqu’au Groenland et le dépeupla presque en entier, ses colonies du moins celies du Groenland et du Vinland, cessèrent bientôt tout rapport avec l’Europe. Or, comme la colonie du Vinland, peu populeuse et entourée d’ennemis, tirait ses ressources et ses colons de l'Islande et du Groenland, il est aisé de comprendre qu'elie disparut rapidement, et, avec elle le souvenir de cette lointaine contrée.

l’esquisse historique du célèbre découvreur. La procession, quittant Faneuil Hall, se rendit à l'emplacement de la statue pour y rencontrer le gouverneur de l'Etat, le maire de la ville et les invités. La statue avait été donnée à la ville par M. Oliver Peabody, et acceptée par le maire et le gouverneur. A cette occasion le Herald de Boston contenait la réflexion suivante : “ La ville de Boston a aujourd’hui, par la pompe et la solennité d’une démonstration publique, témoigné avec bonheur et d’une façon irrévocable d’une vérité que la tradition, plus encore que l’aveugle préjugé, avait contribué à tenir dans l'ombre.”

! Gaffarel, — Rapports de l'Amérique ip. 258.

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