‹ Les sciences au 18. siecle la physique de VoltaireChapitre 64 sur 94 · LES SKCRÊTA1RES PERPÉTUELS · texte numérisé non relu

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et auxquels Voltaire ne faisait qu’un reproche, c’est qu’on désirerait voir mourir les académiciens pour les entendre louer par une telle bouche. En 1791, Condorcet, que son ardent amour du bien public avait jeté depuis longtemps dans la politique et qui négligeait un peu l’Académie pour les journaux, fut nommé membre de l’Assemblée législative. 11 fit partie ensuite de la Convention; il y vota avec les Girondins et fut entraîné dans leur ruine.

A l’époque où il se sentait absorbé par la vie politique, Condorcet demanda à l’Académie, comme avait faitGrandjean de Fouchy, un auxiliaire et un adjoint; l’Académie ne lui donna qu’un suppléant temporaire qu’elle renouvela tous les trois mois. Ce furent successivement Fourcroy, L. de Jussieu, Sage et Bovy.

Telle fut la liste officielle des secrétaires perpétuels de l’ancienne Académie. Nous avons déjà dit comment il faillit s’y introduire, entre les noms de Fontenelle et de Condorcet, un nom bien plus glorieux, celui même de Voltaire. Nous avons exposé comment, à l’époque où Fontenelle songeait à abandonner une fonction devenue trop fatigante pour sa vieillesse, Voltaire, à qui ses ennemis avaient jusque-là fermé les portes de l’Académie française, avait conçu le secret dessein de fausser compagnie aux quarante et d'aller chez leurs voisins recueillir la charge de a premier ministre de la philosophie ». Nous nous sommes arrêté longuement (1) sur la période où, retiré à Cirey, il cherchait à se créer des litres scientifiques de diverses natures, résumant les théories de Newton dans son

(1) Venez, dans le livre I er du présent volume, les chapitres tv, v et vi, pages 32-78, et notamment, pour ce qui concerne spécialement la candidature de Voltaire, les pages 66-70.

l’académie et les académiciens.

livre des Elément» de philosophie newtonienne, faisant des expériences originales sur la chaleur, concourant pour un prix proposé par l’Académie sur la nature et la propagation du feu; allant enfin jusqu'à conquérir son diplôme de géomètre en prenant part à la grande controverse qui agitait les savants de l’époque au sujet des forces vives. Nous avons dit aussi comment ces velléités prirent fin, et comment Voltaire, abandonnant la physique et la géométrie, revint tout entier, suivant les conseils de Clairaul, aux occupations qui répondaient mieux à sa nature.

Laissons donc la candidature hypothétique de Voltaire, et revenons vite à notre galerie des véritables académiciens. Nous ne nous arrêterons, comme nous l avons annoncé déjà et comme il est d’ailleurs naturel de le faire, qu’à un très-petit nombre de figures. Mais on trouvera à la fin de ce volume (voyez l 'appendice A) une liste complète de tous les membres de l’Académie depuis sa fondation en 1666 jusqu’à l’organisation de l’Institut en 1795. Aux noms des membres est jointe l’indication des principaux ouvrages qu’ils ont publiés.

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