CHAPITRE m
La section de géométrie : Maupertuis. — Clairaut. — D'Alembert. —
Laplace, Lagrange, Monge, Legendre.
La section dastronomie : La dynastie des Cassini. — Bailly. — Lalande. La section de mécanique : A montons. — Vaucanson, — Coulomb. —
Borda et Mariotte.
De toutes les sections de l'Académie des sciences, celle de géométrie est sans contredit la plus riche en grands noms. Elle forme comme le cœur de l'illustre compagnie.
Sans compter Huyghens, dont nous avons déjà rappelé les principaux ouvrages; sans compter Sauveur, dont les travaux sur le son inaugurent brillamment les grandes recherches de physique mathématique; sans compter Maupertuis, qui doit une bonne partie de sa célébrité à l'inimitié de Voltaire et à la Diatribe du docteur Akakia, nous y trouvons, vers le milieu du xviii^ siècle, deux hommes véritablement illustres, Clairaut et d'Alembert.
Clairaut nous apparaît comme le type du géomètre pur; c'est un de ces esprits qui ont la claire perception des hautes
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vérités mathématiques, et qui se trouvent assez à Taise sur les sommets de la géométrie pour tracer sans effort des voies nouvelles. Fils d'un pauvre professeur de mathématiques qui élevait à grand'peine sa nombreuse famille, il fut nourri dès son enfance des plus fortes études. Ce fut une sorte d'enfant prodige, et^ contrairement à ce qui arrive d'ordinaire en pareil cas, il tint les promesses de ses premières années. A dix-huit ans, il entrait à l'Académie des sciences avec une dispense d'âge. Une modique pension, rehaussée par sa gloire précoce, lui permit de se livrer tout entier à ses travaux; il le fit tout en remplissant dans le monde ce rôle brillant que la société du x^iir siècle assurait à tous les esprits d'élite. Le Traité sur la figure de la terre, publié par Glairaut à la suite de son voyage en Laponie, demeure comme un des monuments de rhistoire des sciences. Maupertuis, à peine revenu de l'expédition, s'était hâté d'en publier les résultats (1738) pour s'en attribuer le principal honneur. Glairaut ne se pressa point ; c'est en 1743 seulement qu'il donna au public le fruit de ses recherches et de ses méditations. « L'ouvrage de Glairaut, dit M. Bertrand, est peut-être, de tous les écrits mathématiques composés depuis deux siècles, celui qui, par la forme sévère et la profondeur ingénieuse des démonstrations, pourrait le mieux être comparé^ égalé même aux plus beaux chapitres du Livre des principes. Glairaut s'est pénétré de l'œuvre admirable de Newton, et de ce commerce intime avec un génie plus grand que le sien, mais de même famille, est sorti un géomètre tout nouveau. Les premiers travaux de Glairaut avaient donné de grandes espérances; le Traité sur la figure de la terre les dépasse, et de bien loin. » Glairaut devait être en effet le premier à reprendre, après cinquante ans, l'œuvre commencée par Newton. Le grand géomètre anglais avait