‹ Les sciences au XVIIIe siècle: la physique de VoltaireChapitre 37 sur 144 · THÉORIES GÉOLOGIQUES : BURNET · texte numérisé non relu

THÉORIES GÉOLOGIQUES : BURNET

moins proposiées dans la science ? En Angleterre, Burnet, Woodward, Whiston, avaient mis en avant des systèmes géogéniques dont Voltaire avait eu connaissance pendant son séjour à Londres. En France, de Maillet, puis Buffon^ avaient fait chacun une théorie de la formation de la terre.

Burnet, chapelain du roi Guillaume III^ s'était préoccupé de faire un système qui ne fût pas en désaccord avec la genèse biblique. Suivant lui, la terre n'était d'abord qu'une masse fluide^ un chaos composé de matières de toute espèce et de toutes sortes de figures. A un certain moment, les parties les plus pesantes se réunirent au centre et y formèrent un noyau dur et solide ; les eaux, plus légères, se groupèrent au-dessus de ce noyau, et eufin Tair, s'échappant de cette enveloppe^ constitua l'atmosphère. Cependant une couche de matières grasses et huileuses, moins denses que l'eau, surnagea d'abord au-dessus de l'enveloppe aqueuse et attira toutes les particules terreuses que Tatmosphère avait d'abord entraînées. Ainsi se forma une petite croûte, pâteuse au début, puis solide : ce fut la première terre, celle que les hommes cultivaient avant le déluge; elle était légère, très-fertile, unie sur toute la surface, sans montagnes ni inégalités:

Le globe ne demeura que seize siècles dans cet état. Peu à peu la chaleur du soleil dessécha la croûte solide, de telle sorte qu'elle se fendilla de toutes parts, et un certain jour elle s'effondra dans les eaux sur lesquelles elle était placée. Voilà, suivant Burnet, la cause du déluge universel.

Les débris de la croûte rompue vinrent s'entasser en certains endroits de façon à former nos continents actuels avec leurs inégalités et leurs montagnes. Quelques fragments isolés ont constitué les lies et les écueils. Quant aux mers actuelles, c'est

SAIGKT.

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ce qui reste de l'ancien abîme; une partie des eaux s'est dérobée dans les cavités du noyau intérieur.

Telle était la Théorie sacrée de la terre, qui parut d'abord en latin en 1681, puis en anglais en 1690.

Dans cette théorie, Burnet négligeait un fait important, capital, et sur lequel l'attention des savants était cependant appelée depuis quelque temps : c'est que Ton rencontre des débris d'animaux marins dans des ^terrains situés à une grande distance de la mer et au sein môme des roches les plus dures.

Comment ces dépouilles marines peuvent-elles se trouver au milieu des continents, et comment se trouvent-elles d'ailleurs dans des couches superposées les unes aux autres et de nature différente ?

Ce sont ces phénomènes que Woodward essaya d'expliquer à sa manière.

Il supposa qu'à l'époque du déluge, les lois qui règlent la cohésion des molécules avaient subi des modifications surnaturelles; les particules solides du globe terrestre s'étaient ainsi détachées jusqu'à un certain point les unes des autres^ et avaient pu être pénétrées par les .eaux qui montaient du fond des abîmes; il en était résulté une pâte molle dans laquelle les hôtes des mers avaient enfoncé et où ils s'étaient arrêtés. Cette hypothèse servait à expliquer comment tant de débris d'anim^ui^ avaient pu^ dans une période très*courte, c'est-à-dirç pendant le temps du déluge, s'accumuler à des profondeurs diverses en dépôts réguliers.

Woodward en effet avait regardé les faits de très-près» et, si sa théorie est bizarre, ses observations géologiques ne sont pas tons valeur. Il a constaté que toutes les matières qui coniposeot

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