‹ Les sciences au XVIIIe siècle: la physique de VoltaireChapitre 52 sur 144 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

La fondation de rAcadémie. — La réforme de 1699. — Les travaux collectifs

et individuels des académiciens.

Si on lisait les préfaces^ on saurait, d'après celle qui est en tête de ce volume, ce que nous nous proposons dans notre deuxième livre. Voltaire nous a servi à nous rendre compte de rétat des sciences au xviii* siècle ; mais notre peinture s'est trouvée empreinte de la personnalité de notre auteur^ — et Dieu sait que ce n'est pas là une personnalité qui s'efface aisément. Nous allons maintenant, pour rétablir la vérité que notre procédé a quelque peu altérée, reprendre notre sujet à un point de vue plus général, et l'étudier à l'aide des annales de TAcadémie des sciences.

Ces annales, nous Favons dit, se prêtent admirablement à un pareil usage. Elles fournissent un cadre tracé d'avance pour une histoire complète des sciences. Aussi avons-nous besoin de nous excuser si nous n'en tirons, au lieu d'un tableau complet, qu'une légère et rapide esquisse. A chaque jour suf-

152 l'académie et les académiciens.

fit sa peine ; le travail d'ensemble viendra peut-être plus tard; aujourd'hui nous nous contentons de quelques traits recueillis pour Pobjet restreint et déterminé que nous venons d'indiquer.

Melchisédec Thévenot, célèbre, voyageur, avait pris l'habitude, vers le milieu du xvii* siècle, de réunir dans sa maison les principaux savants de cette époque; ils venaient chez Thévenot s'entretenir des choses du jour et du progrès des sciences.

Claude Perrault, qui résidait au Louvre en sa qualité de contrôleur des bâtiments royaux, attira bientôt chez lui cette petite Académie. En 1666, les influences de Claude Perrault et de son frère Charles, Tauteur des Contes des fées, déterminèrent Colbert à convertir cette assemblée en un cercle officiel et à fonder une académie des sciences sur le modèle de la Société rovale de Londres.

Cette Académie toutefois n'eut pas dès son origine un caractère exclusivement scientifique. Elle comprenait non-seulement des géomètres et des physiciens, mais aussi des érudits et des honlmes de lettres. On l'avait partagée en sections qui s'assemblaient séparément et qui avaient seulement, à des intervalles assez rares, quelques réunions générales. C'était à peu près, sur une échelle réduite, Torganisation actuelle de notre Institut.

Cependant l'Académie française et l'Académie des Inscriptions, qui existaient déjà de leur côté, — la première fondée, comme on sait, par Richelieu en 1635, la seconde par Colbert lui-même en 1663, — s'émurent du caractère de généralité donné à cette institution rivale; elles firent remarquer qu'il y avait là un double emploi, et au bout de très-peu de temps Colbert réduisit le rôle de l'Académie nouvelle aux études et aux recherches purement scientifiques. L'Académie ainsi con-

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