‹ Les sciences juridiques et politiquesChapitre 22 sur 44 · XXII. — CONCLUSION · texte numérisé non relu

XXII. — CONCLUSION

Il est temps de clore ce trop long exposé de la contribution que la législation française, la jurisprudence française, la science juridique et politique françaises ont apportée à l'élaboration du droit, à la formation des doctrines politiques et juridiques, qui sont le patrimoine commun des peuples civilisés.

Cette conclusion sera brève. Quelle que soit l'importance de la part qu'ils ont prise à ce mouvement, depuis les temps les plus reculés jusqu'à la période la plus moderne, ni le peuple français, ni les écrivains politiques français, ni les juristes français, ne revendiquent pour eux seuls le monopole des idées qui ont pu servir, ici et là, la cause de la vérité, de la justice, du respect du droit, qui ont pu pousser, soit à l'amélioration du sort de la créature humaine et au relèvement de sa dignité, but suprême de la civilisation, soit au perfectionnement des institutions politiques, qui y touchent de si près. Nous avons suivi notre voie, tracé quelquefois la voie à d'autres, mais sans avoir jamais donné pour fin à notre action un profit quelconque. Nous avons aussi quelquefois emprunté à d'autres.

A cette oeuvre de perfectionnement indéfini nous estimons que toutes les nations doivent concourir, en se prêtant un mutuel appui, et quelque grande que soit la part de la France, nous n'entendons revendiquer aucune préémi-

nence. Nous désirons rendre justice à chacun, aux petits peuples comme aux grands. Que ce soit tel ou tel peuple par sa législation, telle ou telle nationalité par ses penseurs, à qui l'humanité est redevable de ses progrès, nous nous en réjouissons, même lorsque ce peuple, cette nationalité ne sont pas la France. Une hégémonie intellectuelle ou morale serait aussi odieuse qu'une hégémonie matérielle dans le concert des nations qui doit rester libre pour être fécond.

F. LARNAUDE.

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