‹ Les Scolies du manuscrit d'Aristophane à RavenneChapitre 23 sur 210 · PRÉFACE. XXV · texte numérisé non relu

PRÉFACE. XXV

le premier copiste a pu le négliger par souci de fin et élégant copiste, pour avoir un beau manuscrit, le second copiste l’a fait par pure négligence.

Nous ne pouvions, pour le moment, songer à donner une édition complète des scolies d’Aristophane : c’est un travail qui, outre qu'il demande une longue préparation, ne peut être fait avec fruit que lorsque le classement des manuscrits sera bien établi, que lorsqu'on connaîtra d’une facon certaine la valeur de chaque source. D'autre part, l’étude d’un seul manuscrit permettait d'adopter telle disposition matérielle qui rendrait la connaissance de ce texte plus sûre et plus facile ; il était possible, par exemple, de distinguer les scolies interlinéaires des scolies marginales (1), de donner les lemmes , d'indiquer les renvois ; nous avons vu que l’indication des folios du manuscrit permettait de se rendre compte d’un fait qui n’est pas sans intérêt; l'indication de la marge sur laquelle telle scolie est écrite peut être aussi très utile. Je ne citerai qu'un exemple: Vuées, v. 1-8 ; aux Adnotationes, v. 1, on lit : « Scholia ad. v. 1-3 hoc ordine habet R : 2, ὃ, 1. » Je ne relèverai pas tous les inconvénients que présente la distribution des scolies de ces trois vers dans l'édition Didot : je me bornerai seulement à indiquer combien peu l’explication συγκεχαλυμμένος (42) — περιόλήματος (43), convient au v. 8. Si l’on prend le manuscrit de Ravenne, on trouve d’abord une scolie marginale avec renvoi sur le premier mot des Vuées sur ἰού, Gette scolie contient une explication de ce que l’on voit sur la scène quand la pièce commence; il y ἃ des indications semblables, par exemple au commencement des Grenouilles : Ὃ Ξανθίας ἐπὶ (25) —Tèù στρώματα (26); ici l'éditeur ἃ eu l’idée excellente de n’attribuer cette explication à aucun vers; en effet, le scoliaste explique ce qui se passe sur la scène avant même que les acteurs aient parlé; il en est ainsi de la scolie des Nuées, et alors le passage si mal placé dans l'édition Didot au v. 3 trouve ici sa place toute naturelle ; nous voyons le vieillard couché , enveloppé

(1) W. Dindorf a aussi distingué les scolies interlinéaires dans son édition des scolies de l’Iliade. Oxford, 1875.

Page 1