XXIV PRÉFACE
sommes sûr qu'il y ἃ eu un commentaire très riche et très abondant. Ce commentaire faisait-il défaut dans l’archétype du Ravennas ? Nous l'ignorons ; pourtant les habitudes de négligence que nous avons signalées dans cette seconde main permettraient de penser que le copiste ἃ eu sous les yeux un texte peut être très riche, et qu’il s’est borné à n'y faire que de maigres extraits.
Nous avons dit que le premier copiste était un homme soigneux ; ii ne faudrait pas exagérer son mérite, car lui aussi ne paraît pas à l'abri de tout reproche ; dans la partie du manuscrit écrite par ce copiste, il se présente qu’assez souvent les derniers vers du [0110 n’ont pas de scolies. La disposition que nous avons adoptée, en indiquant les folios du manuscrit, permet de se rendre compte de ce fait. Ainsi, fol. 15 v., la dernière scolie marginale (1) est celle du v. 31, le fol. ἃ 43 vers, il y donc là 12. vers qui. n’ont pas de scolies ; — fol. 16 r., dernière scolie marginale, v. 74, dernier vers du fol. 85; — fol. 16 v., dernière scolie marginale, v. 122, dernier vers du fol. 129, etc. Si l’on continue cet examen, on verra que souvent il y ἃ, pour le même folio, un écart assez considérable entre le numéro de la dernière scolie et le numéro du dernier vers. L’explication de ce fait est toute simple ; quelle que soit la quantité de matière que le copiste ait à copier sur les marges, son procédé de transcription ne change pas ; il ne songe pas à serrer ses lignes, à presser ses lettres ; son grand souci n’est pas de tout écrire, mais de bien écrire ; il remplira, s’il le faut, toutes les marges, mais son écriture aura toujours les mèmes aisances, ses onciales, un peu fines, seront toujours élégamment espacées, et si, arrivé à la fin d’un feuillet, 1l n'y ἃ pas de place pour les scolies des derniers vers, notre copiste ne se fera aucun scrupule de les négliger.
Ainsi, de ce qu’une scolie ne se trouve pas dans le manuscrit de Ravenne, il ne s'ensuit pas qu'elle n’ait pas été dans l’archétype, sur lequel le manuscrit ἃ été copié;
(1) Nous né parlons ici que des scolies marginales, les seules qui puissent servir à notre démonstration.