SAN. OA
M. le Professeur Kirmisson qui, dans ses cliniques, a signalé ce fait depuis Jongtemps.
Comme dans toute affection tuberculeuse, il faudra étudier l’état général du sujet qui, en confirmant le diagnostic, constituera un des principaux éléments du pronostic, Mais il n'ya là rien de spécial et l'on conçoit l'intérêt des recherches des antécédents personnels ou héréditaires, et des autres localisations bacillaires osseuses ou viscérales.
L'examen radioscopique viendra quelquefois lever les doutes. S’ilest vrai que les lésions initiales d'un mal de Pott n'apparaissent pas dans la radiographie, (A. Weill et Rœderer : Aspect radiologique du mal de Pott) il sera possible de reconnaître certaines modifications du squelette dans quelques cas. C'est ainsi qu'on se rendra compte de l’amincissement d'un disque intervertébral, de la décalcification osseuse, et même de l’irrégularité des bords des corps vertébraux.
La cuti-réaction peut encore rendre de grands services et dans l'observation de M. Rœderer, c'est elle qui à permis le diagnostic qui fut d'ailleurs confirmé par l’évolution.
Comme autre procédé de laboratoire, signalons l'examen du liquide céphalo-rachidien qui, en décelant fa réaction de M. Sicard, sera d’un grand secours.
À cette forme spéciale il nous faut maintenant
dl ef De 2
M ris à
ECO Ua
opposer les deux autres formes cliniques : scolioses par luxation ou écrasement.
Là, deux cas peuvent se présenter : ou la scoliose est combinée à une gibbosité, c'est Le cas le plus fréquent, ou elle est simple.
Si la scoliose est surajoutée son intérêt est des plus
relatifs, car la présence de la gibbosité empêchera
toute confusion avec les différentes scolioses et le diagnostic étiologique s'impose.
S'il ya seulement déviation latérale le diagnostic est alors bien plus délicat et certaines particularités cliniques se présentent.
Tout d’abord, la scoliose n'a pas l'amplitude des cas précédents ; le phénomène qui se produit là est comparable à la gibbosité angulaire et postérieure qui se produit dans les cas ordinaires ; la lésion n’intéresse qu'une ou deux vertèbres et la déviation est donc des plus réduites.
Dans quelques cas d’affaissement osseux cependant, la colonne vertébrale est comparable à une tige osseuse rigide, cassée en son milieu et dont les deux fragments forment un angle ouvert latéralement. Lorsque la scoliose est formée par la presque totalité de la colonne vertébrale, la contracture musculaire supprime toute mobilité et rend solidaires les verté-
bres de la région dorsale et la région lombaire. C'est
alors là qu'on observe ce déjettement en masse du tronc, sans scoliose de compensation ; c'est surtout dans ces cas que les phénomènes fonctionnels sont accentués (douleurs spontanées ou provoquées, troubles de la marche).
Mais ces symptômes ne sont pas foujours aussi nets, et dans l'observation que nous publions plus loin (Obs, XVII et XVIII), on notait de la rotation du rachis avec bourrelets de torsion et une souplesse assez bien conservée,
Dans ce cas, malgré la destruction de la moitié inférieure et droite de la cinquième lombaire, la contracture musculaire n'était pas très marquée et ce sont les rayons X qui ont permis le diagnostic.
On conçoit donc, dans ces cas, tout l'intérêt d'une radiographie : car ses indications sont toujours faciles à interpréter, et elles constitucront de précieux renseignements tant au point de vue du pronostic que du
traitement.
La fréquence de toutes ces déviations du rachis au début ou au cours d’un mal de Pott est donc assez élevée, aussi sera-t-il bon de se rappeler ce fait chaque
fois qu’on examine une colonne vertébrale incurvée et
A‘ ‘vr Dé
nous allons maintenant étudier le diagnostic différentiel et étiologique de toutes les scolioses,
En première ligne, nous placerons la scoliose simple ; c’est elle qui offre le plus de ressemblance et d'analogie.
Si la déviation latérale est associée à une gibbosité vertébrale, le diagnostic s’impose et l'erreur n’est pas possible : la scoliose est alors un élément surajouté, sans grand intérêt d'ailleurs.
Il en est de même si la palpation soignée du ventre ou de la région lombaire décèle la présence d'un abcès.
D'autre part, si l'on constate une gibbosité qui, au lieu d'être vertébrale est latérale et costale, s’il n'y a pas de douleurs au niveau des courbes, si les réflexes sont normaux, on pourra écarter en pareil cas l'idée de tuberculose vertébrale ; mais en général le diagnostic est bien plus difficile.
Au cours de notre description, nous avons insisté sur les caractères de la douleur provoquée ou spontanée, sur la recherche des contractures, surtout du psoas, sur la valeur des modifications des réflexes, sur la rapidité d'évolution ; mais il faut savoir que tout espèce de phénomènes douloureux peut manquer au début du moins et qu'il existe des scolioses douloureuses sans évolution ultérieure d’un mal de Pott
(obs. XXII).
CEnDE
A ce sujet, le P' Kirmisson rapporte un cas de sco-
* liose simulant le Pott. On pouvait observer de la
contracture, des phénomènes douloureux et même
une légère saillie antéro-postérieure constituée par une apophyse épineuse.
En pareil cas, les hésitations sont légitimes et la question n'est souvent tranchée que par la radiographie et l’évolution.
L'absence de contractures, la réductibilité et la souplesse de la colonne peuvent s'observer et il existe de nombreuses observations nous montrant un malade
soumis à la gymnastique orthopédique alors qu'il s'agissait d'un mal de Pott.
La rotation des vertèbres et la déformation costale qui en résulte, pour être plus accentuée dans le cas de scoliose simple, peut cependant exister et nous rappelons l'observation dans laquelle le bourrelet de torsion était net, les méplats du côté concave très marqués, une saillie costale assez développée.
Il n'existe donc pas de signe pathognomonique de la scoliose pottique. C'est par la réunion de plusieurs symptômes, l'étude de leur date d'apparition, l’examen des antécédents du sujet et de l’état général qu'on pourra porter le diagnostic.
C'est ainsi qu'un déjettement en masse du tronc
avec contracture du psoas, qu'une irréductibilité