‹ Les Scolioses au Cours du Mal de PottChapitre 19 sur 47 · AE DE · texte numérisé non relu

AE DE

baire en sens inverse de la déviation dorsale. La hanche gauche est un peu plus saillante. En somme, on croirait avoir affaire à une scoliose lombaire primitive gauche avec scoliose de compensation dorsale droite, Cependant la saillie presque insignifiante de la première apophyse épineuse lombaire nous donne à réfléchir. Nous explorons avec le plus grand soin la sensibilité des apophyses épineuses sans pouvoir découvrir la moindre trace de douleur.

La percussion, la pression sur ces apophyses sont négatives. Il en est de même de la pression sur les épaules.

D'un autre côté, la colonne vertébrale ne paraît pas rigide, l'enfant se baisse convenablement pour saisir un objet à terre et n'accuse aucune douleur. Rien du côté de l'abdomen ou des membres.

La marche se fait très bien et c'est à pied que le malade est venu nous consulter pour sa déviation,

Devant l'absence absolue de douleurs, la mobilité de la colonne vertébrale, l'intégrité de l'état général et la constatation des bons antécédents, nous éliminons — à tort — le mal de Pott.

Nous notons bien la saillie de la 4r° lombaire, mais en regardant bien, nous constatons que les autres apophyses épineuses avoisinantes, celles de la 2° lombaire, ainsi que les 2 dernières dorsales, sont assez saillantes.

Il fallait donc supposer que le mal de Pott était assez étendu, sans provoquer le moindre phénomène subjectif, sans occasionner la moindre douleur, et cela, malgré l’absence de tout traitement,

Cette considération finit par nous faire pencher vers la scoliose, scoliose bizarre, disions-nous, où le centre d'inflexion vertébrale a subi comme une subluxation en ar-

Pt lee

rière, qui fait saillir une vertèbre, scoliose bizarre aussi

en ce qu'elle ne détermine pas de gibbosité costale nette,

mais une inclinaison en masse de la colonne dorsale.

A l'heure actuelle, il est probable que nous aurions évité l'erreur de diagnostic. Il y a 2 ans nous l'avons commise — et nous prescrivons alors des mouvements d'auto-suspension et de suspension latérale.

Ces exercices furent du reste supportés avec beaucoup de facilité par le patient, Ils ne réveillèrent au début aucune sensibilité et la déviation paru même évoluer avantageusement. Comme ilarrive souvent dans ces cas, au bout d'un mois le malade a disparu de la consultation. Il ne se représenta que 6 mois après et nous raconta l'histoire suivante : à la suite de la 10° séance de gymnastique supportée facilement comme les autres, il se sentit fatigué. Bientôt il ressentit des douleurs dans la jambe droite et fut forcé de s’aliter pendant quelques jours. Il a cessé, dès lors, de venir, mais dans ces derniers temps, on ne sait pourquoi, il voulait nous revoir. Eclairé par cette histoire, je n’hésitai plus à réparer mon erreur. J'admis l'existence du mal de Pott et appliquai séance tenante un corset de Sayre inamovible en recommandant au malade de cesser ses promenades et de garder le repos tant quil pourrait.

Du reste, à partir de ce moment, le doute n'était plus permis. La gibbosité vertébrale était nette. la saillie de la vertèbre lombaire avait augmenté et la pression déterminait une légère douleur, accompagnée d’une certaine fixation de la colonne vertébrale.

Le malade a continé dès lors à porter un appareil de Sayre, qu'il se fit renouveler tous les 2 mois. Il a trouvé du soulagement à cette manière de faire et dernièrement

PES d'A

encore, il venait faire renouveler son corset et je pus l’'examiner à nouveau.

15 nov. 1892. L'état général qui a périclité un certain moment est devenu assez bon. Es

Les douleurs ont disparu depuis longtemps.

Du côté de la région lombaire, il existe une forte gibbosité constituée par 3 vertèbres, gibbosité accentuée par l’adjonction d’une bourse séreuse.

À partir de la gibbosité connue d’un centre, la colonne vertébrale se dévie, la ligne des apophyses épineuses dorsales se dirige en haut et à droite.

La ligne des apophyses lombaires se dirige au contraire à gauche. Une ligne verticale élevée du point culminant de la gibbosité, va eflleurer le bord spinal de l’'omoplate gauche et figure avec la ligne des apophyses épineuses dorsales un angle aigu de 20 degrés.

La région lombaire présente une véritable scoliose en ce sens, que la masse sacro-lombaire est beaucoup plus saillante de ce côté, les apophyses transverses plus proéminentes, la hanche rejetée en dehors et en avant. Le malade étant placé dans la position du port d'armes, la hanche gauche vient en rapport avec le coude, tandis que de l'autre côté la hanche ne touche pas l’avant-bras. Aussi la ligne du flanc gauche figure avec la ligne du bras une demi-lune, tandis que de l’autre côté, la figure est celle d’un triangle ouvert en bas, En même temps il existe une forte lordose lombaire.

Le ventre paraît asymétrique. Une ligne vertébrale abaissée de l’appendice xiphoïde au pubis, laisse à droite d'elle l’'ombilic. La crête iliaque gauche fait une forte saillie en avant.

Nous résumerons en deux mots la déformation : gibbo-

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