‹ Les scrupules de SganarelleChapitre 103 sur 121 · ACTE III · texte numérisé non relu

ACTE III

entière n'aura d'autre but et d'autre désir. Elle est à vous, Ang-élique, si vous la voulez bien accepter. Disposez-en à votre gré. Ne repoussez pas quelqu'un qui vous aime d'un amour éperdu. C'est pour vous en faire l'aveu que j'ai franchi si hardiment les obstacles qui me séparaient de vous. Pardonnez-moi les moyens que j'ai employés et n'y voyez qu'une marque de la folle violence de ma passion. (// lui prend la main.) Eh quoi, Angélique, votre main tremble ! Ne craignez rien. Oui donc s'aviserait de desserrer le nœud que forment nos doigts enlacés ? Angélique, Angélique, je sais, je sens que vous m'aimez. Votre silence même est le consentement de votre âme et de votre cœur; ajoutez-y celui de vos lèvres, et je croirai à mon bonheur.

ANGÉLIQUE, d'une voix faible.

Oh! Valère, Valère!...

DON JUAN

Adorable Angélique, soyez à moi. Venez, je connais un vieux prêtre du voisinage qui bénira notre amour. Des chevaux sont là qui

nous attendent. Je vous emporterai, serrée contre ma poitrine. Suivez-moi, Ang-élique. Fuyons, et que Taurore de demain nous voie loin d'ici. Un amour comme le nôtre a besoin de solitude et de liberté. Quittons ces lieux et cherchons un abri pour nos baisers. {Il l'enlace et veut l'embrasser.) Eh quoi, Angélique , vous pleurez! Oui, abandonner le toit sous lequel vous êtes née, la maison où vous avez grandi ! Je comprends votre émj^ion, mais séchez ces larmes, accordez-moi quelques jours de folie et d'ivresse partagées, et ensuite nous reviendrons demander le pardon de votre père. Oui, divine Angélique, vous rentrerez au foyer de votre jeunesse, mais vous y rentrerez à mon bras, fière d'un bonheur que vous m'aurez donné et qui sera le souvenir délicieux de notre vie, et le gage de notre inépuisable félicité.

ANGÉLIQUE

Ah! Valère, Valère !

DON JUAN, riant.

Valère ! 0 charmante Angélique, ne m'ap-

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