ACTE IIÏ 1! I I
LÉANDRE
Oh ! Angélique, écoutez-moi, ayez pitié de vous-même !
AKGÉLigUlt
Hélas ! Léandre, je l'aime. (A Don Juan,) Je vous aime, Don Juan, et je veux être à vous. Je n'ai ni force, ni courage, mais je vous suivrai au bout du monde, dussé-je m'y traîner sur les genoux.
Leporello, qui s'est glissé jusqu'à Don Juan, le tire par le pan de son manteau.
LEPORELLO, bas.
Hâtons-nous, Monseigneur. Le Guet fait sa ronde et rôde par ici. Il y a quatre hommes et un sergent ; nous aurions à faire à forte partie.
DON JUAN
C'est bien.
A Léandre, qui lui barre le chemin et se relève du banc sur lequel il s'est laissé tomber, assis la tête dans ses mains.
Allons, Monsieur, laissez-moi passer, vous voyez bien que je ne fais aucune violence à
mademoiselle et vous serez témoin que c'est bien de son plein gré qu'elle m'accompagne.
LÉ ANDRE
Angélique, revenez à vous, il en est temps encore.
ANGÉLIQUE
Je l'aime, Léandre. Adieu.
DON JUAN, écartant Léandre.
Au diable, Monsieur, faites-nou^lace.
LÉANDRE
Eh bien, non ! Angélique vous aime, soit, mais j'aime Angélique.
DON JUAN
Eh! voilà donc la raison de vos belles morales !
LÉANDRE
Oui, j'aime Angélique et je la défendrai contre elle-même et contre vous.
Ne me forcez pas, Monsieur, à faire un malheur.