‹ Les scrupules de SganarelleChapitre 18 sur 121 · ACTE PREMIER l\l · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER l\l

Parce que je déteste les horlogers.

DON JUAN

Ce sont pourtant des gens utiles et minutieux. Tu fais la moue?

Il y en avait un qui venait, chaque semaine, chez monsieur Géronte remonter et régler les horloges. Je le vois encore. Monsieur, et ce fut, comme midi sonnait à tous les cadrans, que je le découvris avec Dorine.

DON JUAN

Diantre, mais, outre les horlogers, il devait venir encore bien d'autres personnes chez ce Géronte. Est-ce que? {Sganarelle baisse la tête et la remue,)

SGANARELLE, avec un soupir.

Oh! oui. Monsieur. (// compte sur ses doigts,) Tenez, je ne peux pas vous dire le nombre exact, mais je l'ai, à l'auberge, dans mes papiers... et pensez que tout ce monde

42 LES SCRUPULES DE SfiANARELLE

n'était pas aussi discret que monsieur Géronte. Bref, on jasa; on clabauda... Avezvous jamais été chansonné, Monsieur?

DON JUAN

Je ne crois pas, Sg-anarelle.

Eh bien, je ne vous le souhaite point. Ah! les chansons î Cela vous suit et vous poursuit, vous guette au coin des rues, entre par la serrure, pénètre en votre oreillel Ouf! la tête me bourdonne encore de tous ces couplets qui se fredonnaient à Verrières, de la bouche du passant au fausset du galopin...

DON JUAN

Ah, ah, ah! Sganarelle, tu m'amuses.

Gag-eons que tu les sais encore, ces chansons ! Mon petit Sg-anarelle, chante-les-moi. J'adore la musique. Leporello me chante des airs napolitains, tu ne peux faire moins que lui. Je suis sûr que tu as de la voix!

SGANARELLE, vexé.

Vous ne voudriez pas. Monsieur.

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