AVERTISSEMENT
Il me serait agréable d'espérer que Ton reconnaîtra non sans plaisir dans cet essai, avec certains procédés d'usage et certaines facéties de tradition, quelques-uns des personnages qui sont de rigueur sur notre vieux théâtre. A ceux des Géronte, des Anselme, des Léandre, des Angélique et des Dorine, je n'ai ajouté que celui deLeporello. N'est-il pas, avec Sganarelle, l'acolyte obligé de Don Juan ? Pour ce qui est de ce dernier, je me suis borné à le représenter à peu près pareil à la figure que Molière en a donnée, et je n'ai fait que profiter de ce que la présence du séducteur apporte partout avec elle de désordre, de passion et, si l'on peut dire, de romantisme.
Tels sont à peu près les éléments de cette comédie, où il ne faut pas voir davantage qu'un jeu et un amusement littéraires... Si <•!!(' iio te divertit que médiocrement, Ami
Lecteur, je n'aurai du moins pas le chagrin de l'avoir trop indiscrètement importuné. Tu n'auras pas même,comme au théâtre, à quitter ton fauteuil, et il te suffira de t'y endormir, pour que mes gens continuent sans toi, sur la page, à échanger entre eux leurs muettes tirades et leurs silencieuses répliques.