ACTE II lOl
GÉRONTE
Laissons cela, mon frère, je vous prie.... Sganarelle !
Monsieur?
GÉRONTE, à part.
Le compère a dû avoir certaines intentions en venant ici... Aurait-il des vues sur Dorine? Je m'en veux assurer. (Haut.) Il me semble que le plaisir de me revoir, mon pauvre Sg-anarelle, te trouble un peu Fesprit, ou bien les voyag-es t'auraient-ils rendu oublieux que tu ne me demandes point les nouvelles d'ici? Oui vit? Qui est mort? Et celui-ci? et celui-là? toutes ces petites questions que l'on fait d'ordinaire, au retour? Ne serais-tu pas content de savoir' ce qui en est de cette petite Angélique que tu faisais sauter sur tes genoux et à qui tu fabriquais des moulins àvent en papier? Te souviens-tu, Sganarelle?
Si je me souviens, monsieur Géronte ! Ah
qu'elle était gentille et mig-nonne avec son air sérieux et son petit bonnet! Où est-elle, monsieur Géronte, que je la baise?
GÉRONTE
Halte là, mon garçon. Sais-tu depuis combien de temps tu es parti d'ici ?
Ma foi, monsieur Géronte, il y aura bien douze ans, à la Chandeleur. y
GÉRONTE
Et quel âge avait Angélique? Cinq ans, n'estce pas ? Penses-tu, maintenant, qu'elle est bonne à marier?
C'est pardieu vrai !
GÉRONTE
Que c'est une demoiselle, que tu lui dois du respect?
J'en aurai, monsieur Géronte, mais au nom du ciel, montrez-moi mademoiselle Angélique.