‹ Les scrupules de SganarelleChapitre 79 sur 121 · ACTE III I · texte numérisé non relu

ACTE III I

Tu avoueras bien au moins, Dorine, que tu as été quelquefois légère, coquette.

DORINE

Légère, coquette ! Répète un peu ! {Elle lève la main.)

C'est trop fort I Et ces chansons qui couraient la ville et que je viens d'entendre qu'on siffle encore dans la rue?...

DORINE

Des chansons I Les oreilles vous ont tinté, Sganarelle ! Personne n'est chanteur ici, excepté les chantres de l'église et l'aveugle à qui ce bon monsieur Anselme, qui est la providence des pauvres, a donné un chien et une clarinette.

Ta, ta, ta, ta ! je sais ce que je dis, peutêtre... Voyons, Dorine, sois raisonnable. Tu ne nieras pas que je n'aie eu quelque sujet de me fâcher. Tu vois bien que tu ne réponds plus rien, Dorine?

l6o LES SCRUPULES DE SGANARELLE

DORINE, faisant semblant de pleurer.

Ah ! mon Dieu, que je suis donc malheureuse. Pourquoi fallait-il que je revisse mon pauvre Sg-anarelle pour que je le retrouvasse en Tétat où il est? Ah mon pauvre mari! Ah Sganarelle ! [Elle sanglote.) Aussi je me disais bien, tout à Theure : il y a quelque chose de bizarre dans sa physionomie I Cette minelà n'est point naturelle et son air ne m'annonce rien de bon. Donne-moi ta main, S^narelle.

Ma main!... La voilà. Eh bien!

DORINE

Comme elle est chaude ! Et l'autre ?

Tiens donc.

DORINE

Aïe, aïe! j'en suis comme brûlée.

SGANARELLE, inquiet, tàtant ses deux mains plusieurs fois l'une avec l'autre.

C'est vrai, Dorine?

DORINE, avec autorité.

Tire ta langue. Plus longue, plus longue.

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